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"La France est une idée, être français une émotion", par Tidjane Thiam

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Découvrez en avant-première l'intégralité de la contribution de Tidjane Thiam à l’ouvrage collectif Qu’est-ce qu’être français ?, à paraître le 17 novembre aux Editions Hermann.

" La France est diverse. Une telle question a potentiellement autant de rĂ©ponses qu’il y a de français, avec chacun une histoire et un parcours qui leur sont propres.

Qu’est-ce- qu’ĂŞtre français pour l’ivoirien que je suis aussi, produit d’une histoire personnelle et familiale qui commença bien loin des rives de la Seine, en Afrique de l’Ouest ?

Pour répondre à cette question, je dois remonter le cours de mes souvenirs, où quelques moments forts émergent.

  • L’Ă©motion d’une mère

14 juillet 1983. Dans mon uniforme de l’Ecole Polytechnique, je dois Ă  ma taille de dĂ©filer au premier rang des Ă©lèves de l’Ecole sur les Champs-ElysĂ©es Ă  Paris. Ma mère est lĂ , profondĂ©ment Ă©mue de voir le plus jeune de ses sept enfants porter cet uniforme si symbolique de l’idĂ©e qu’elle se fait de la France.

Plus de vingt-cinq ans après cette matinĂ©e estivale, sa simple Ă©vocation suffit encore Ă  provoquer en moi une Ă©motion rĂ©elle et profonde. Ce que ma mère ressentit ce jour-lĂ , elle l’africaine que son père refusa d’envoyer a ‘l’Ă©cole des blancs’ et qui dut apprendre Ă  lire une fois adulte, Ă  plus de trente ans. Ma mère si africaine, si fière de son hĂ©ritage et de sa culture et pourtant si dĂ©terminĂ©e Ă  donner toutes leurs chances Ă  ses enfants dans un monde si diffĂ©rent de celui dans lequel elle grandit. Ce qu’elle ressentit alors, elle seule pourrait nous le dire si elle Ă©tait encore parmi nous, si elle n’avait pas quinze mois après ce 14 juillet 1983, rejoint ses ancĂŞtres de Yamoussoukro. AncĂŞtres qu’elle avait tant aimĂ©s et respectĂ©s, ancĂŞtres dont elle nous a parlĂ© toute sa vie, nous donnant un double ancrage identitaire et culturel que je trouve si prĂ©cieux aujourd’hui.

Je suis reconnaissant à la France de nous avoir permis à ma mère et à moi de partager des moments aussi forts.

Mon parcours scolaire, les annĂ©es passĂ©es en classes prĂ©paratoires, Ă  l’X puis Ă  l’Ecole de Mines ont Ă©tĂ©, et demeurent, pour moi source d’avantages rĂ©els dans la sociĂ©tĂ© française comme Ă  l’Ă©tranger oĂą je me trouve maintenant depuis de nombreuses annĂ©es. Je suis conscient de tout ce que mon expĂ©rience a d’unique et reconnais qu’elle n’est pas nĂ©cessairement reprĂ©sentative. Le plus important pour moi n’est pas l’impact que ce parcours scolaire a pu avoir sur ma carrière mais plutĂ´t le fait qu’il n’a Ă©tĂ© rendu possible que par une tradition et des valeurs remontant Ă  1794.

C’est pourquoi l’immigrĂ© que je suis est reconnaissant aux sans-culottes, Ă  ces premières annĂ©es de la rĂ©volution, aux esprits libres et aux enfants terribles qui, nĂ©s dans une sociĂ©tĂ© europĂ©enne bloquĂ©e par des siècles d’histoire et de tradition, ont osĂ© rĂŞver d’un monde diffĂ©rent oĂą le succès serait fonction non plus de la naissance mais du mĂ©rite, des talents et de l’ardeur au travail. Ils nous ont donnĂ© en hĂ©ritage ce mot et cette aspiration si prĂ©cieux : mĂ©ritocratie.

