AccueilExpressions par MontaigneEmploi : de nouvelles marges de manoeuvre pour les rĂ©gions ?La plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne Action publique19/01/2016ImprimerPARTAGEREmploi : de nouvelles marges de manoeuvre pour les rĂ©gions ?Auteur Institut Montaigne 500 000 demandeurs d'emploi supplémentaires seront formés en 2016, a annoncé François Hollande devant le Conseil économique, social et environnemental, ce lundi 18 janvier. L'ampleur de ce dispositif, qui portera à 1 million le nombre de formations ouvertes aux demandeurs d'emplois, suppose un engagement considérable des acteurs en charge de cette politique. Premières concernées, les régions auront un rôle déterminant à jouer. Le Président de la République, qui a rappelé l'importance de l'échelon régional, compte très largement sur l'implication des nouveaux exécutifs régionaux et s'est dit prêt à favoriser des expérimentations. De quelles compétences les régions disposent-elles aujourd'hui ? De quelles nouvelles marges de man'uvre pourront-elles bénéficier ? Enfin, en quoi l'expérimentation joue-t-elle un rôle crucial dans ce processus ? Analyse à la lumière du dernier rapport de l'Institut Montaigne : Décentralisation : sortons de la confusion.Politiques de l’emploi et de la formation professionnelle : un Ă©parpillement uniqueAujourd’hui, la rĂ©gion s’impose comme un acteur-clĂ© des politiques d’emploi et de formation : elle assure le financement de la formation professionnelle des demandeurs d’emploi, elle analyse les besoins de qualification de la main-d’œuvre et elle oriente les demandeurs d’emploi, les jeunes et les salariĂ©s. Mais elle n’est pas la seule ! Ă€ ses cĂ´tĂ©s, l’Éducation nationale, PĂ´le emploi, mais aussi le conseil dĂ©partemental, qui finance l’insertion des jeunes, ou encore les partenaires sociaux via le fonds de formation professionnelle. Les doublons, coĂ»ts de coordination et cofinancement sont lĂ©gion et entraĂ®nent, de façon quasi systĂ©matique, l’éparpillement et l’éclatement de ces politiques. Ă€ ceci s’ajoute la faiblesse – si ce n’est l’absence – d’évaluation des politiques publiques de l’emploi. Comment rationaliser ces politiques Ă l’échelle des territoires ?De nouvelles compĂ©tences pour les rĂ©gionsÉtendre les compĂ©tences des nouvelles rĂ©gions pour leur permettre d’innover, d’expĂ©rimenter et de s’impliquer davantage dans la formation et l’apprentissage : c’est la promesse qu’a formulĂ©e le PrĂ©sident de la RĂ©publique. Il s’engage ainsi Ă privilĂ©gier l’échelon rĂ©gional, Ă la fois pour la dĂ©finition des besoins des entreprises en matière de formation, des moyens Ă dĂ©ployer pour y rĂ©pondre mais aussi pour le suivi et l’évaluation des programmes engagĂ©s. Ces annonces rĂ©pondent en partie aux incohĂ©rences qui entravent l’efficience de ces politiques. Mais vont-elles assez loin ? Dans son rapport DĂ©centralisation : sortons de la confusion, l’Institut Montaigne propose de constituer autour de PĂ´le emploi un opĂ©rateur public unique, fortement dĂ©centralisĂ©, et qui intĂ©grerait par fusion les maisons de l’emploi et les missions locales. Il propose Ă©galement de renforcer fortement les capacitĂ©s d’analyse nationale et territoriale de PĂ´le emploi, d’augmenter les moyens de son service Ă©tudes, de mesurer les financements et l’impact de ces politiques. Cela permettrait de rationaliser les politiques de l’emploi, en les rapprochant davantage des besoins des territoires.Les modifications lĂ©gislatives ne sont pas excluesCet Ă©largissement du bloc de compĂ©tences Ă la main des rĂ©gions pourrait induire un changement lĂ©gislatif, prĂ©cise le chef de l’État. Les nouveaux prĂ©sidents de rĂ©gion, Ă©lus en dĂ©cembre dernier, ont en effet formulĂ© de nombreuses propositions dans les domaines de l’emploi et de la formation professionnelle. Pour qu’ils puissent les mettre en Ĺ“uvre, le PrĂ©sident de la RĂ©publique s’est dit prĂŞt à « Ă faciliter toutes les expĂ©rimentations » et mĂŞme à « changer la loi » si cela s’avĂ©rait nĂ©cessaire. En effet, le pouvoir d’expĂ©rimentation des collectivitĂ©s est aujourd’hui triplement limitĂ© : il doit ĂŞtre prĂ©vu par une loi ou un règlement, il est limitĂ© dans le temps et il prend fin Ă l’issue d’une pĂ©riode dĂ©terminĂ©e, sauf gĂ©nĂ©ralisation nationale dĂ©cidĂ©e par le Parlement ou par le Premier ministre. Or, le Chef de l’État n’a, Ă ce jour, pas formulĂ© de propositions concrètes pour Ă©tendre ce pouvoir d’expĂ©rimentation. C’est en modifiant non seulement la loi, mais aussi la Constitution, que l’on pourra renforcer les possibilitĂ©s d’expĂ©rimentation des collectivitĂ©s territoriales : en reconnaissant un droit d’initiative aux collectivitĂ©s en matière d’expĂ©rimentation, en supprimant l’obligation de gĂ©nĂ©ralisation nationale et la limitation relative Ă la durĂ©e des expĂ©rimentations. Rendez-vous en fĂ©vrier, au moment oĂą les modalitĂ©s d’expĂ©rimentation seront fixĂ©es par le Premier ministre, les prĂ©sidents de rĂ©gions, les acteurs sociaux et les prĂ©fets.ImprimerPARTAGER