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Immobilier de l'Etat : pour cesser de jeter l'argent par les fenĂŞtres !

 Philippe Manière
Auteur
Président-fondateur de Footprint > consultants


La réforme de la gestion de l’immobilier est enfin à l’ordre du jour. Une arlésienne qui est entrée depuis 3 ans dans le débat politique, la semaine dernière.

La rĂ©forme de la gestion de l’immobilier est enfin Ă  l’ordre du jour. Une arlĂ©sienne qui est entrĂ©e depuis 3 ans dans le dĂ©bat politique, la semaine dernière.

Etat des lieux : le flou total Avant toute chose, il me paraĂ®t utile de rappeler que l’on ignore complètement la surface immobilière possĂ©dĂ©e par l’Etat français ! Pour tout chiffre, nous n’avons que celui-ci : 10,3 millions de mètres carrĂ©s de bureaux dont 2,1 millions Ă  Paris. Mais il s’agit d’un minimum, certains estimant plutĂ´t le parc Ă  30 millions de mètres carrĂ©s au total.

Gaspillage et indiffĂ©rence Second problème, les diffĂ©rents ministères ne se sont jamais penchĂ©s sur ce sujet, n'effectuant en aucune manière le travail d’optimisation que sont bien obligĂ©es de faire les entreprises privĂ©es. Et cela, tout simplement parce que ce parc immobilier est Ă  leur disposition, sans frais, dans l’indiffĂ©rence gĂ©nĂ©rale.

L’existant insuffisant Officiellement, la crĂ©ation de France domaine devait changer la donne. Chaque service est censĂ© payer un loyer, ce qui normalement incite Ă  la vigilance des dĂ©penses, et l’Etat a pour objectif de ramener les surfaces Ă  12m2 par agent… Cependant, Ă  l’aune des quelques scandales qui surgissent çà et lĂ , on se rend compte que le problème n’est pas rĂ©glĂ©.

Quelques scandales Ainsi, par exemple, nous avons appris, il y a quelques jours, que le pĂ´le financier du tribunal de grande instance de Paris n’avait pas vu son bail arriver Ă  Ă©chĂ©ance. Ainsi, faute d’avoir le temps de se retourner, il s’est retrouvĂ© bloquĂ© dans ses locaux de la rue des Italiens, en consĂ©quence de quoi, son bailleur lui a imposĂ© une augmentation de loyer de 32 % ! Autre affaire peu glorieuse : le ministère de l'Environnement a prĂ©vu la construction d'une nouvelle tour Ă  la DĂ©fense pour 700 millions d'euros. Or, la rĂ©vision gĂ©nĂ©rale des politiques publiques va entraĂ®ner une diminution de ses effectifs. Un paradoxe qui n’est malheureusement pas isolĂ©.

Une idĂ©e Ă  appliquer ! Les directeurs d’administration centrale ne sont pas assez moteurs dans ce nĂ©cessaire changement. Leur immobilisme est dĂ», en grande partie, Ă  la manière dont ils sont jugĂ©s et rĂ©munĂ©rĂ©s, sans aucun lien avec leur (bonne ou mauvaise) gestion immobilière. Or, Ă  l’Institut Montaigne, nous pensons que tout l’immobilier de l’Etat devrait ĂŞtre versĂ© dans une foncière cotĂ©e en bourse et gĂ©rĂ©e par des professionnels de l’immobilier. De plus, en attendant, il faudrait au moins s’assurer que chacun se voit proposer les bonnes incitations pour ĂŞtre mobilisĂ© sur ce sujet. Ce changement d’habitude passe par une notation spĂ©cifique et une rĂ©munĂ©ration qui varie vraiment en fonction de la façon dont chacun gère ses immeubles. Une idĂ©e simple, en somme, pour Ă©conomiser beaucoup d’argent public sans nuire Ă  personne.

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