AccueilExpressions par MontaigneLa bourse et la fièvreLa plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne RĂ©gulation23/02/2009ImprimerPARTAGERLa bourse et la fièvreAuteur Claude BĂ©bĂ©ar Fondateur de l’Institut Montaigne Historiquement, la bourse est un endroit où une personne qui a quelque chose à vendre rencontre une autre personne que cela intéresse. Ils trouvent un accord sur la valeur et une transaction se fait. Lorsqu’il s’agit d’un objet, ou la totalité d’une entreprise, on peut considérer que le terme de l’accord représente la vraie valeur de ce qui a été échangé. Encore que ce n’est pas toujours le cas : car le prix peut être faible si le vendeur est pris à la gorge ou trop élevé si l’acheteur en a très envie ou grandement besoin.Mais quand il s’agit d’une faible partie d’entreprise –quelques pour cent du capital – le prix de l’Ă©change peut ĂŞtre très Ă©loignĂ© de la valeur rĂ©elle de l’entreprise. La preuve ? Une acquisition d’entreprise cotĂ©e se fait pratiquement toujours Ă un prix très Ă©loignĂ© de la valeur de bourse : des Ă©carts de 20, 30, 40, 50 % sont habituels. D’ailleurs ne parle-t-on pas de « prime de majoritĂ© », de « prime de contrĂ´le » ? Et quand on Ă©value la valeur que l’on est prĂŞt Ă payer pour acheter un concurrent, le cours de bourse est un critère très secondaire.Comment comprendre alors que les ayatollahs de la comptabilitĂ© considèrent que pour une action que l'on dĂ©tient, on doit porter Ă son actif la valeur donnĂ©e par la bourse, ce qui se justifie seulement dans le cas oĂą l'on doit la vendre en bourse dans un dĂ©lai très bref ?Car la valeur boursière est très volatile. Tous les jours, une batterie d’informations vient en changer l’apprĂ©ciation : indice de confiance des consommateurs du Michigan, faiblesse de la bourse de Tokyo… et je ne sais encore quelle baliverne qui n’a rien Ă voir avec le mĂ©tier de l’entreprise qui nous intĂ©resse. AgressĂ©e par ces informations, la bourse s’affole et change d’avis Ă une vitesse stupĂ©fiante. Les investisseurs paniquent ou s’enthousiasment et le cours de l’action fluctue alors que l’activitĂ© actuelle ou raisonnablement prĂ©visible de l’entreprise n’est en rien concernĂ©e. La bourse est –croient certains- le thermomètre de l’activitĂ© Ă©conomique. Mais c’est un thermomètre qui panique ou rĂ©conforte le malade. C’est un thermomètre dangereux parce que c’est souvent lui qui donne la fièvre.ImprimerPARTAGER