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Education, protection sociale, logement : les trois enjeux clĂ©s de l'après-2012

Education, protection sociale, logement : les trois enjeux clés de l'après-2012
 Institut Montaigne
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Institut Montaigne

L'Institut Montaigne partage les analyses de Challenges ("Les dossiers-clés de l'après-2012", édition du 18 novembre) sur les trois enjeux de l'après-2012 : éducation, protection sociale et logement. Depuis deux ans, il a produit plusieurs travaux très documentés sur ces grands défis et formulé de nombreuses propositions concrètes.

EDUCATION
Dans le Rapport Vaincre l’Ă©chec Ă  l’Ă©cole primaire (avril 2010), nous formulons 13 propositions articulĂ©es autour de 4 axes :

1. Respecter l’organisation de l’Ă©cole en cycles d’apprentissage cohĂ©rents

  • RĂ©organiser progressivement l’Ă©cole sur la base des cycles et non plus des classes
  • RĂ©duire drastiquement le nombre de redoublement
  • Prendre rĂ©ellement en charge les Ă©lèves en difficultĂ© en s’appuyant sur des expĂ©rimentations qui ont fait leurs preuves (comme le programme PARLER)

2. Revenir à une année scolaire plus ample et moins dense

  • Revenir Ă  une semaine de 5 jours de travail
  • RĂ©duire la durĂ©e des congĂ©s estivaux d’au moins deux semaines

3. Miser sur la qualité des enseignants

  • Mettre en œuvre un dispositif incitatif pour les candidats Ă  cette profession
  • Mettre en place des formations en alternance pour accĂ©der au mĂ©tier d’enseignant
  • AmĂ©liorer la politique salariale pratiquĂ©e en dĂ©but de carrière
  • Mettre en place des dispositifs contraignants pour assurer l’obligation annuelle de formation continue

4. Mettre en œuvre une gouvernance efficace

  • Prendre le dĂ©cret d’application pour la crĂ©ation d’Ă©tablissements publics d’enseignement primaire (EPEP) expĂ©rimentaux
  • SĂ©lectionner et former des directeurs d’Ă©coles de qualitĂ© exerçant un rĂ©el pouvoir de pilotage de leur Ă©tablissement
  • Revoir complètement le rĂ´le des Inspecteurs de l’Éducation nationale (IEN)
  • D’ici 2012, crĂ©er des EPEP qui permettent des expĂ©rimentations dans les Ă©coles primaires, et notamment dans les ZEP

PROTECTION SOCIALE
Le financement de la protection sociale doit ĂŞtre revisitĂ©. L’Institut Montaigne prĂ©conise :

1. Une plus grande solidaritĂ© dans le financement de la protection sociale Ă  travers l’instauration d’une "CSG santĂ©" assise sur l’ensemble des revenus. La "CSG santĂ©" permettrait de rĂ©duire le poids des prĂ©lèvements sur le travail et de mettre un terme Ă  l’inĂ©galitĂ© de contribution entre les retraitĂ©s et les actifs.

2. L’instauration de "stabilisateurs automatiques" permettant de couvrir les dĂ©ficits : le dĂ©ficit de l'annĂ©e N doit-ĂŞtre comblĂ© par une augmentation proportionnelle de la CSG pour l'annĂ©e N+1 et non transfĂ©rĂ© – comme c’est le cas aujourd’hui – sur les gĂ©nĂ©rations futures. Ainsi par exemple, le dĂ©ficit actuel de plus de 11 milliards d’euros de l’Assurance maladie serait comblĂ© par une augmentation de la CSG de 1 point (soit 11,1 milliards d’euros).

3. Une rĂ©partition claire entre les acteurs de l’assurance maladie, avec une distinction entre la logique "universelle" et la logique "assurantielle" :

  • L’Etat dĂ©finit clairement les dĂ©penses de santĂ© couvertures par l’Assurance maladie universelle. Par opposition, les autres consommations mĂ©dicales (homĂ©opathie, acupuncture, cures, esthĂ©tique…) seraient laissĂ©es Ă  la charge des individus ou devraient faire l’objet d’une offre d’assurance "supplĂ©mentaire" (et non plus "complĂ©mentaire").
  • La mise en concurrence des entitĂ©s d’assurance, prĂ©alablement agréées par l’Etat : caisses d’assurance maladie, groupes de prĂ©voyance, mutuelles ou compagnies d’assurance. L’Institut Montaigne propose d’apprĂ©cier la concurrence entre les institutions d’assurance Ă  travers une expĂ©rimentation locale qui permettrait de vĂ©rifier si cette concurrence amĂ©liore en effet la qualitĂ© des soins et des services rendus et si elle inflĂ©chit l’Ă©volution des dĂ©penses de l’assurance maladie.
  • La crĂ©ation d’un seuil annuel de couverture santĂ© au-delĂ  duquel les soins sont pris en charge Ă  100%. Nous proposons qu’en deçà d’un certain seuil, dĂ©fini en fonction des revenus, la dĂ©pense de santĂ© soit supportĂ©e par l’assurĂ© et son entitĂ© d’assurance. Au-deçà, l’Assurance maladie universelle couvrirait 100% des dĂ©penses.
  • Pour garantir la solidaritĂ©, l’Institut Montaigne propose une "Aide personnalisĂ©e santĂ©" inversement proportionnelle au salaire. Cette aide santĂ© serait payĂ©e par l’État, soit Ă  la personne, soit directement Ă  l’institution qui l’assure.

