AccueilExpressions par MontaigneEducation, protection sociale, logement : les trois enjeux clĂ©s de l'après-2012La plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne Éducation SociĂ©tĂ© SantĂ©23/11/2010ImprimerPARTAGEREducation, protection sociale, logement : les trois enjeux clĂ©s de l'après-2012Auteur Institut Montaigne L'Institut Montaigne partage les analyses de Challenges ("Les dossiers-clés de l'après-2012", édition du 18 novembre) sur les trois enjeux de l'après-2012 : éducation, protection sociale et logement. Depuis deux ans, il a produit plusieurs travaux très documentés sur ces grands défis et formulé de nombreuses propositions concrètes.EDUCATION Dans le Rapport Vaincre l’Ă©chec Ă l’Ă©cole primaire (avril 2010), nous formulons 13 propositions articulĂ©es autour de 4 axes :1. Respecter l’organisation de l’Ă©cole en cycles d’apprentissage cohĂ©rentsRĂ©organiser progressivement l’Ă©cole sur la base des cycles et non plus des classesRĂ©duire drastiquement le nombre de redoublementPrendre rĂ©ellement en charge les Ă©lèves en difficultĂ© en s’appuyant sur des expĂ©rimentations qui ont fait leurs preuves (comme le programme PARLER)2. Revenir Ă une annĂ©e scolaire plus ample et moins denseRevenir Ă une semaine de 5 jours de travailRĂ©duire la durĂ©e des congĂ©s estivaux d’au moins deux semaines3. Miser sur la qualitĂ© des enseignantsMettre en œuvre un dispositif incitatif pour les candidats Ă cette professionMettre en place des formations en alternance pour accĂ©der au mĂ©tier d’enseignantAmĂ©liorer la politique salariale pratiquĂ©e en dĂ©but de carrièreMettre en place des dispositifs contraignants pour assurer l’obligation annuelle de formation continue4. Mettre en œuvre une gouvernance efficacePrendre le dĂ©cret d’application pour la crĂ©ation d’Ă©tablissements publics d’enseignement primaire (EPEP) expĂ©rimentauxSĂ©lectionner et former des directeurs d’Ă©coles de qualitĂ© exerçant un rĂ©el pouvoir de pilotage de leur Ă©tablissementRevoir complètement le rĂ´le des Inspecteurs de l’Éducation nationale (IEN)D’ici 2012, crĂ©er des EPEP qui permettent des expĂ©rimentations dans les Ă©coles primaires, et notamment dans les ZEPPROTECTION SOCIALE Le financement de la protection sociale doit ĂŞtre revisitĂ©. L’Institut Montaigne prĂ©conise :1. Une plus grande solidaritĂ© dans le financement de la protection sociale Ă travers l’instauration d’une "CSG santĂ©" assise sur l’ensemble des revenus. La "CSG santĂ©" permettrait de rĂ©duire le poids des prĂ©lèvements sur le travail et de mettre un terme Ă l’inĂ©galitĂ© de contribution entre les retraitĂ©s et les actifs.2. L’instauration de "stabilisateurs automatiques" permettant de couvrir les dĂ©ficits : le dĂ©ficit de l'annĂ©e N doit-ĂŞtre comblĂ© par une augmentation proportionnelle de la CSG pour l'annĂ©e N+1 et non transfĂ©rĂ© – comme c’est le cas aujourd’hui – sur les gĂ©nĂ©rations futures. Ainsi par exemple, le dĂ©ficit actuel de plus de 11 milliards d’euros de l’Assurance maladie serait comblĂ© par une augmentation de la CSG de 1 point (soit 11,1 milliards d’euros).3. Une rĂ©partition claire entre les acteurs de l’assurance maladie, avec une distinction entre la logique "universelle" et la logique "assurantielle" :L’Etat dĂ©finit clairement les dĂ©penses de santĂ© couvertures par l’Assurance maladie universelle. Par opposition, les autres consommations mĂ©dicales (homĂ©opathie, acupuncture, cures, esthĂ©tique…) seraient laissĂ©es Ă la charge des individus ou devraient faire l’objet d’une offre d’assurance "supplĂ©mentaire" (et non plus "complĂ©mentaire").La mise en concurrence des entitĂ©s d’assurance, prĂ©alablement agréées par l’Etat : caisses d’assurance maladie, groupes de prĂ©voyance, mutuelles ou compagnies d’assurance. L’Institut Montaigne propose d’apprĂ©cier la concurrence entre les institutions d’assurance Ă travers une expĂ©rimentation locale qui permettrait de vĂ©rifier si cette concurrence amĂ©liore en effet la qualitĂ© des soins et des services rendus et si elle inflĂ©chit l’Ă©volution des dĂ©penses de l’assurance maladie.La crĂ©ation d’un seuil annuel de couverture santĂ© au-delĂ duquel les soins sont pris en charge Ă 100%. Nous proposons qu’en deçà d’un certain seuil, dĂ©fini en fonction des revenus, la dĂ©pense de santĂ© soit supportĂ©e par l’assurĂ© et son entitĂ© d’assurance. Au-deçà , l’Assurance maladie universelle couvrirait 100% des dĂ©penses.Pour garantir la