AccueilExpressions par Montaignee-gouvernement : oĂą en est-on ?La plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne CohĂ©sion sociale Technologies01/10/2014ImprimerPARTAGERe-gouvernement : oĂą en est-on ?Auteur Institut Montaigne La France dispose d'excellentes fondations sur lesquelles construire sa stratégie numérique. En effet, comme le rappelle le rapport du SGMAP dans un récent rapport(1), la France a été désignée par l'Organisation des Nations Unies comme "la nation la plus avancée en Europe et quatrième dans le monde pour l'administration numérique, (qui) s'inscrit comme un acteur incontournable dans le domaine". Où en est-on réellement et quelles sont les pistes pour faire du numérique un vecteur de compétitivité et de performance ? Thierry Mandon, secrĂ©taire d’État chargĂ© de la RĂ©forme de l’État et de la Simplification a annoncĂ©, jeudi 17 septembre 2014, la stratĂ©gie de transformation numĂ©rique de l’État. Le gouvernement dĂ©clare vouloir "investir dans la qualitĂ© des infrastructures de son système d’information" et procĂ©der Ă une "ouverture des donnĂ©es" publiques censĂ©e permettre notamment de renforcer le lien entre l’État et la sociĂ©tĂ© civile. Un baromètre sera Ă©galement mis en place pour mesurer l’usage et l’impact de ces outils.La France a progressĂ© dans le classement de l’ONU en matière d’e-government (le United Nations e-Government Survey 2014) de la septième place en 2003 Ă la quatrième place en 2014(2). En outre, la rĂ©cente crĂ©ation d’un poste de Chief Data Officer (ou administrateur gĂ©nĂ©ral des donnĂ©es) en charge de la gestion des donnĂ©es de l’État, Ă l’instar de ce qui se pratique dans les pays anglo-saxons, tĂ©moigne d’une volontĂ© de continuer dans cette direction.Toutefois, une action publique coordonnĂ©e se fait attendre, alors qu’elle pourrait dĂ©gager des Ă©conomies consĂ©quentes. Ainsi le Royaume-Uni estime que la digitalisation des services publics dĂ©livrĂ©s par les dĂ©partements du gouvernement central permettrait l’économie de 1,7 Ă 1,8 milliard de livres par an (environ 2 milliards d’euros)(3).Face Ă l’enjeu que reprĂ©sentent le numĂ©rique et les Ă©conomies que l’on peut en tirer, la stratĂ©gie du SGMAP propose deux principaux leviers d’action : - la modernisation de la qualitĂ© des infrastructures (crĂ©ation d’un système d’information unique de l’État, d’un rĂ©seau interministĂ©riel de l’État et d’une plateforme de l’État) ;- l’ouverture des donnĂ©es publiques (mise en place d’un administrateur gĂ©nĂ©ral des donnĂ©es en France et soutien de l’État au projet de base d’adresse nationales ouvertes dite "BANO").En permettant plus de transparence et la comparaison des donnĂ©es et des rĂ©sultats entre elles, l’open data est un levier fort d’évaluation des politiques publiques, d’amĂ©lioration de la qualitĂ© des services publics et de confiance. En ce sens, les orientations adoptĂ©es par le gouvernement reprĂ©sentent une avancĂ©e majeure pour faire de la France un grand pays numĂ©rique.Cette stratĂ©gie s’inscrit directement dans la continuitĂ© des recommandations de l’étude Pour un New Deal numĂ©rique de l’Institut Montaigne qui rappelait l’importance du numĂ©rique "pour faire Ă©voluer la relation des citoyens avec l’État, par le biais de processus collaboratifs et d’une transparence accrue, et pour augmenter la productivitĂ© de la gestion publique". Cette Ă©tude dĂ©taillait d’autres outils mobilisables pour moderniser la sphère publique, en particulier la formation des fonctionnaires. En effet, seuls 17 % d’entre eux considèrent qu’Internet sera un canal d’interaction privilĂ©giĂ© avec les citoyens d’ici 2016, en comparaison des Ă©changes postaux et des interactions en face-Ă -face. Pour rĂ©pondre Ă cet enjeu, l’Institut Montaigne a formulĂ© deux propositions :- inclure une formation obligatoire aux technologies, infrastructures et usages du numĂ©rique dans le cursus des Ă©coles de formation des cadres supĂ©rieurs et dirigeants de l’action publique : ENA, INET, IRA, EHESP, EN3S, etc. ;- faire des enjeux des technologies infrastructures et usages du numĂ©rique une des prioritĂ©s de la formation des Ă©lus locaux dans le cadre du droit Ă la formation des Ă©lus locaux prĂ©vu par le Code GĂ©nĂ©ral des CollectivitĂ©s Territoriales (CGCT).Par Ian Cugnière pour l'Institut Montaigne(1) SecrĂ©tariat gĂ©nĂ©ral Ă la Modernisation de l’action publique, Le numĂ©rique, levier stratĂ©gique de l’État, septembre 2014.(2) "E-gouvernement : la France s’engage Ă 100% de services en ligne dans un an", L’Usine Nouvelle, 17 septembre 2014.(3) Cabinet Office, Digital efficiency report, novembre 2012.ImprimerPARTAGER