Rechercher un rapport, une publication, un expert...
La plateforme de débats et d’actualités de l’Institut Montaigne
Imprimer
PARTAGER

G20 : le nouveau monde arrive

G20 : le nouveau monde arrive
 François Rachline
Auteur
Directeur général de l'Institut Montaigne de 2009 à 2010

L’ampleur de la crise change la donne. Le G20 redistribue les cartes. Ses décisions permettent de redéfinir les périmètres de responsabilité. D’affirmer que le pouvoir n’entend plus obéir aux injonctions des marchés (régulation repensée). Qu’une restructuration de la finance mondiale est impérative pour que revive l’économie dans son ensemble. Que si l’économique est mondial, le politique ne peut plus être seulement national.

Un marchĂ© (financier ou autre) est une institution qui a pour objet de rĂ©gulariser les Ă©changes : les rendre lĂ©gaux et supprimer l’intermittence. Il n’est ni un don du ciel ni un ordre spontanĂ© des sociĂ©tĂ©s humaines. Qu’il soit archaĂŻque (marchĂ© aux poissons, aux puces, aux timbres, etc.) ou Ă©lectronique (cotations boursières), il est toujours l’expression d’un ensemble de règles, de pratiques, de techniques, de coutumes ou d’usages, inscrits dans une Ă©volution historique. Son organisation suppose des instances qui en assurent tout Ă  la fois le bon fonctionnement et la pĂ©rennitĂ©. En un mot, c’est un enfant du pouvoir.

Tels Victor Frankenstein, le docteur imaginĂ© par Mary Shelley, qui donna vie Ă  un monstre, les grands Etats de la planète ont vu les marchĂ©s (notamment financiers) – leurs progĂ©nitures – se connecter les uns aux autres de plus en plus Ă©troitement durant les trente dernières annĂ©es, sous l’effet des technologies de l’information et de la communication. Au point de conserver du pouvoir, certes, mais de s’incliner devant cette nouvelle puissance en la favorisant (dĂ©rĂ©gulation).

L’ampleur de la crise change la donne. Le G20 redistribue les cartes. Ses dĂ©cisions permettent de redĂ©finir les pĂ©rimètres de responsabilitĂ©. D’affirmer que le pouvoir n’entend plus obĂ©ir aux injonctions des marchĂ©s (rĂ©gulation repensĂ©e). Qu’une restructuration de la finance mondiale est impĂ©rative pour que revive l’Ă©conomie dans son ensemble (nouvelles normes comptables Ă  dĂ©finir). Que le pouvoir n’est pas l’ennemi du marchĂ© mais son premier soutien (crĂ©ation du Conseil pour la stabilitĂ© financière). Que si l’Ă©conomique est mondial, le politique ne peut plus ĂŞtre seulement national (renforcement du FMI). Que finalement le capitalisme mĂ©rite mieux que d’ĂŞtre abandonnĂ© Ă  ses dĂ©mons.

Lire Ă  ce sujet la dernière publication de l'Institut Montaigne : ''Reconstruire la finance pour relancer l'Ă©onomie''.

Recevez chaque semaine l’actualité de l’Institut Montaigne
Je m'abonne