AccueilExpressions par MontaigneISF : Abolir un impĂ´t coĂ»teux pour la FranceLa plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne RĂ©gulation CohĂ©sion sociale16/02/2008ImprimerPARTAGERISF : Abolir un impĂ´t coĂ»teux pour la FranceAuteur Philippe Manière PrĂ©sident-fondateur de Footprint > consultants L'ISF, ou Impôt de Solidarité sur la Fortune, n’a officiellement jamais autant rapporté que l’année dernière. Selon les dernières statistiques, parues à la mi-février ce sont 528 000 contribuables qui se seraient acquittés de cet impôt en 2007, contre 457 000 en 2006 - si bien que l'ISF a rapporté à l'État 4,42 milliards l'an dernier. De quoi battre des mains' Au contraire! L'ISF est un impôt stupide, et son "succès" est en fait en trompe l'œil! Si l'on considère son inefficacité économique et sociale, on pourrait même dire qu’il est assez extraordinaire qu’il existe encore !Il faut, d'abord, garder en tĂŞte que son produit ne reprĂ©sente que 1,4% des recettes fiscales nettes de la France. Ce n'est Ă©videmment pas avec cette misère que l'on va procĂ©der Ă une vĂ©ritable redistribution… Surtout, l’analyse Ă©conomique est formelle: l’ISF coĂ»te au moins deux fois plus cher Ă l’État qu’il ne lui rapporte, car il a conduit Ă l’expatriation des milliers de contribuables qui prĂ©fèrent dĂ©sormais vivre Ă Londres, Bruxelles ou Genève. Or, ces "exilĂ©s fiscaux" paient ailleurs que chez nous TOUS leurs impĂ´ts - pas seulement l’ISF, mais aussi l’impĂ´t sur le revenu, la TVA etc… Et comme il se trouve que ceux qui partent sont, en moyenne, plus entrepreneurs, plus investisseurs et plus mĂ©cènes que ceux qui restent, cet impĂ´t pèse au total significativement sur notre potentiel de croissance Ă©conomique, de crĂ©ation d’entreprise et mĂŞme de philanthropie! Une Ă©tude publiĂ©e par l'Institut Montaigne en novembre dernier "Supprimer l'ISF… pour faire payer les riches (en France!)" a permis d'Ă©tablir le montant des sorties de capitaux imputable Ă l'ISF. Le calcul qui la sous-tend compare les recettes effectives de l’ISF Ă ce qu'elles devraient ĂŞtre compte tenu du gonflement du patrimoine des Français depuis la crĂ©ation de cet impĂ´t, il y a 25 ans. RĂ©sultat: 200 milliards d’euros de capitaux partis sous d’autres cieux. Indirectement, on peut estimer que 200 000 emplois n’ont pas Ă©tĂ© créés et auraient pu l’ĂŞtre. Et, au total, 1 point de PIB a Ă©tĂ© perdu par le pays. Absurde ! Il est grand temps que notre pays ouvre les yeux sur ce gâchis. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si la France est le dernier grand pays d’Europe a ne pas avoir supprimĂ© l’ISF: au cours des dernières annĂ©es, Autriche, Danemark, Allemagne, Pays-Bas, Finlande, et mĂŞme la Suède - la très socio-dĂ©mocrate Suède! - ont jetĂ© le leur Ă la rivière. Seule l'Espagne fait encore exception aux cĂ´tĂ©s de la France, mais l'actuel premier ministre, Jose Luis Zapatero (un socialiste), a promis, s'il gagne les Ă©lections ce printemps, d’abolir lui aussi l’ISF espagnol… Entendons-nous bien: il ne s’agit pas de renoncer Ă taxer le capital, objectif lĂ©gitime. Encore faut-il le faire intelligemment! Il y a mille manières d'opĂ©rer (droits de succession en tĂŞte). Mais taxer le capital comme le fait l’ISF, c’est Ă la fois stupide et suicidaire pour notre pays. Abolir l'impĂ´t sur la fortune est nĂ©cessaire pour que les mĂ©nages français les plus riches paient leurs impĂ´ts… en France!ImprimerPARTAGER