Pour en savoir plus :
- RĂ©inventer l’assurance maladie, Institut Montaigne, mars 2008
- Sauver l’assurance maladie universelle – Pistes de rĂ©flexion et de rĂ©formes pour les prochaines annĂ©es, Institut Montaigne, mai 2010


LOGEMENT
La question de l’accession Ă  la propriĂ©tĂ© est naturellement un enjeu important. Mais ce n’est pas le seul. Le marchĂ© du logement en France est Ă©galement caractĂ©risĂ© par d’autres "blocages" considĂ©rables : les files d’attente pour accĂ©der au parc HLM s’allongent et de nombreux mĂ©nages Ă©prouvent des difficultĂ©s pour s’installer dans le parc privĂ©.

L’Institut Montaigne a formulĂ© 15 propositions pour rĂ©pondre Ă  ces deux blocages importants et corrĂ©lĂ©s : la faible mobilitĂ© du parc locatif social et l’absence d’une offre locative accessible (en termes de loyers) et suffisamment abondante dans le parc privĂ©.

Quelques-unes de nos propositions pour…

1. …promouvoir la mobilitĂ© au sein du parc locatif social

  • Repenser la politique des loyers dans le parc HLM en introduisant le concept de "loyer mutuel", qui serait fonction des revenus des locataires. Il serait sensiblement plus Ă©levĂ© que le loyer HLM "normal" pour les mĂ©nages aux revenus les plus Ă©levĂ©s du parc et plus faible pour les mĂ©nages les plus modestes. Les sommes supplĂ©mentaires ainsi dĂ©gagĂ©es seraient mutualisĂ©es pour aider les mĂ©nages les plus dĂ©munis. Le loyer mutuel pourrait ĂŞtre d’abord simulĂ©, puis expĂ©rimentĂ© avec un bailleur social volontaire.
  • Multiplier les possibilitĂ©s d’Ă©change de logements entre locataires d’un logement social – mĂŞme entre diffĂ©rents ensembles immobiliers et entre diffĂ©rents bailleurs sociaux – et simplifier les procĂ©dures d’Ă©change.
  • Mettre en place une bourse d’Ă©change de logements sociaux sur Internet.

2. ...mobiliser le parc locatif privé en faveur des ménages modestes

  • Organiser rĂ©gulièrement des campagnes d’information ciblĂ©es Ă  destination des propriĂ©taires privĂ©s pour les informer des conventions Ă  loyers maĂ®trisĂ©s .
  • Proposer sur tout le territoire un "kit" complet de services (montage des dossiers de convention Ă  loyer maĂ®trisĂ©, mobilisation d’une garantie d’impayĂ©s, gestion locative, relogement, etc.), pour les propriĂ©taires privĂ©s qui en ressentent le besoin.
  • DĂ©finir une grille plus fine de loyers maĂ®trisĂ©s afin de mieux prendre en compte la rĂ©alitĂ© des marchĂ©s locaux.
  • Moduler plus fortement la dĂ©duction fiscale spĂ©cifique Ă  la fois en fonction de l’effort de modĂ©ration de loyer consenti par le propriĂ©taire et en fonction de l’Ă©tat du marchĂ©.

Sur les marchĂ©s les plus tendus, prĂ©voir une exonĂ©ration totale d’imposition aux revenus des logements conventionnĂ©s Ă  un loyer "social" et "très social". Sortir les logements conventionnĂ©s Ă  un loyer "social" ou "très social" de l’assiette de l’ISF pour la durĂ©e de la convention.

  • Clarifier les règles de sortie des conventions concernant notamment :

- la situation du bail Ă  la fin de la convention, afin que le bailleur connaisse la durĂ©e rĂ©elle de son engagement. Si, Ă  la fin de la convention, le bail est toujours en cours, le bailleur devrait pouvoir continuer Ă  bĂ©nĂ©ficier des avantages liĂ©s Ă  la convention jusqu’Ă  la fin du bail, sans que son engagement soit prolongĂ© au-delĂ  de cette pĂ©riode ;
- le niveau de loyer qui pourra ĂŞtre pratiquĂ© Ă  la sortie du conventionnement. Ă€ la fin de la convention, le bailleur ne bĂ©nĂ©ficie plus des avantages liĂ©s Ă  celle-ci. Par consĂ©quent, ne devrait-il pas avoir la possibilitĂ© de revenir assez rapidement Ă  un niveau de loyer du marchĂ©, Ă  condition de prĂ©venir le locataire avant ? ;
- la possibilitĂ© de rĂ©cupĂ©rer rapidement son logement Ă  la fin de la convention en dĂ©signant un responsable du relogement du locataire (prĂ©fet/organismes HLM). Si une solution de relogement n’a pas Ă©tĂ© trouvĂ©e Ă  la fin de la convention, l’État et/ou les collectivitĂ©s locales s’engageraient Ă  payer au bailleur le diffĂ©rentiel entre le loyer conventionnĂ© et le loyer du marchĂ© jusqu’Ă  ce que cela soit le cas.

Pour en savoir plus :
- HLM, parc privĂ© – Deux pistes pour que tous aient un toit, Institut Montaigne, juin 2008

Toutes nos propositions sur www.institutmontaigne.org

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