Pensaient-ils qu’un jour de jeunes arabes, de jeunes asiatiques, de jeunes africains s’engouffreraient dans la brèche qu’ils ont ouverte en 1789 pour venir dĂ©filer sur les Champs-ElysĂ©es, près de deux siècles plus tard ? J’aime le croire. Cette idĂ©e d’une France juste, gĂ©nĂ©reuse et visionnaire, demeure ; j’y suis profondĂ©ment attachĂ©. A beaucoup d’Ă©gards, l’enfant africain que je suis a directement bĂ©nĂ©ficiĂ© du courage et de l’ambition de cette France rĂ©volutionnaire, de cette France enfant des Lumières.

La France clairement peut ĂŞtre dĂ©finie comme un territoire. Un espace gĂ©ographique. Une histoire. Des femmes. Des hommes. Pour moi, elle est aussi et surtout, avant tout, une idĂ©e. Une aspiration. Comme telle, son essence et son identitĂ© ne reposent ni sur les gènes, ni sur la couleur de la peau ni sur l’apparence physique ou la couleur des cheveux. Cette France-lĂ  appartient autant aux parisiens de 1789 qu’Ă  l’africain que je suis.

Ma France Ă  moi est donc une idĂ©e : chahutĂ©e, changeante, toujours un peu diffĂ©rente mais toujours reconnaissable entre toutes.

Notre république.

  • L‘honneur de mon père

Mon père, qui Ă©tait encore vivant quand je commençai Ă  travailler sur le prĂ©sent texte et qui depuis, nous a quittĂ©s, dans sa quatre-vingt-sixième annĂ©e. Mon père, le fils de Dagana, petite bourgade sur les rives du fleuve SĂ©nĂ©gal, fleuve si majestueux, si vital, oĂą la France dans son dĂ©sir d’expansion est venue tenter de faire d’enfants africains de petits français.

Improbable rencontre entre un enfant africain de neuf ans et une idĂ©e si sĂ©duisante, celle d’une rĂ©publique oĂą tous, enfant Toucouleur ou enfant de la Corrèze seraient Ă©gaux et auraient les mĂŞmes droits, devoirs et chances. Mon père, inscrit d’autoritĂ© Ă  l’Ă©cole par un reprĂ©sentant de cette France rĂ©publicaine, commandant de cercle Ă©clairĂ©, qui sut passer outre les objections de mon grand-père. Mon grand-père avait en effet prĂ©fĂ©rĂ© se laisser arrĂŞter plutĂ´t que d’envoyer l’aĂ®nĂ© de ses fils, son hĂ©ritier, Ă  l’Ă©cole, craignant qu’il ne devĂ®nt un Ă©tranger pour lui et ne parlât une autre langue que la sienne.

Cet enfant, mon père, est rapidement tombĂ© profondĂ©ment amoureux de cette France, de cette idĂ©e nouvelle qu’on lui prĂ©sentait. Il en est tombĂ© amoureux, comme un enfant tombe amoureux, comme on aime une amante proche du cœur mais loin des yeux.

De cette idĂ©e, il est restĂ© amoureux toute sa vie, n’hĂ©sitant pas Ă  la dĂ©fendre quand une autre idĂ©e venue d’outre-Rhin tenta de tout submerger au milieu du vingtième siècle.

Cette idĂ©e, cette France, il l’a combattue enfin, aux cotĂ©s d’HouphouĂ«t-Boigny pour s’opposer Ă  ceux qui, prĂ©tendant l’incarner et la reprĂ©senter dans ses territoires les plus Ă©loignĂ©s, ternissaient Ă  coups de chicotte son image et l’attrait qu’elle pouvait avoir pour des gĂ©nĂ©rations successives d’africains.

