AccueilExpressions par MontaigneInterdire le cumul des mandats des dĂ©putĂ©s en FranceLa plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne Vie dĂ©mocratique12/02/2008ImprimerPARTAGERInterdire le cumul des mandats des dĂ©putĂ©s en FranceAuteur Gunilla Björner Ancienne responsable des relations institutionnelles de l'Institut Montaigne Savez-vous que 81 % des sénateurs et 85% des députés français cumulent leur état de parlementaire avec un autre mandat électif? La France est le seul grand pays développé à connaître une telle situation. Ailleurs en Europe, le cumul est soit interdit juridiquement, soit découragé financièrement, soit tout simplement inexistant en pratique. Or, cette situation aggrave le déséquilibre entre pouvoirs au détriment du Législatif et elle nourrit la désaffection du citoyen pour la chose politique.Sur les 577 Ă©lus Ă l’AssemblĂ©e nationale, seuls 54 ne possèdent pas de mandat local en plus de celui de dĂ©putĂ©. Quant aux sĂ©nateurs, ils sont 68 sur 331 Ă cumuler leur fonction parlementaire avec non pas un, mais mĂŞme…deux mandats locaux. Les consĂ©quences nĂ©fastes qui dĂ©coulent de cette situation sont nombreuses (renforcement de la centralisation, frein au renouvellement de la classe politique, etc.). Mais la plus visible et la plus grave est sans doute cet absentĂ©isme qui dĂ©cime les bancs de l’AssemblĂ©e nationale et du SĂ©nat en dehors de la petite pĂ©riode qui va du mardi matin au mercredi soir. Cet absentĂ©isme risque d'affaiblir durabelement le Parlement : que pèse en effet un Parlement Ă l’effectif rĂ©duit et dĂ©mobilisĂ© face Ă un ExĂ©cutif aussi prĂ©sent que puissant ? C'est pourquoi l'Institut Montaigne propose, dans deux publications diffĂ©rentes ("Comment amĂ©liorer le travail parlementaire" et "DĂ©putĂ© : un job Ă temps plein") de mettre un terme au cumul des mandats : - Pour les dĂ©putĂ©s, il faut interdire purement et simplement le cumul des mandats. Le principe « Un homme, un mandat » doit ĂŞtre respectĂ©. - Pour les sĂ©nateurs, en revanche, il ne faut n’autoriser le cumul qu’avec un seul mandat local. Il est normal en effet que les sĂ©nateurs, qui reprĂ©sentent les collectivitĂ©s territoriales, puissent ĂŞtre Ă©galement des Ă©lus de celles-ci. Les opposants Ă cette proposition rĂ©pondent souvent que le cumul de mandants est nĂ©cessaire pour « garder un pied dans la rĂ©alitĂ© » (sous-entendue locale). Mais alors, pourquoi cette nĂ©cessitĂ© n’apparaĂ®t-elle dans aucun autre pays dĂ©veloppĂ© ? Les Ă©lus nationaux français, seuls Ă cumuler, sont-ils notoirement meilleurs que leurs homologues Ă©trangers ? Cet argument n’a pas de sens : rien n’interdit Ă un dĂ©putĂ© d’ĂŞtre souvent sur le terrain, et il n’a nul besoin, pour ce faire, d’ĂŞtre par ailleurs, maire, ou conseiller gĂ©nĂ©ral ou rĂ©gional ! Il est temps de permettre aux parlementaires de disposer de suffisamment de temps pour remplir leur mission de lĂ©gislateur et de contrĂ´leur de l’action du gouvernement. L'avenir de notre dĂ©mocratie en dĂ©pend !ImprimerPARTAGER