AccueilExpressions par MontaigneDernière Note - Une nouvelle ambition pour l’apprentissage : 10 propositions concrètesLa plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne Éducation30/01/2014ImprimerPARTAGERDernière Note - Une nouvelle ambition pour l’apprentissage : 10 propositions concrètesAuteur Institut Montaigne Après trois années de hausse, les entrées en apprentissage ont reculé de 8,1% en 2013, selon les données provisoires rendues publiques hier par la DARES.Si le nombre de jeunes en alternance a triplé en France depuis le milieu des années 1980, seuls 7 % des jeunes français de 16-25 ans sont en alternance contre 17 % en Allemagne. L'insertion durable des jeunes peu qualifiés sur le marché du travail reste extrêmement difficile en France et de nombreuses études ont montré que l'alternance permet à la fois d'élever le niveau de qualification des moins qualifiés et leurs perspectives d'embauche. Le développement de l'alternance devrait ainsi constituer une priorité parmi les politiques publiques de l'emploi.MalgrĂ© une hausse constante des moyens dĂ©diĂ©s Ă l’apprentissage depuis 2004, avec un effort en faveur de l’apprentissage qui a augmentĂ© de 56 % de 2004 Ă 2010, les entrĂ©es en apprentissage n’ont augmentĂ© que de 16 % au cours de la mĂŞme pĂ©riode. En outre, cette progression n’est due qu’à l’essor de l’apprentissage dans l’enseignement supĂ©rieur tandis que le nombre d’entrĂ©es en apprentissage des Ă©lèves de niveau infĂ©rieur ou Ă©gal au CAP diminuait de 6 %. Plus du quart des apprentis sont aujourd’hui des Ă©tudiants du supĂ©rieur, alors que cette proportion est presque nulle en Allemagne.Propositions :Une relance de l’apprentissage nĂ©cessite sans doute de dĂ©gager des moyens supplĂ©mentaires (construction et rĂ©novation de CFA…), mais elle exige surtout et au prĂ©alable une vĂ©ritable politique de valorisation de l’apprentissage d’une part, et un très gros effort de rationalisation pour rendre le système globalement plus efficace, d’autre part. C’est vers cet objectif que tendent la plupart des propositions.I. Rationaliser, mieux cibler et simplifier drastiquement le système d’aide aux entreprises embauchant des apprentis.Proposition 1 : L’ensemble des aides Ă l’apprentissage (prime apprentissage, crĂ©dit d’impĂ´t apprentissage et bonus pour dĂ©passement du quota d’alternants) devraient ĂŞtre, Ă coĂ»t constant, unifiĂ©es au sein d’un crĂ©dit d’impĂ´t de soutien au dĂ©veloppement de l’apprentissage sur l’impĂ´t sur le revenu ou l’impĂ´t sur les sociĂ©tĂ©s. Ses règles de calcul devraient en ĂŞtre par ailleurs simplifiĂ©es et rendues plus comprĂ©hensibles. Ce crĂ©dit d’impĂ´t serait majorĂ© pour les TPE/PME (jusqu’à un seuil Ă dĂ©battre, mais qui devrait ĂŞtre très supĂ©rieur Ă celui de 11 salariĂ©s au-dessus duquel la suppression des primes apprentissage a Ă©tĂ© rĂ©cemment dĂ©cidĂ©e) et pour l’embauche de jeunes de niveau infĂ©rieur au baccalaurĂ©at. En outre, afin de faciliter la gestion de trĂ©sorerie des entreprises, il devrait ĂŞtre versĂ© dès l’annĂ©e d’embauche du jeune, une rĂ©gularisation Ă©ventuelle intervenant l’annĂ©e suivante.Proposition 2 : Ă©tendre le système de bonus-malus aux entreprises de 50 Ă 250 salariĂ©s. Pour ces entreprises, le mode de calcul devrait ĂŞtre simplifiĂ© (quota calculĂ© en nombre d’apprentis plutĂ´t qu’en proportion des effectifs). Porter le niveau du bonus au-delĂ de 400 euros de manière Ă ce que le système soit financièrement Ă©quilibrĂ©.II. RĂ©former le circuit de la taxe d’apprentissage et piloter son affectation en rĂ©gionProposition 3 : rĂ©duire drastiquement le nombre de collecteurs de la taxe d’apprentissage (un par rĂ©gion et quelques collecteurs nationaux pour des grandes branches professionnelles), via l’introduction d’un seuil et de contraintes de gestion et de transparence minimales. Ces organismes collecteraient par ailleurs les trois contributions qui pèsent aujourd’hui sur les entreprises : taxe d’apprentissage, mais aussi contribution au dĂ©veloppement de l’apprentissage et contribution supplĂ©mentaire Ă l’apprentissage. L’actuel projet de loi du gouvernement sur la formation professionnelle va clairement dans ce sens puisqu’il prĂ©voit de ramener le nombre de collecteurs Ă un par rĂ©gion, auxquels s’ajouteraient, au niveau national, la vingtaine d’OPCA de branche ou interbranches.Proposition 4 : poursuivre la hausse de la part de la taxe d’apprentissage affectĂ©e Ă l’apprentissage (aujourd’hui de 53 %) via