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29/04/2008
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L'autonomie pédagogique des écoles primaires

L'autonomie pédagogique des écoles primaires
 Institut Montaigne
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Xavier Darcos a présenté hier ses nouveaux programmes pour l'école primaire. Il s'agit d'une version finalisée du projet annoncé mi-février par le président Sarkozy. Il doit être appliqué à la rentrée prochaine et prévoit plus de français et de maths, un peu de civisme et du cinéma.

Constat d’échec scolaire Il est certes difficile de croire que ce projet suffira Ă  diminuer de moitiĂ© en cinq ans le nombre d'Ă©lèves en « Ă©chec scolaire lourd Â» Ă  l'entrĂ©e au collège ! Du moins a-t-il le mĂ©rite d’aborder une question essentielle. Car le constat est redoutable: aujourd’hui, 150 000 jeunes entrent en 6ème chaque annĂ©e sans savoir bien lire ni Ă©crire et, comme par hasard, 150 000 jeunes Ă©galement quittent tous les ans le système scolaire Ă  partir de 16 ans sans aucun diplĂ´me en poche…

Au tour des Ă©coles primaire ! Avant mĂŞme que n’ait eu lieu sa publication officielle, la rĂ©vision des programmes semble dĂ©jĂ  contestĂ©e par les enseignants… Mais le projet de Xavier Darcos, s’il n’est pas parfait, met Ă  juste titre l’accent sur l’origine de notre problème Ă©ducatif, la « petite Ă©cole ». On a beaucoup entendu les lycĂ©ens battre le pavĂ© ces dernières semaines contre les suppressions de postes, mais c’est l’école primaire qui doit ĂŞtre la prioritĂ© absolue.

Les programmes au cĹ“ur du dĂ©bat ? IndĂ©niablement, la question des programmes est importante. Et les Ă©lèves les moins favorisĂ©s voient leurs chances accrues si l’on insiste sur les compĂ©tences Ă©lĂ©mentaires, français et maths, plutĂ´t que de leur inculquer parfois Ă  grand peine, en Histoire et en GĂ©ographie par exemple, des donnĂ©es pas forcĂ©ment centrales dans leur maĂ®trise du monde. Mais, au-delĂ  des programmes, la question de l’échec scolaire repose aussi sur l’adĂ©quation de l’école Ă  son environnement - sur le fond, et en termes de mĂ©thodes. Ce n’est pas un programme unique dĂ©cidĂ© Ă  Paris, aussi amĂ©liorĂ© soit-il, qui peut rĂ©gler le problème !

LibĂ©rer les expĂ©riences concrètes Les syndicats appellent Ă  la grève dans les Ă©coles primaires le 15 mai. Mais n’oublions pas qu’il y a aussi, dans nos lycĂ©es, collèges et Ă©coles, beaucoup de prof qu’on n’entend pas mais qui veulent, eux, des changements et qui essaient mĂŞme de les faire advenir malgrĂ© le cadre très contraint dans lequel ils sont enfermĂ©s… Il faudrait rĂ©pertorier ces expĂ©riences locales probantes, les Ă©tendre, et surtout, les libĂ©rer ! On en est loin ! Ainsi, aujourd’hui, il est impossible pour une Ă©cole primaire de faire du sur-mesure en fonction des populations qu’elle dessert. Juridiquement, en effet, les Ă©coles ne sont encore qu’un morceau de l’administration communale.

Etablissements publics d’enseignement primaire A ce propos, l’Institut Montaigne plaide depuis longtemps en faveur de la mise en place d’établissements publics d’enseignement primaire dotĂ©s d’une vraie autonomie en termes de gestion et de pĂ©dagogie, en particulier en ZEP. Une loi qui rend ces expĂ©riences possibles existe. Mais depuis plus de trois ans, on attend les dĂ©crets d’application ! Ces dĂ©crets doivent maintenant ĂŞtre pris.

Il faut créer un statut juridique nouveau qui permette à ces écoles de s’autogérer, non seulement sur un plan budgétaire et managérial, mais également sur le plan des contenus des programmes éducatifs, bien sûr dans le cadre du programme national.

La réussite scolaire se joue dès le primaire. Or, on ne peut y parvenir partout de la même manière. Permettons donc à nos écoles de jouer la diversité, l’adaptation au terrain étant le meilleur service à rendre aux élèves, mais aussi aux enseignants qui veulent tous voir réussir leurs élèves !

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