Mon père m’a toute ma vie parlĂ©, avec l’Ă©loquence que seules la sincĂ©ritĂ© et l’Ă©motion confèrent, de cette idĂ©e, de cette France qui osait proclamer dans un monde oĂą l’asiatique Ă©tait encore traitĂ© de ‘coolie’ ou le noir de ‘boy’ dans le Sud de l’AmĂ©rique, de cette France qui osait dire : libertĂ© pour tous, Ă©galitĂ© pour tous, fraternitĂ© de tous !

Les Ă©coles, les routes, les puits, les mĂ©decins donnaient un sens et une crĂ©dibilitĂ© nouveaux Ă  ce message, portĂ© par des instituteurs zĂ©lĂ©s aux quatre coins de l’Empire. La loi HouphouĂ«t-Boigny, votĂ©e dans l’euphorie de 1945, abolissant le travail forcĂ© : quel message pour tous ceux qui doutaient de la France après ce terrible printemps de 1940 et les annĂ©es sombres de l’occupation ! La chicotte, les arrestations arbitraires, les Ă©lections truquĂ©es, le rĂ©gime de Vichy, n’Ă©taient pas compatibles avec ce message gĂ©nĂ©reux et universel.

Après 1945, la France continua Ă  dire: ‘LibertĂ©, Egalite, FraternitĂ©’. Elle continua Ă  le dire mĂŞme quand il devint clair pour tous que ce cri contenait les germes de la destruction de son empire. Mieux vaut parfois pour une grande nation perdre un Empire que son âme. La France sut perdre l’un et garder l’autre.

Quelques dĂ©cennies après tous ces combats, la France donna enfin Ă  mon père l’occasion de ressentir une Ă©motion aussi forte que pure, effaçant des annĂ©es de colère et de frustration. Cette Ă©motion, c’est celle que je vis dans son regard le jour oĂą il reçut ses insignes de Chevalier de la LĂ©gion d’Honneur, ordre oĂą il devait atteindre par la suite le rang de Grand Officier. Ce jour-lĂ , il devint soudain clair pour moi pourquoi, cet homme qui avait luttĂ© pour voir la CĂ´te d’Ivoire indĂ©pendante, rĂ©agissait encore si fortement aux accents de La Marseillaise oĂą qu’il les entende.

Il resta jusqu’au bout fier de porter cette dĂ©coration, symbole de l’honneur retrouvĂ© d’un africain si français.

A travers ces deux anecdotes faisant revivre mon père et ma mère, ces vies et ces destins qui se cherchèrent et se construisirent en France et en Afrique, vous aurez compris que ma relation Ă  la France est nĂ©cessairement complexe, forte et faite d’Ă©motions multiples et souvent contradictoires.

Quelles Ă©motions ? Laissez-moi les dĂ©crire, les nommer.

  • Gratitude avant tout

Gratitude profonde et rĂ©elle pour l’Ă©ducation que la France m’a donnĂ©e mais aussi et simplement pour les opportunitĂ©s qu’elle m’a offertes d’intĂ©grer grâce Ă  un système de sĂ©lection ouvert et transparent ses meilleurs Ă©coles, d’y bĂ©nĂ©ficier de l’enseignement dispensĂ© par ses meilleurs cerveaux, fruit de siècles de recherche, de travail acharnĂ© et d’efforts. Il n’est pas possible pour moi de dire assez combien tout cela m’a servi et me sert encore chaque jour dans mon rĂ´le de directeur financier d’une des premières entreprises britanniques.

Je n’ai pas fait qu’acquĂ©rir du savoir dans ces Ă©coles j’y ai aussi bâti quelques amitiĂ©s solides. C’est cette France-lĂ , que nous tous porteurs d’une diffĂ©rence qu’elle soit visible ou non, c’est cette France-lĂ  que nous tous français avec trait d’union (franco-ivoiriens, franco-camerounais, franco-sĂ©nĂ©galais et autres…) nous aimons. C’est celle que nous chĂ©rissons, celle que nous sommes prĂŞts Ă  dĂ©fendre envers et contre tout, mĂŞme quand elle nous repousse.

