AccueilExpressions par MontaigneEmploi des jeunes : un devoir de rĂ©sultatsLa plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne Action publique23/11/2015ImprimerPARTAGEREmploi des jeunes : un devoir de rĂ©sultatsAuteur Institut Montaigne Tribune de Laurent Bigorgne, directeur de l'Institut Montaigne et de Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des économistes publiée dans Le Monde, le 23 novembre 2015Les attentats perpétrés vendredi 13?novembre à Paris et à Saint-Denis ont plongé notre pays dans un effroi sans mesure et une tristesse immense. Notre douleur est d'autant plus grande que c'est la jeunesse qui a été visée et frappée par cette violence.Nous avions prĂ©vu de longue date de faire de ce 23  novembre une journĂ©e de dĂ©bats et de rĂ©flexions sur les leviers les plus Ă mĂŞme d’offrir aux jeunes un meilleur sort sur le marchĂ© du travail. Il nous a semblĂ© qu’il fallait revenir Ă l’essentiel, c’est-Ă -dire au statut du travail dans notre sociĂ©tĂ©. C’est la raison pour laquelle les dernières Rencontres Ă©conomiques d’Aix-en-Provence ont Ă©tĂ© consacrĂ©es au travail pensĂ© comme valeur positive, afin d’apporter des solutions concrètes aux 5 millions de personnes qui sont dans une forme ou une autre de chĂ´mage.C’est aussi l’ambition des rapports de l’Institut Montaigne, de Terra Nova, de la Fondation Jean-Jaurès et de Jean-Denis Combrexelle ou encore de l’ouvrage de Robert Badinter et d’Antoine Lyon-Caen, qui ont chacun apportĂ© des propositions pour changer notre façon d’aborder le marchĂ© du travail. D’autres encore, tels que les Économistes atterrĂ©s, ont aussi rĂ©flĂ©chi Ă la question sous des angles diffĂ©rents. En bref, la thĂ©matique est devenue le sujet central du dĂ©bat politique et Ă©conomique de notre pays.MĂŞme si les propositions diffèrent profondĂ©ment dans chacune de ces prises de parole, le constat repose sur les trois piliers suivants : l’inadĂ©quation de notre code du travail avec les rĂ©alitĂ©s des entreprises et des salariĂ©s ; une politique de l’emploi Ă l’efficacitĂ© contestĂ©e comme en tĂ©moigne le taux de chĂ´mage Ă©levĂ© en France, en particulier chez les jeunes ; et un système de formation initiale et continue en dĂ©calage avec les besoins du XXIe siècle. Ce sont les maux dĂ©noncĂ©s et Ă traiter de toute urgence. Lentement, trop lentement, nos dirigeants prennent conscience de l’ampleur des transformations Ă mener. Nous sommes convaincus qu’il faut rompre avec toute forme de conformisme sur ce point.Triste recordNous avons choisi le thème le plus emblĂ©matique, celui de la jeunesse. En effet, plus de 800 000 demandeurs d’emploi, toutes catĂ©gories confondues, ont moins de 25 ans : un record  ! Près de 2 millions de jeunes sont sans diplĂ´me et sans emploi. La question de leur insertion sur le marchĂ© du travail est primordiale. Pour la cohĂ©sion de la sociĂ©tĂ© française, nous avons plus que jamais une obligation de rĂ©sultats.RĂ©sultats dans la lutte contre les inĂ©galitĂ©s scolaires et dans l’enseignement supĂ©rieur, contre le dĂ©crochage, contre les discriminations encore si marquĂ©es, contre les inĂ©galitĂ©s dans l’accès Ă la santĂ©, contre le chĂ´mage de masse… Trop souvent, la RĂ©publique ne tient plus ses promesses Ă©lĂ©mentaires, trop souvent ses responsables sont pris en flagrant dĂ©lit de dĂ©ni, voire de cynisme. Comment accepter que notre Ă©cole soit devenue celle de tous les pays de l’OCDE oĂą les rĂ©sultats des Ă©lèves sont le plus dĂ©pendants de l’origine sociale de leurs parents  ?Il n’y a pourtant aucune fatalitĂ©. Beaucoup de nos voisins font mieux que nous. Faut-il mettre en place un contrat unique ou un contrat progressif assorti de garanties pour le logement  ? La question du coĂ»t du travail se pose, mais Ă quel niveau la situer ? Pourquoi l’apprentissage semble-t-il dĂ©laissé ? Comment amĂ©liorer et amplifier la formation professionnelle  ? Comment Ă©liminer la discrimination Ă l’embauche  ? Peut-on envisager l’introduction d’un «"smic jeunes "  ? Comment mieux prendre en compte les nouvelles formes de travail dans le système social et en termes de reprĂ©sentativitĂ©  ?Notre gĂ©nĂ©ration sera jugĂ©e sur sa capacitĂ© Ă rompre avec la lâche accoutumance qui consiste Ă considĂ©rer comme normale une situation dans laquelle 20 % des Ă©lèves prennent le chemin de l’échec, parfois dès leur plus jeune âge.© ale + aleImprimerPARTAGER