AccueilExpressions par MontaigneFiscalitĂ© de l’épargne : le PEA-PME, outil indispensable mais insuffisantLa plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne RĂ©gulation27/08/2013ImprimerPARTAGERFiscalitĂ© de l’épargne : le PEA-PME, outil indispensable mais insuffisantAuteur Alexia de Monterno Directrice adjointe de l'Institut Montaigne L'Institut Montaigne salue l'annonce d'un PEA-PME tout en soulignant qu'une réforme d'ensemble de la fiscalité visant à réorienter l'épargne des ménages vers les secteurs et emplois qui en ont besoin (investissement en fonds propres dans le non coté, épargne longue, retraites et dépendance) reste à faire.Le ministre de l’Economie et des Finances, Pierre Moscovici, a confirmĂ© en dĂ©but de semaine la crĂ©ation d’un plan d’épargne en actions (PEA) destinĂ© au financement des PME et des ETI (entreprises de taille intermĂ©diaire). Le plafond de ce PEA spĂ©cifique sera fixĂ© Ă 75.000 euros. Le PEA-PME devrait ĂŞtre créé dans le cadre du projet de loi de finances 2014 et devrait bĂ©nĂ©ficier des mĂŞmes avantages fiscaux que le PEA, Ă savoir une exonĂ©ration du produit des titres dĂ©tenus (dividendes et plus-values) après cinq ans de dĂ©tention mĂŞme s’il est soumis Ă prĂ©lèvements sociaux. Le PEA-PME doit permettre d’amĂ©liorer le financement des entreprises de moins d’un milliard d’euros de capitalisation. Seront Ă©ligibles au PEA-PME les actions des PME et ETI, qu’elles soient cotĂ©es ou non, ainsi que des parts de fonds communs de placement, Ă condition qu’ils soient investis Ă 75% en titres Ă©mis par des PME et ETI, a prĂ©cisĂ© Bercy. L’annonce de ce nouvel outil dĂ©diĂ© au financement des entreprises fait suite aux prĂ©conisations du rapport Berger-Lefèvre publiĂ© au mois d’avril dernier [1]. Tout au long de l’annĂ©e 2012 [2], l’Institut Montaigne a de son cĂ´tĂ© fortement plaidĂ© pour la crĂ©ation d’un PEA-PME dĂ©diĂ© au financement des entreprises de taille moyenne et intermĂ©diaire non cotĂ©es. L’annonce de Pierre Moscovici constitue donc une excellente nouvelle en ce qu’elle inflĂ©chit (un peu) une politique fiscale particulièrement peu lisible et mal orientĂ©e en France. La fiscalitĂ© de l’épargne poursuit en effet des objectifs peu lisibles : le premier constat est que toutes les catĂ©gories d’épargne (liquide ou non liquide ; risquĂ©e ou non risque ; de court terme ou de long terme) bĂ©nĂ©ficient d’un avantage fiscal, quels que soient leurs objectifs. Il en rĂ©sulte des incitations contradictoires, dont il est difficile d’évaluer les effets. Le second constat est que d’une manière gĂ©nĂ©rale, l’épargne des Français est orientĂ©e vers des supports sans risque et liquides, l’immobilier et la dette, au dĂ©triment de l’investissement en fonds propres, du financement des PME et du financement des besoins de long terme des mĂ©nages (retraites, dĂ©pendance). Dans un contexte oĂą les Ă©volutions prudentielles (Bâle III et Solvency II) contraignent les acteurs institutionnels Ă se retirer du financement de l’économie, cette caractĂ©ristique de notre politique fiscale est particulièrement dommageable. Il faut donc saluer l’annonce du ministre tout en soulignant deux limites fortes Ă cette dernière :le plafond proposĂ© pour le PEA-PME est bas et le relèvement concomitant du plafond du PEA classique Ă 150 000 euros est Ă©galement assez loin des enjeux du financement des entreprises ;la crĂ©ation d’un nouvel outil ne rĂ©soudra pas Ă elle seule les difficultĂ©s de financement de notre Ă©conomie. Une rĂ©forme d’ensemble de la fiscalitĂ© de l’épargne doit ĂŞtre conduite afin de favoriser l’orientation de l’épargne des mĂ©nages vers les secteurs et emplois qui en ont besoin. Dans l’immĂ©diat, rĂ©tablir le principe d’une fiscalitĂ© spĂ©cifique sur les revenus du capital avec un taux de prĂ©lèvement forfaitaire libĂ©ratoire significativement plus faible que le taux marginal supĂ©rieur de l’IRPP constituerait un signal positif fort envoyĂ© aux dĂ©tenteurs d’actions.Notes[1] Karine Berger, Dominique Lefebvre, Dynamiser l’épargne financière des mĂ©nages pour financer l’investissement et la compĂ©titivitĂ©, Rapport au Premier ministre, avril 2013[2] Une fiscalitĂ© au service de la "social compĂ©titivitĂ©", Rapport, mars 2012 ; Financement des entreprises : propositions pour la prĂ©sidentielle, Rapport, mars 2012 ; Comment concilier rĂ©gulation financière et croissance : 20 propositions, Rapport, novembre 2012ImprimerPARTAGER