Nous la dĂ©fendons car elle est porteuse d’espoir. Son message, universel, est porteur d’espĂ©rance, pour tous ceux qui sur cette terre manquent de justice et de libertĂ©.

  • Joie certainement

Joie sans mĂ©lange quand une Ă©quipe Bleu-Black-Beur gagne enfin cette Coupe de Monde en 1998. Le 12 juillet 1998 est le seul jour de ma vie d’amoureux du ballon rond oĂą j’aie Ă©tĂ© content de voir le BrĂ©sil perdre…

Trop de choses ont Ă©tĂ© dites et Ă©crites dĂ©jĂ  sur cette victoire mais comment oublier la vague d’espoir qu’elle a suscitĂ©e pour les Mamadou, Abdoulaye, Mohammed, Kader de France et de Navarre.

Vague qui vint mourir sur les plus de vingt pour cent d’un certain candidat Ă  la prĂ©sidentielle un soir de 2002.

  • Frustration parfois

Devant ces policiers français comme moi et qui me tutoient. Frustration de devoir m’exiler a Londres, fatigue de me cogner le crane contre un plafond de verre parfaitement invisible mais o combien rĂ©el.

FatiguĂ© de voir des collègues moins compĂ©tents s’Ă©lever et progresser quand ma carrière stagnait. FrustrĂ© de voir que l’Angleterre sait me donner aujourd’hui tout ce que la France n’a pas toujours voulu ou simplement peut-ĂŞtre su me donner : opportunitĂ©s, respect et le don le plus prĂ©cieux bien sur : indiffĂ©rence a ma couleur.

Frustration quand l’un de mes camarades d’Ă©cole devenu chasseur de tĂŞtes m’avoue embarrassĂ©, qu’il a cessĂ© d’inclure mon profil dans ses rĂ©ponses Ă  ses clients français, parce que la rĂ©ponse invariablement Ă©tait : profil intĂ©ressant et impressionnant mais vous comprenez…’. Tout lĂ  aussi Ă©tait Ă  chaque fois dans le non-dit, dans ces points de suspension.

Seule ma foi dans les idĂ©aux que dĂ©fend et reprĂ©sente la France me permet quand c’est nĂ©cessaire, de mettre en perspective l’Ă©troitesse d’esprit Ă  laquelle nous tous, porteurs d’une diffĂ©rence visible, sommes si souvent confrontes.

J’entends que depuis ces annĂ©es quatre-vingt qui virent le dĂ©but de ma carrière professionnelle, les choses ont changĂ© et pour le mieux. Je m’en rĂ©jouis mĂŞme si je demeure convaincu qu’il nous reste en France beaucoup de chemin Ă  parcourir pour parvenir Ă  une vĂ©ritable Ă©galitĂ© des chances.

  • EspĂ©rance toujours

EspĂ©rance dans les moments oĂą la France enfin se retrouve et parle au nom du Monde pour par exemple dire non Ă  l’invasion de l’Irak. La France n’est jamais plus grande que quand elle sait puiser au plus profond de son ĂŞtre et de son histoire pour ĂŞtre la voix du monde, la voix des vaincus, des laissĂ©s-pour-compte.

EspĂ©rance nĂ©e de ce que, pur produit du système français, je puisse ĂŞtre dĂ©clarĂ© par The Guardian de Londres seconde personnalitĂ© noire la plus influente du Royaume-Uni. Je suis reconnaissant Ă  tous mes maĂ®tres, mes professeurs de lycĂ©e, si dĂ©vouĂ©s, si exemplaires, qui ont donnĂ© un peu de leur temps Ă  un jeune africain si dĂ©sireux d’apprendre et de savoir qu’il les faisait sourire.

Le plus important Ă  l’heure oĂą j’Ă©cris ce texte, entourĂ© de ma gratitude, de mes frustrations et de mon espĂ©rance, est de savoir lequel de ses visages la France dĂ©cidera de montrer au monde dans un siècle si plein de promesses mais aussi de menaces.

