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G8, G20, G170 ?

G8, G20, G170 ?
 François Rachline
Auteur
Directeur général de l'Institut Montaigne de 2009 à 2010

Depuis le début du xxe siècle, l’ensemble des pays de la terre est devenu ce qu’il est convenu d’appeler le monde. Peu à peu, le concept de globalisation a envahi les esprits, au point de se faire passer pour une pensée. L’interdépendance des Etats, des marchés, des entreprises, des institutions et même des individus s’affirme chaque jour d’avantage. La crise actuelle ne devrait pas remettre en cause cette tendance, au contraire : sa diffusion est générale, et quand le riche doit se restreindre, le pauvre finit par mourir.

Dans ce contexte, le G8 fait figure d’archaĂŻsme. Dès sa naissance, en dĂ©pit des dĂ©nĂ©gations rĂ©itĂ©rĂ©es, cette rĂ©union des huit pays les plus avancĂ©s de la planète a ressemblĂ© Ă  une sorte de directoire de l’Ă©conomie mondiale. La montĂ©e de ce qu’on dĂ©signe par le terme de « pays Ă©mergents Â» a rendu caduque ce groupe trop limitĂ©. La crise majeure des annĂ©es 2007/2008 a promu le G20 au rang de nouveau comitĂ© de pilotage du monde. Elle tĂ©moigne, au-delĂ  des pĂ©ripĂ©ties financières, d’un glissement depuis longtemps annoncĂ©, celui du centre du monde vers l’Asie. Il reste cependant 170 pays (171 avec le Vatican, qui vient justement de publier une communication du Pape sur la crise financière) exclus de ce noyau plus ou moins dur qui commande Ă  l’Ă©conomie mondiale. Ceux lĂ  n’ont guère leur mot Ă  dire. Les experts du FMI le savent bien qui doivent rencontrer rĂ©gulièrement les 156 pays membres ne participant jamais aux rĂ©unions dĂ©cisives, pour leur expliquer les orientations prises dans le cadre du G20.

Il serait sans doute utopique de rĂ©clamer un G171, qui serait paralysĂ© au moment d’arrĂŞter des mesures d’urgence, notamment dans le cas d’une crise financière majeure. En revanche, il ne serait pas absurde de crĂ©er une organisation mondiale de la finance (OMF) Ă  l’instar de l’Organisation mondiale du commerce, non pour gĂ©rer la finance mondiale mais pour l’organiser dans les annĂ©es qui viennent. Les fonds souverains, les fonds spĂ©culatifs, la finance islamique, le rĂ´le des banques centrales, la fixation de règles comptables : autant de sujets qui ne peuvent ĂŞtre traitĂ©s seulement dans le cadre d’un G20.

Une mesure transitoire serait de mettre en place un comitĂ© permanent de gestion de la crise, certes issu du G20 mais chargĂ© aussi des relations avec le reste de la communautĂ© internationale. C’Ă©tait une des propositions de l’Institut Montaigne avant la rĂ©union du 2 avril 2009 Ă  Londres. Elle reste d’actualitĂ©.

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