AccueilExpressions par MontaigneEnquĂŞte inĂ©dite Ă Marseille et Roubaix : "Passion française", par Gilles KepelLa plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne SociĂ©tĂ© Vie dĂ©mocratique Villes et territoires02/04/2014ImprimerPARTAGEREnquĂŞte inĂ©dite Ă Marseille et Roubaix : "Passion française", par Gilles KepelAuteur Institut Montaigne Abstention record, désaffection des milieux populaires vis-à-vis de la classe politique, défaite du PS à Roubaix et à Tourcoing, communes historiquement à gauche, ainsi que dans les quartiers nord de Marseille? au lendemain des élections municipales, Gilles Kepel, professeur à Sciences Po, publie Passion française. Les voix des cités, en collaboration avec l'Institut Montaigne.Au printemps 2012, plus de quatre cents candidats issus de l’immigration extra-communautaire, principalement nord-africaine, se sont prĂ©sentĂ©s aux Ă©lections lĂ©gislatives dans les circonscriptions populaires. "C’est la première fois que cela se produit depuis cinquante ans, depuis la fin de l’ère coloniale", selon Gilles Kepel. En collaboration avec l’Institut Montaigne, celui-ci a parcouru l’Hexagone entre janvier 2013 et janvier 2014 pour rencontrer une centaine de ces candidats. Pourquoi et comment ont-ils choisi d’entrer en politique afin d’incarner la souverainetĂ© du peuple français ? Avec pour matĂ©riau le Journal de ces voyages et le verbatim de ces entretiens, Passion française saisit un Ă©tat de crise sociale et politique sans prĂ©cĂ©dent, qui voit les polĂ©miques sur l’identitĂ© française et l’Islam, sur l’exclusion et le rejet du "système" battre leur plein, tandis que le Front national prospère, y compris dans certaines "citĂ©s".Gilles Kepel polarise son rĂ©cit sur deux rĂ©gions emblĂ©matiques : Marseille et ses quartiers Nord, Roubaix, la ville la plus pauvre de France, l’une et l’autre hĂ©ritières d’un riche passĂ© industriel. Dans les deux cas, il revient sur la construction du politique dans ces circonscriptions populaires et leur articulation avec le tissu social, la prĂ©gnance des marqueurs de l’Islam, les projections identitaires de ces candidats, ainsi que leurs reprĂ©sentations individuelle et collective de la dĂ©mocratie.Donner la parole aux "banlieues" de la RĂ©publique En 2010, l’Institut Montaigne avait dĂ©jĂ confiĂ© Ă Gilles Kepel, accompagnĂ© d’une Ă©quipe de six chercheurs, la conduite d’une enquĂŞte sans prĂ©cĂ©dent auprès des habitants des quartiers de Clichy-sous-Bois et de Montfermeil en Seine-Saint-Denis, Ă©picentre des Ă©meutes de 2005. Ce travail de terrain a donnĂ© lieu Ă la publication de Banlieue de la RĂ©publique, qui dressait, un an avant les Ă©lections de 2012, un bilan inĂ©dit de la situation de ces quartiers dĂ©favorisĂ©s, concernĂ©s par le plus grand plan de rĂ©novation urbaine jamais lancĂ© en France.DĂ©chiffrer l’engagement politique des candidats issus de l’immigration extracommunautaireEn juin 2012, les candidats aux noms Ă consonance extracommunautaire qui se sont prĂ©sentĂ©s aux Ă©lections lĂ©gislatives ont reprĂ©sentĂ© près de 8 % des 5 000 candidatures enregistrĂ©es pour ce scrutin, un ratio pourtant passĂ© relativement inaperçu dans le dĂ©bat public, les analystes et les mĂ©dias s’étant seulement intĂ©ressĂ©s Ă l’élection Ă l’AssemblĂ©e nationale d’une demi-douzaine de ces candidats issus "de la diversitĂ©".Une mĂ©thodologie inĂ©ditePassion française est le fruit d’une enquĂŞte menĂ©e par Gilles Kepel pour l’Institut Montaigne entre janvier 2013 et janvier 2014. Elle repose sur des entretiens rĂ©alisĂ©s auprès d’un Ă©chantillon de 107 candidats issus et non-issus de l’immigration extra-europĂ©enne, reprĂ©sentant tous les courants politiques, de l’extrĂŞme gauche Ă l’extrĂŞme droite, et ayant rĂ©alisĂ© des scores d'amplitude variable (de ceux qui n’ont recueilli que quelques voix Ă ceux qui ont Ă©tĂ© Ă©lus). Ces candidats ont pour point commun de s’être tous prĂ©sentĂ©s dans des circonscriptions populaires.Ces entretiens ont Ă©tĂ© complĂ©tĂ©s par un travail d’observation et d’immersion Ă travers plus d’une trentaine de dĂ©placements dans toute la France. De nombreuses zones ont fait l’objet d’une attention et d’un investissement particuliers, notamment Marseille et ses quartiers Nord, ainsi que la mĂ©tropole Lille-Roubaix-Tourcoing-Wattrelos. Dans la continuitĂ© de la dĂ©marche entreprise en Seine-Saint-Denis, Passion française reprĂ©sente ainsi le deuxième volet d’une grande Ă©tude nationale. Des tendances qui se confirment aux municipales Passion française revient sur des mouvements sociaux et Ă©lectoraux dont les Ă©lections municipales de 2014 ont rĂ©vĂ©lĂ© l’ancrage profond, tĂ©moignant de phĂ©nomènes se manifestant avec acuitĂ© dans les circonscriptions populaires françaises. Les scores significatifs obtenus par le Front national dès le premier tour des municipales 2014, dĂ©passant le candidat socialiste Ă Marseille et abordant les prochaines Ă©lections europĂ©ennes de mai 2014 dans une position inĂ©dite, ou encore les taux d’abstention records observĂ©s, sont autant d’élĂ©ments examinĂ©s dans le travail d’enquĂŞte de Gilles Kepel menĂ© en collaboration avec l’Institut Montaigne.Cette enquĂŞte porte une ambition, constante depuis la crĂ©ation de l'Institut Montaigne : analyser les phĂ©nomènes Ă l'Ĺ“uvre dans la sociĂ©tĂ© française et y apporter des rĂ©ponses adaptĂ©es en termes de politique publique afin de revitaliser notre dĂ©mocratie et conforter notre "vivre ensemble". Après Banlieue de la RĂ©publique, c'est dans ce sillon, dĂ©sormais profond, que s'inscrit cette nouvelle enquĂŞte.DĂ©couvrez les tĂ©moignages vidĂ©os de Nora Remadnia-Preziosi pour Marseille, de Zina Dahmani pour Tourcoing et de Gilles Kepel, ainsi que des infographies sur les villes de Marseille et de RoubaixImprimerPARTAGER