AccueilExpressions par MontaigneDialogue environnemental : parlons peu, mais parlons bienLa plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne06/04/2016ImprimerPARTAGERDialogue environnemental : parlons peu, mais parlons bienAuteur Marc-Antoine Authier Ancien chargĂ© d'Ă©tudes - Energie, DĂ©veloppement durable Ă l'Institut Montaigne Y a-t-il un avenir pour le dialogue environnemental en France ? En plein débat sur la consultation locale autour du chantier de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, deux projets d'ordonnance visent à amplifier les possibilités de « consultations locales sur des projets relevant de la compétence de l'État et d'intérêt local ». Ils portent respectivement sur la « démocratisation du dialogue environnemental » et sur « l'évaluation environnementale des projets, des plans et programmes ». Après avoir été présentés par la Ministre de l'Environnement courant février, ils devaient être prochainement adoptés en Conseil des ministres.Cependant, le Conseil national pour la transition Ă©cologique (CNTE) a rendu, le 24 mars dernier, un avis dĂ©favorable Ă l’un de ces deux projets d’ordonnance. Celui-ci, relatif à « la consultation locale sur un projet relevant de la compĂ©tence de l’État ayant une incidence sur l’environnement », « n’est pas satisfaisant en l’état et nĂ©cessite des travaux complĂ©mentaires ». Le calendrier du projet est donc retardĂ©, et avec lui la transcription du « principe de participation ». Ce principe offre Ă la sociĂ©tĂ© civile la possibilitĂ© de faire entendre sa voix et d’influer sur le contenu de la dĂ©cision Ă venir. En France, ce principe a pourtant Ă©tĂ© introduit par la loi du 2 fĂ©vrier 1995 et se retrouve aussi Ă l’article 7 de la Charte de l’environnement, qui a valeur constitutionnelle depuis 2005.Ne pas opposer participation civile et efficacitĂ© opĂ©rationnelleLa rĂ©cente Ă©tude de l’Institut Montaigne ''Climat & entreprises : de la mobilisation Ă l’action'' encourage le recours aux consultations locales pour tous les projets d’adaptation touchant aux territoires et aux infrastructures. L’État et les collectivitĂ©s ont en effet l’opportunitĂ© de jeter un pont entre les attentes de la sociĂ©tĂ© civile et les projets des entreprises, en crĂ©ant les conditions de consultations constructives et en veillant Ă ce que les transformations Ă venir mĂ©nagent la situation des « perdants » de la transition environnementale.Au demeurant, cette concertation des parties prenantes, dès l’élaboration des projets Ă impact environnemental, ne doit pas se faire au dĂ©triment de l’efficacitĂ© opĂ©rationnelle pour – au moins – deux raisons : d’une part, ne pas dĂ©courager, par manque de visibilitĂ©, les entreprises qui mobilisent des ressources pour mener Ă bien ces projets ; d’autre part, faire primer l’urgence d’adapter nos modèles Ă©nergĂ©tiques sur la dĂ©fense des intĂ©rĂŞts particuliers. D’oĂą la nĂ©cessitĂ© de s’assurer que les procĂ©dures de concertation s’effectuent dans un cadre offrant de la lisibilitĂ© aux parties prenantes pour Ă©viter des nĂ©gociations extensives.Donner la prioritĂ© Ă la lutte contre le rĂ©chauffement climatiqueL’accord de Paris du 12 dĂ©cembre 2015 a entĂ©rinĂ© l’existence d’un consensus mondial sur la nĂ©cessitĂ© de lutter contre le rĂ©chauffement climatique. Cette mobilisation internationale appelle dĂ©sormais une action nationale et locale efficace. Dans le domaine des projets d’infrastructures, nous proposons ainsi d’instaurer une « prioritĂ© rĂ©glementaire » pour favoriser l’intĂ©gration des considĂ©rations environnementales dans l’évaluation de ces projets. Ce dispositif permettrait d’éviter l’inflation rĂ©glementaire qui menace l’efficacitĂ© de leur mise en Ĺ“uvre opĂ©rationnelle.Cependant, puisque la rĂ©alisation de ce type de projets ne peut ĂŞtre dĂ©connectĂ©e des considĂ©rations Ă©conomiques des acteurs qui les entreprennent, nous proposons Ă©galement d’instaurer un indicateur de retour sur investissement « climat », mesurant pour chaque euro investi le gain rĂ©alisĂ© en termes de rĂ©ductions d’émissions de gaz Ă effet de serre. En concertation avec les parties prenantes et en toute transparence, la transition Ă©nergĂ©tique doit ĂŞtre menĂ©e dans une double prĂ©occupation d’efficacitĂ© et d’efficience.ImprimerPARTAGER