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ImpĂ´ts : la CSG plutĂ´t deux fois qu’une !

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Pour une fois, et à cause des remous de la crise financière, les impôts se feraient presque oublier. Et pourtant, cette année, ils ont une bonne raison de ne pas passer inaperçus !

Le temps des prélèvements sociaux
Beaucoup de mĂ©nages reçoivent ces jours-ci un avis d’imposition au titre de la CSG (contribution sociale gĂ©nĂ©ralisĂ©e), invitant Ă  verser la somme due avant la mi-novembre. Comme vous le savez, les revenus du capital, en plus de l’impĂ´t sur le revenu, sont assujettis Ă  la CSG, Ă  la CRDS, c’est-Ă -dire Ă  l’ensemble de ce qu’on appelle les prĂ©lèvements sociaux. Ainsi, tous les ans, Ă  l’automne, les feuilles de CSG tombent avec les feuilles mortes. Grâce Ă  ce calendrier, la CSG est payĂ©e après que le fisc a fait ses calculs Ă  partir de nos dĂ©clarations de revenu.

CSG : le doublĂ©
Le problème, c’est que cette annĂ©e, ceux qui y sont assujettis vont la payer deux fois. Ils vont d’une part payer cette CSG telle qu’elle est versĂ©e tous les ans pour les revenus de l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente (en l’occurrence 2007), mais d’autre part la CSG sur les revenus de l’annĂ©e en cours (2008, donc). Cette dernière a d’ailleurs dĂ©jĂ  Ă©tĂ© directement prĂ©levĂ©e Ă  la source au moment de la distribution des dividendes ou des coupons de l’annĂ©e. DĂ©sormais, et ce depuis le printemps 2008, il faudra s’en acquitter de la sorte. 2008, pour le fisc, est donc un coup double, tandis que pour les Ă©pargnants, c’est un double coup… de bambou !

Heureuse sĂ©curitĂ© sociale… cette annĂ©e
Ce changement de règle, s’il est transitoire, n’est pas forcĂ©ment très opportun cette annĂ©e, compte tenu de la situation Ă©conomique. Mais le fisc ne maitrise pas les hasards de la conjoncture. J’aimerais nĂ©anmoins profiter de l’occasion pour formuler trois petites observations :

  1. Pour 2008, tout cela reprĂ©sente des rentrĂ©es doubles pour la SĂ©curitĂ© sociale. Avec un milliard d’euros de recettes supplĂ©mentaires au total, le dĂ©ficit de la SĂ©curitĂ© sociale, devrait ĂŞtre rĂ©duit d’autant.
  2. L’an prochain, Ă©videmment, cela ne se reproduira pas. Il faudra donc s’attendre Ă  voir l’Etat peiner Ă  boucler le PLFSS. A moins, Ă©videmment, qu’il ne trouve une nouvelle ficelle comme celle-ci…
  3. Cette « douloureuse Â» expĂ©rience augure mal d’un possible prĂ©lèvement Ă  la source pour l’impĂ´t sur le revenu. Si, abstraitement, le concernant, ce type de retenue paraĂ®t logique et simple, il est Ă©vident que nous rencontrerions le mĂŞme problème. Autrement dit, soit l’Etat renonce Ă  une annĂ©e de recettes, ce qui ne paraĂ®t guère rĂ©aliste, soit lors de l’annĂ©e du changement de règle, nous paierions deux fois l’impĂ´t. Il existe des perspectives plus rĂ©jouissantes que celles-ci, vous en conviendrez…
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