Kishore Mahbubani dans son livre The New Asian Hemisphere : The irresistible shift of global power to the East nous dit que le 21e siècle sera celui de l’Asie. Il n’est pas le premier Ă  le dire et ne sera certainement pas le dernier.

Ces mots prennent une rĂ©sonance toute particulière en ces temps de crise du système financier classique et oĂą nous sommes nombreux Ă  remettre en question paradigmes et modèles. Directeur d’un groupe qui est numĂ©ro 1 en Asie, je suis concernĂ© au premier chef par ces questions.

  • Quelle place pour nous français dans ce nouveau siècle ?

Celle que nous nous ferons en restant fidèles Ă  ce que nous avons de meilleur Ă  offrir au monde de la DĂ©claration universelle des droits de l’Homme et du Citoyen Ă  Lafayette, Baudelaire, Berlioz, Pasteur, Jean Moulin, Malraux, de Gaulle...

Face Ă  un monde qui change, les seules attitudes, les seules attitudes qui conduiront de manière certaine Ă  l’Ă©chec, sont l’immobilisme, la crispation et la frilositĂ©. La fermeture, l’isolement, le mĂ©pris des autres auront pour corollaires dans un monde oĂą la compĂ©tition entre nations et Ă©conomies est fĂ©roce, l’Ă©chec, la perte d’influence et Ă  terme l’insignifiance.

Je suis convaincu que la France peut continuer, si elle reste fidèle à ses valeurs, à occuper une place de choix dans ce 21e siècle qui fait de Barack Obama le président de la nation la plus puissante du monde.

Je suis convaincu que mon espĂ©rance n’est pas vaine. La France est trop grande, trop pleine des dĂ©sirs de ses enfants d’oĂą qu’ils viennent, Mohammed ou Thibault, Amina ou Laure, pour ne pas continuer Ă  ĂŞtre au premier rang des nations, Ă©prise de justice et de libertĂ©, prĂŞte Ă  s’enflammer pour un nom ou pour un pays.

La France trouvera en elle l’Ă©nergie, la crĂ©ativitĂ©, l’intelligence nĂ©cessaires pour qu’elle demeure ce qu’elle ne doit jamais cesser d’ĂŞtre : une source d’espoir pour le monde et pour les hommes et femmes de bonne volontĂ©.

La France vivra.

La France continuera de rayonner.

Ma France à moi est une idée et les idées ne meurent jamais."

  • Qui est Tidjane Thiam ?

Tidjane Thiam, ingĂ©nieur diplĂ´mĂ© de l’École Polytechnique, ingĂ©nieur civil des Mines (Paris), MBA INSEAD, est Chief Executive Officer (CEO) de Prudential plc, premier groupe d’assurances britannique par sa capitalisation boursière. Ayant dĂ©butĂ© sa carrière chez McKinsey, Tidjane Thiam a Ă©tĂ© directeur associĂ© de McKinsey & Company Ă  Paris, directeur gĂ©nĂ©ral du BNETD puis ministre du Plan et du DĂ©veloppement. Il a ensuite rejoint Aviva, oĂą il a Ă©tĂ© directeur de la StratĂ©gie et du DĂ©veloppement puis CEO d’Aviva Europe et membre du Conseil d’administration. Il a ensuite quittĂ© Aviva en 2007 pour rejoindre Prudential comme Chief Financial Officer (CFO) avant d’ĂŞtre nommĂ© CEO le 19 mars 2009. Il est administrateur de l’Overseas Developement Institute Ă  Londres et membre de l’African Progress Panel, prĂ©sidĂ© par Kofi Anan. Il a Ă©tĂ© dĂ©signĂ© "Global Leader for Tomorrow" par le World Economic Forum de Davos en 1998 et Alumnus de l’annee par l’INSEAD en 2007.

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