un gel maintenu sur la durĂ©e de la partie rĂ©servĂ©e au hors quota initiĂ© en 2011.Enfin, un pilotage de l’affectation de la taxe d’apprentissage (la part dite "fonds libres", c’est-Ă -dire non prĂ©-affectĂ©e par les entreprises, soit 344 millions d’euros en 2011) en rĂ©gion devrait ĂŞtre instituĂ©.Proposition 5 : soumettre les propositions d’affectation par les OCTA des fonds libres de la taxe d’apprentissage Ă la dĂ©cision des instances de coordination rĂ©gionales (comitĂ© consultatif rĂ©gional de l’emploi et de la formation professionnelle) afin de veiller Ă ce que cette affectation soit bien cohĂ©rente avec l’ensemble des actions conduites dans la rĂ©gion en la matière.III. AmĂ©liorer et faciliter les conditions d’accès des jeunes Ă l’apprentissageProposition 6 : CrĂ©er dans chaque rĂ©gion un dispositif de stage de prĂ©-apprentissage obĂ©issant Ă un cahier des charges national. Ce dispositif serait confiĂ© Ă des organismes de formation et/ou de placement et aux Écoles de la deuxième chance. Il consisterait en des actions de remise Ă niveau, de coaching afin de prĂ©parer les jeunes les plus en difficultĂ© (les "dĂ©crocheurs" de l’Éducation nationale notamment). La volumĂ©trie de ces stages, le ciblage des publics et les conditions d’accès seraient dĂ©terminĂ©s au niveau rĂ©gional.Proposition 7 : Moduler les dotations de l’Etat aux missions locales en fonction du nombre de sorties de jeunes en contrat d’apprentissage ou en contrat de professionnalisation. Cette modulation devrait Ă©videmment tenir compte du contexte rĂ©gional de plus ou moins grand dĂ©veloppement de l’alternance. En ce qui concerne PĂ´le emploi, une action spĂ©cifique de dĂ©marchage des entreprises qui n’ont aucun apprenti (et plus gĂ©nĂ©ralement aucun jeune en alternance) et visant Ă susciter ce type d’offres d’emploi pourrait ĂŞtre envisagĂ©e. Proposition 8 : impliquer davantage les branches professionnelles dans l’élaboration des rĂ©fĂ©rentiels mĂ©tiers et veiller Ă ce que la part rĂ©servĂ©e Ă l’enseignement gĂ©nĂ©ral soit adaptĂ©e aux jeunes concernĂ©s.IV. Mettre en place une vĂ©ritable politique nationale de l’apprentissageProposition 9 : PĂ©renniser en le rĂ©novant le système des conventions d’objectifs et de moyen (COM) entre l’Etat et les rĂ©gions, mais en y associant les organismes consulaires et en modulant vĂ©ritablement les subventions de l’Etat aux rĂ©gions en fonction des rĂ©sultats obtenus. Un accent particulier devrait ĂŞtre mis sur le suivi des places vacantes, des actions correctrices devant systĂ©matiquement ĂŞtre mises en place dans le cas oĂą des CFA ne parviendraient pas, de manière structurelle, Ă remplir leurs places. Les financements dĂ©gagĂ©s par les conseils rĂ©gionaux ne devraient en aucun cas se substituer aux actions qu’ils financent dĂ©jĂ par ailleurs. Ces documents devraient se concentrer sur les jeunes de niveau infĂ©rieur au baccalaurĂ©at. Ils devraient enfin faire l’objet d’évaluation par des organismes indĂ©pendants.Proposition 10 : Ă©laborer et signer un pacte national pour l’apprentissageCe pacte associerait l’Etat (ministères de l’Emploi, de l’Education nationale, de la Recherche et de l’enseignement supĂ©rieur, de l’Economie et des finances), des reprĂ©sentants des rĂ©gions, des chambres consulaires et des organisations d’employeurs reprĂ©sentatives au niveau national.Il comporterait les dimensions suivantes :- Engagement des organismes consulaires sur une qualitĂ© de service (notamment fiabilitĂ© et rapiditĂ© des enregistrements des contrats d’apprentissage) et sur les principes d’utilisation de la taxe d’apprentissage qu’ils collectent ;- Engagement des conseils rĂ©gionaux sur les objectifs gĂ©nĂ©raux des COM, la mise en place et le financement de stages de prĂ©-apprentissage, la remontĂ©e et la centralisation en temps rĂ©el des donnĂ©es statistiques ainsi que la mise en place d’un Ă©valuation indĂ©pendante ;- Engagements des employeurs sur des objectifs quantitatifs (nombre d’embauches) et qualitatifs (exemples : actions de valorisation de la fonction de tuteur) ;- Engagement de l’Etat sur la pĂ©rennitĂ© de ses financements, la promotion de l’apprentissage dans les Ă©tablissements d’enseignement, la revue systĂ©matique de la partie d’enseignement gĂ©nĂ©rale dans les diplĂ´mes prĂ©parĂ©s par l’apprentissage et la mise en Ĺ“uvre d’actions de communications nationales de promotion.Consulter la NoteTags : apprentissage, alternance, emploi, entreprise, jeunesImprimerPARTAGER