AccueilExpressions par MontaigneFigures de style chez les ingĂ©nieursLa plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne Éducation05/07/2011ImprimerPARTAGERFigures de style chez les ingĂ©nieursAuteur Maylis Brandou Directrice adjointe Une dizaine d’universités – parmi lesquelles Aix-Marseille 2, Lille 1, Lyon 1, Montpellier 2, Nancy 1, Poitiers, Toulouse 3, l'UPMC (Université Pierre et Marie Curie) mais aussi l'Université de technologie de Compiègne (UTC) - signera à la mi-juillet une charte officialisant la création du réseau FIGURE (Formation à l'ingénierie par des universités de recherche). Ce réseau d'universités a pour but de développer un modèle complémentaire de formation aux métiers de l'ingénieur passant par une formation diplômante de cinq ans donnant un titre de master en ingénierie (1).L'Agence d'Ă©valuation de la recherche et de l'enseignement supĂ©rieur (AERES) a Ă©tabli dans son rapport paru en dĂ©cembre dernier (2) un rĂ©fĂ©rentiel sur les masters d'ingĂ©nierie dont la charte que signeront les prĂ©sidents des universitĂ©s membres du rĂ©seau Figure s'est largement inspirĂ©e. Cette proposition avait suscitĂ© de nombreuses critiques et levĂ©es de boucliers, notamment de la part des Ă©coles d'ingĂ©nieurs et de la Commission des titres d'ingĂ©nieurs (CTI). En France, la dĂ©livrance du titre d'ingĂ©nieur est strictement contrĂ´lĂ©e par la CTI, un organisme indĂ©pendant, chargĂ© par la loi française depuis 1934 d'habiliter toutes les formations d'ingĂ©nieur. Autre point de blocage : l'inscription des Ă©lèves issus de cette formation universitaire au registre des ingĂ©nieurs. Les universitĂ©s membres du rĂ©seau Figure ne cherchent pourtant pas Ă faire de l'ombre aux Ă©coles d'ingĂ©nieurs mais souhaitent plutĂ´t pousser une dĂ©marche originale consistant Ă donner une nouvelle image de l'ingĂ©nierie, Ă crĂ©er un cursus continu et cohĂ©rent de cinq ans se terminant par un diplĂ´me de Master et offrant une sortie qualifiante au niveau Licence (3), avec une ouverture sur les sciences humaines et sociales et des activitĂ©s d’Ă©tudes de cas. Sur la base des recommandations du rapport Chabbal (4), l'UPMC et le CNRS ont créé en 2009 un CollĂ©gium d'ingĂ©nierie - le CollĂ©gium SorbonneTech - ayant pour vocation de crĂ©er un pĂ´le de recherche en ingĂ©nierie et en traitement de l'information, en collaboration avec certains laboratoires des Arts et MĂ©tiers ParisTech et de l'Ircam (Institut de Recherche et Coordination Acoustique/Musique). Pour Pierre Sagaut, directeur du CollĂ©gium SorbonneTech et directeur-adjoint de l'Institut Jean Le Rond d'Alembert UPMC/CNRS avec ce CollĂ©gium, nous voulons mettre en place au coeur de Paris, une interface entre plusieurs disciplines d'excellence dans les sciences de l'ingĂ©nierie et de l'information. (5). Le ministère de l'Enseignement supĂ©rieur et de la Recherche, d'abord rĂ©servĂ© quant aux conclusions avancĂ©es par l'AERES, semble s'ĂŞtre ralliĂ© Ă l'idĂ©e de formations universitaires pluridisciplinaires : Je soutiens les expĂ©rimentations qui visent Ă mettre en oeuvre un diplĂ´me pluridisciplinaire Ă dominante scientifique, c'est-Ă -dire un diplĂ´me qui comprendrait 50 % de matières scientifiques et 50 % de droit, d'Ă©conomie, de SHS, a ainsi dĂ©clarĂ© ValĂ©rie PĂ©cresse le 22 juin (6). Dans un contexte de crise des vocations pour les carrières scientifiques, oĂą notre système Ă©ducatif produit chaque annĂ©e 150 000 jeunes sans qualification ni diplĂ´me, ainsi qu'une Ă©lite trop faible comparĂ©e aux autres pays de l'OCDE, oĂą un trop grand nombre d'ingĂ©nieurs formĂ©s et diplĂ´mĂ©s en France s'Ă©loignent non seulement du mĂ©tier d'ingĂ©nieur strico sensu mais Ă©galement des mĂ©tiers de l'industrie, les formations aux mĂ©tiers d'ingĂ©nierie doivent Ă©voluer. Le dĂ©bat passionnĂ© qui se profile est le reflet des difficultĂ©s profondes que traversent les cursus d'ingĂ©nieur Ă l'heure actuelle. Notre modèle de formation, hĂ©ritage de plus de deux siècles d'excellence, taillĂ© pour fournir des armĂ©es d'ingĂ©nieur Ă une industrie lourde et de grands projets, apparaĂ®t moins adaptĂ© aux Ă©volutions d'un paysage devenu aussi compĂ©titif que mondialisĂ© et Ă une innovation de plus en plus dĂ©centralisĂ©e et protĂ©iforme. Dans son rapport Adapter la formation de nos ingĂ©nieurs Ă la mondialisation paru en fĂ©vrier 2011, l'Institut Montaigne a formulĂ© une sĂ©rie de propositions pour accompagner cette Ă©volution et pour prĂ©parer les jeunes ingĂ©nieurs français Ă faire face Ă ces nouveaux dĂ©fis. Trois voies doivent ĂŞtre empruntĂ©es pour atteindre ces objectifs : sensibilisation aux pratiques innovantes, renforcement des soft skills et de l'Ă©ducation Ă la technologie, et dĂ©veloppement des synergies entre Ă©coles et cursus. RĂ©fĂ©rences :(1) Projet de Charte du rĂ©seau FIGURE (Pdf)(2) Robert Chabbal, Alain Menand, Formation universitaire au mĂ©tier d'ingĂ©nieur, Etude AERES, Octobre 2010.(3) Projet de Charte du rĂ©seau FIGURE(4) Robert Chabbal, Le devenir de l'ingĂ©nierie, Rapport, Juin 2008(5) CrĂ©ation de Collegium SorbonneTech(6) DĂ©pĂŞche AEF n°151968, Paris, Jeudi 23 juinEn savoir plus :- Adapter la formation de nos ingĂ©nieurs Ă la mondialisationImprimerPARTAGER