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Interdire le cumul des mandats et réduire la dépense publique… ou comment réconcilier les Français avec la politique

 Michaël Cheylan
Auteur
Contributeur sur les questions africaines

Une majorité de Français est favorable à l'interdiction du cumul des mandats (54%) et à un contrôle plus strict des dépenses publiques (53%).

"Parmi les propositions suivantes, quelles sont les deux que vous aimeriez le plus voir mises en place pour rendre le monde politique plus juste ?" A cette question, les Français apportent une réponse claire : supprimer le cumul des mandats et mieux contrôler la dépense publique. C’est ce qui ressort d’un sondage Harris Interactive pour LCP à l'initiative de l'Institut Montaigne et de Tilder (*). Ces deux mesures apparaissent comme étant les plus décisives aux yeux des Français, loin devant la transparence des rémunérations, la parité hommes / femmes ou une meilleure représentation des jeunes.

  • Parmi les propositions suivantes, quelles sont les deux que vous aimeriez le plus voir mises en place pour rendre le monde politique plus juste ?

- Cliquer ici pour voir les résultats (tableau n°1) (pdf)

L’interdiction du cumul des mandats et un meilleur contrĂ´le de la dĂ©pense publique sont prĂ©cisĂ©ment les deux mesures promues par l’Institut Montaigne depuis plusieurs annĂ©es pour amĂ©liorer le fonctionnement de notre dĂ©mocratie.

S’agissant du cumul des mandats, l’Institut Montaigne se prononce pour l’interdiction, d’une part, du cumul du mandat de dĂ©putĂ© avec tout mandat local (les sĂ©nateurs, en revanche, ont eux droit en sus Ă  un mandat local, le SĂ©nat reprĂ©sentant les collectivitĂ©s territoriales) ; d’autre part, du cumul de plus de trois mandats successifs Ă  une mĂŞme fonction Ă©lective (pour l’ensemble des mandats Ă©lectifs nationaux et locaux). Du fait de l’importance de cette mesure pour la vie politique de notre pays, l’Institut Montaigne consacrera une page Facebook. Rejoignez-nous !

Quant au contrĂ´le de la dĂ©pense publique, l’Institut Montaigne prĂ©conise la crĂ©ation d’un contrĂ´leur gĂ©nĂ©ral des finances publiques. PlacĂ© sous la seule autoritĂ© du Parlement, il aurait Ă  la fois pour mission d’Ă©valuer l’efficacitĂ© de l’action de l’administration et la performance de la dĂ©pense publique. Un tel organe existe dĂ©jĂ , sous des formes diffĂ©rentes, dans les plus grandes dĂ©mocraties (Royaume-Uni, Canada, Suède, etc.).

Ces deux mesures combinĂ©es contribueraient Ă  renforcer cette institution clĂ© pour notre dĂ©mocratie qu’est le Parlement :
- le cumul des mandats renforce l’absentĂ©isme qui sĂ©vit sur les bancs des assemblĂ©es et incite les Ă©lus Ă  privilĂ©gier leur fonction locale. En cela, il affaiblit le pouvoir lĂ©gislatif et nourrit la dĂ©saffection du citoyen pour le travail parlementaire.
- le contrĂ´le de la dĂ©pense publique est historiquement la vocation première du Parlement. Compte tenu du niveau d’endettement de notre pays, il est vital que ce dernier recouvre pleinement son rĂ´le en la matière. En raison de la sĂ©paration des pouvoirs entre l’ExĂ©cutif et le LĂ©gislatif, le Parlement est sur le plan institutionnel le mieux placĂ© pour remplir cette mission.

La mise en œuvre de ces deux mesures aurait un autre effet bĂ©nĂ©fique pour notre dĂ©mocratie : celle de rĂ©duire le fossĂ© qui ne laisse de se creuser entre les Français et la « classe Â» politique. C’est une nĂ©cessitĂ©. En effet, selon le mĂŞme sondage, les responsables politiques sont ceux qui suscitent le plus la dĂ©fiance des Français, loin devant les associations, l’Ă©cole ou encore les entreprises.

  • Pour chacun des acteurs suivants, avez-vous le sentiment qu'il vĂ©hicule plutĂ´t des valeurs positives ou plutĂ´t des valeurs nĂ©gatives pour la sociĂ©tĂ© française ?

- Cliquer ici pour voir les résultats (tableau n°2) (pdf)

Les attentes des Français sont dĂ©sormais connues. Il appartient aux femmes et aux hommes politiques de ce pays d’y rĂ©pondre. Quoi qu’il en soit, ils ne pourront pas dire "Nous ne savions pas…"

- Voir l'intégralité du sondage sur le site de Harris Interactive

(*) Enquête réalisée en ligne les 30 et 31 mai auprès d'un échantillon de 1.002 personnes issues de l'access panel Harris Interactive âgées de 18 ans et plus, représentatives de la population française, selon la méthode des quotas.

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