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ImpĂ´t pique-nique : une idĂ©e jetable !

 Philippe Manière
Auteur
Président-fondateur de Footprint > consultants


Grâce au JDD, on sait depuis ce week-end que les verres en plastique vont désormais être taxés. J’ai l’impression depuis quelques mois que tous les matins, un nouvel impôt éclot !

Lourde fiscalité
Pour commencer, rappelons (s’il en est besoin !) que les impĂ´ts ne manquent pas en France et c’est lĂ  un doux euphĂ©misme quand on sait que nous sommes parmi les pays qui en ont le plus en nombre, et aussi un de ceux qui ont la plus importante pression fiscale au total. Il n’est bien Ă©videmment pas question de nier la nĂ©cessitĂ© de l’impĂ´t en gĂ©nĂ©ral. Mais crĂ©er un impĂ´t supplĂ©mentaire dans un pays dĂ©jĂ  très fiscalisĂ© ne paraĂ®t pas vraiment urgent.

L’injuste impĂ´t de plus ?
D’autant que cet impĂ´t est tout de mĂŞme carabinĂ© ! On le surnomme dĂ©jĂ  l’impĂ´t-pique-nique, ce qui est rĂ©vĂ©lateur : en clair, il va tomber sur les braves gens qui dĂ©jeunent dehors en famille, plus souvent des petites gens que des possĂ©dants, on peut le dire sans risque de se tromper… Et il en va de mĂŞme pour les rasoirs jetables, par exemple. Encore une fois, le 7e arrondissement de Paris surfe sur une espèce de mode chic et se donne bonne conscience en enquiquinant les moins favorisĂ©s, ce qui frise le comble du mauvais goĂ»t.

Des solutions envisageables
Si l’impĂ´t, en gĂ©nĂ©ral, est un outil formidable pour inciter les gens Ă  modifier leur comportement, et si le dĂ©veloppement durable, est une cause noble, il y a quand mĂŞme deux questions Ă  se poser avant de crĂ©er cet impĂ´t :

1/ Est-ce qu’il faut vraiment inciter les gens Ă  ne pas utiliser des verres en plastique ? S’ils n’ utilisent pas ces verres lĂ , ils utiliseront nĂ©cessairement des vrais verres. Il faudra alors faire la vaisselle, ce qui consomme de l’eau et pollue. Pourquoi un Ă©cobilan comparatif n’est il pas menĂ© au prĂ©alable ?

2/ MĂŞme si l’on considère qu’il faut ralentir ou arrĂŞter la consommation des verres en plastique, est-ce que l’impĂ´t est pour autant l’outil adĂ©quat pour flĂ©cher les bons comportements ? VoilĂ , par exemple, ce que l’on pourrait imaginer :

- Sensibiliser les enfants Ă  l’Ă©cole (et lĂ , si j’en juge par tout ce que mes enfants apprennent Ă  ce sujet, pas de souci, j’en suis mĂŞme Ă  me demander s’il reste du temps pour les maths et le français…)

- Travailler avec les producteurs et leur donner un calendrier d’amĂ©lioration Ă  l’image du bras de fer qui s’est jouĂ© avec succès en coulisse pour que les fabricants rĂ©duisent la consommation des appareils Ă©lectro-mĂ©nagers

- Ou pourquoi pas, tout simplement, changer la loi (Ă  l’instar de certains pays ou de certains Etats amĂ©ricains sur la fin programmĂ©e des ampoules Ă  incandescence, ou comme ce que nous avons fait au niveau mondial sur les CFC (chlorofluorocarbure) au nom de la couche d’ozone, ce qui a parfaitement fonctionnĂ© !

Je ne sais pas s’il faut bloquer la consommation de verres en plastique et de rasoirs jetables, mais je suis sĂ»r et certain que la dernière chose dont ce pays a besoin c’est un impĂ´t de plus qui se drape dans un prĂ©texte Ă©cologique !

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