solidaritĂ©, l’Institut Montaigne propose une "Aide personnalisĂ©e santĂ©" inversement proportionnelle au salaire. Cette aide santĂ© serait payĂ©e par l’État, soit Ă la personne, soit directement Ă l’institution qui l’assure.Pour en savoir plus : - RĂ©inventer l’assurance maladie, Institut Montaigne, mars 2008 - Sauver l’assurance maladie universelle – Pistes de rĂ©flexion et de rĂ©formes pour les prochaines annĂ©es, Institut Montaigne, mai 2010LOGEMENT La question de l’accession Ă la propriĂ©tĂ© est naturellement un enjeu important. Mais ce n’est pas le seul. Le marchĂ© du logement en France est Ă©galement caractĂ©risĂ© par d’autres "blocages" considĂ©rables : les files d’attente pour accĂ©der au parc HLM s’allongent et de nombreux mĂ©nages Ă©prouvent des difficultĂ©s pour s’installer dans le parc privĂ©.L’Institut Montaigne a formulĂ© 15 propositions pour rĂ©pondre Ă ces deux blocages importants et corrĂ©lĂ©s : la faible mobilitĂ© du parc locatif social et l’absence d’une offre locative accessible (en termes de loyers) et suffisamment abondante dans le parc privĂ©.Quelques-unes de nos propositions pour…1. …promouvoir la mobilitĂ© au sein du parc locatif socialRepenser la politique des loyers dans le parc HLM en introduisant le concept de "loyer mutuel", qui serait fonction des revenus des locataires. Il serait sensiblement plus Ă©levĂ© que le loyer HLM "normal" pour les mĂ©nages aux revenus les plus Ă©levĂ©s du parc et plus faible pour les mĂ©nages les plus modestes. Les sommes supplĂ©mentaires ainsi dĂ©gagĂ©es seraient mutualisĂ©es pour aider les mĂ©nages les plus dĂ©munis. Le loyer mutuel pourrait ĂŞtre d’abord simulĂ©, puis expĂ©rimentĂ© avec un bailleur social volontaire.Multiplier les possibilitĂ©s d’Ă©change de logements entre locataires d’un logement social – mĂŞme entre diffĂ©rents ensembles immobiliers et entre diffĂ©rents bailleurs sociaux – et simplifier les procĂ©dures d’Ă©change.Mettre en place une bourse d’Ă©change de logements sociaux sur Internet.2. ...mobiliser le parc locatif privĂ© en faveur des mĂ©nages modestesOrganiser rĂ©gulièrement des campagnes d’information ciblĂ©es Ă destination des propriĂ©taires privĂ©s pour les informer des conventions Ă loyers maĂ®trisĂ©s .Proposer sur tout le territoire un "kit" complet de services (montage des dossiers de convention Ă loyer maĂ®trisĂ©, mobilisation d’une garantie d’impayĂ©s, gestion locative, relogement, etc.), pour les propriĂ©taires privĂ©s qui en ressentent le besoin.DĂ©finir une grille plus fine de loyers maĂ®trisĂ©s afin de mieux prendre en compte la rĂ©alitĂ© des marchĂ©s locaux.Moduler plus fortement la dĂ©duction fiscale spĂ©cifique Ă la fois en fonction de l’effort de modĂ©ration de loyer consenti par le propriĂ©taire et en fonction de l’Ă©tat du marchĂ©.Sur les marchĂ©s les plus tendus, prĂ©voir une exonĂ©ration totale d’imposition aux revenus des logements conventionnĂ©s Ă un loyer "social" et "très social". Sortir les logements conventionnĂ©s Ă un loyer "social" ou "très social" de l’assiette de l’ISF pour la durĂ©e de la convention.Clarifier les règles de sortie des conventions concernant notamment :- la situation du bail Ă la fin de la convention, afin que le bailleur connaisse la durĂ©e rĂ©elle de son engagement. Si, Ă la fin de la convention, le bail est toujours en cours, le bailleur devrait pouvoir continuer Ă bĂ©nĂ©ficier des avantages liĂ©s Ă la convention jusqu’Ă la fin du bail, sans que son engagement soit prolongĂ© au-delĂ de cette pĂ©riode ; - le niveau de loyer qui pourra ĂŞtre pratiquĂ© Ă la sortie du conventionnement. Ă€ la fin de la convention, le bailleur ne bĂ©nĂ©ficie plus des avantages liĂ©s Ă celle-ci. Par consĂ©quent, ne devrait-il pas avoir la possibilitĂ© de revenir assez rapidement Ă un niveau de loyer du marchĂ©, Ă condition de prĂ©venir le locataire avant ? ; - la possibilitĂ© de rĂ©cupĂ©rer rapidement son logement Ă la fin de la convention en dĂ©signant un responsable du relogement du locataire (prĂ©fet/organismes HLM). Si une solution de relogement n’a pas Ă©tĂ© trouvĂ©e Ă la fin de la convention, l’État et/ou les collectivitĂ©s locales s’engageraient Ă payer au bailleur le diffĂ©rentiel entre le loyer conventionnĂ© et le loyer du marchĂ© jusqu’Ă ce que cela soit le cas.Pour en savoir plus : - HLM, parc privĂ© – Deux pistes pour que tous aient un toit, Institut Montaigne, juin 2008Toutes nos propositions sur www.institutmontaigne.orgImprimerPARTAGER