AccueilExpressions par MontaigneDonnĂ©es de santĂ© : un pas en avant de la CNIL ?La plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne Technologies03/06/2014ImprimerPARTAGERDonnĂ©es de santĂ© : un pas en avant de la CNIL ?Auteur Lucile Romanello ChargĂ©e d'Ă©tudes Le NIR ou "numéro de Sécurité sociale" pourrait enfin être utilisé pour faciliter le lien entre les secteurs médical et social. C'est ce que la CNIL a mis en avant dans son dernier rapport d'activité. Jusqu'alors réticente au croisement des différentes données de santé, la CNIL semble aller dans le sens d'une plus grande ouverture. Grand pas en avant ou petite avancée ?Un changement de position de la CNIL…Dans son rapport d’activitĂ© pour 2013 rendu public le 19 mai dernier, la Commission nationale de l’informatique et des libertĂ©s (CNIL) s’est montrĂ©e ouverte Ă l’utilisation du numĂ©ro de SĂ©curitĂ© sociale, le NIR, pour permettre l’agrĂ©gation et l’appariement des donnĂ©es de santĂ©.Cette dĂ©cision constitue une rupture importante dans le positionnement de la CNIL qui a, jusqu’alors, toujours interdit l’utilisation du NIR en ce qui concerne les donnĂ©es mĂ©dicales, arguant des possibles dĂ©rives et abus. L’utilisation du NIR resterait cependant limitĂ©e Ă la sphère mĂ©dico-sociale. La CNIL prĂ©cise que cette utilisation devra s’accompagner de la mise en place de mesures permettant de renforcer l’étanchĂ©itĂ© vis-Ă -vis des autres secteurs.Faciliter le rapprochement des secteurs mĂ©dical et socialSi la CNIL met notamment en avant un renforcement de la sĂ©curitĂ© informatique pour justifier son changement de position, l’utilisation du numĂ©ro de SĂ©curitĂ© sociale aurait surtout pour objectif de faciliter le rapprochement des secteurs mĂ©dical et social. L’échange et le partage de donnĂ©es mĂ©dicales permettraient une plus grande coordination des soins et une meilleure prise en charge des patients par l’appariement des donnĂ©es administratives avec celles produites au quotidien par le personnel mĂ©dical.L’utilisation du NIR permettrait notamment de croiser les donnĂ©es contenues dans la base Sniiram de l’Assurance maladie avec d’autres donnĂ©es. Actuellement très difficile d’accès, le Sniiram contient l’ensemble des actes mĂ©dicaux, des prestations de santĂ© et des pathologies au niveau individuel. Cet Ă©change de donnĂ©es ne sera possible que s’il existe un identifiant unique et fiable. L’utilisation du NIR apparait alors comme la solution la plus simple puisque chaque individu dispose d’un numĂ©ro de SĂ©curitĂ© sociale.Vers l’émergence d’un DMP enfin opĂ©rationnel ?Cette annonce de la CNIL rejoint les propositions formulĂ©es par l’Institut Montaigne depuis plusieurs annĂ©es. Elle relance la question de la crĂ©ation d’un dossier mĂ©dical personnel (DMP), idĂ©e soutenue par l’Institut Montaigne(1). Le DMP constituerait un outil au service d’une meilleure coordination des soins en facilitant considĂ©rablement l’échange d’informations entre les professionnels de santĂ©.Plus gĂ©nĂ©ralement, l’Institut Montaigne s’est toujours montrĂ© favorable Ă une plus large ouverture de l’accès aux donnĂ©es de santĂ©(2). Dans son rapport Accès aux soins : en finir avec la fracture territoriale, il dĂ©fend une logique d’open data qui permettrait aux citoyens mais aussi aux entreprises d’avoir accès et d’utiliser les donnĂ©es de santĂ©.Si la CNIL a quelque peu fait Ă©voluer sa position sur l’utilisation du NIR pour faciliter l’agrĂ©gation de donnĂ©es de santĂ©, elle prĂ©cise cependant que cette utilisation sera limitĂ©e au monde mĂ©dico-social, fermant la porte Ă toute utilisation Ă des fins autres que mĂ©dicales.(1) Barbara Ngouyombo, RĂ©ussir le DMP, Note de l’Institut Montaigne, novembre 2010. Institut Montaigne, ConfĂ©rence de citoyens, avis, dĂ©cembre 2012. Institut Montaigne, Accès aux soins : en finir avec la fracture territoriale, rapport, mai 2013.(2) Institut Montaigne, Pour un "New Deal" numĂ©rique, Ă©tude, fĂ©vrier 2013.ImprimerPARTAGER