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DĂ©penses publiques : un vrai contrĂ´leur … pour un vrai contrĂ´le !

 Philippe Manière
Auteur
Président-fondateur de Footprint > consultants

On gaspille souvent son énergie, en France, à s’écharper sur le sujet du niveau de la dépense publique : l’Etat, les collectivités locales, dépensent-ils trop, ou non ? En réalité, cette dispute, même si elle a des vertus peu discutables dans un pays où l’on enregistrera cette année – cas unique au monde ! – un trentième déficit public consécutif, est d’un intérêt relativement limité.La Suède, par exemple, a un taux de dépenses publiques (rapporté au PIB) élevé, les Etats-Unis, non – or, l’un et l’autre connaissent une croissance robuste.

En fait, certaines dĂ©penses publiques sont nĂ©cessaires : la dĂ©pense n’est pas un mal en soi, ni mĂŞme le dĂ©ficit, pourvu qu’ils soient dynamiques, autrement dit qu’ils soit liĂ©s Ă  une politique susceptible de permettre au pays de mieux tirer parti de ses talents . Par exemple, investir sur la recherche, sur l’universitĂ©, est une nĂ©cessitĂ©. Autre exemple, baisser certains impĂ´ts serait utile. Plus que le niveau de la dĂ©pense publique, c’est donc la qualitĂ© de cette dĂ©pense qui compte ! Or, curieusement, personne, en France, n’est en charge d’Ă©valuer cette qualitĂ© et de la faire Ă©voluer dans le bon sens : le rapport annuel de la Cour des Comptes, peut suivi d’effets, s’apparente plus Ă  un exercice de catharsis qu’Ă  une rĂ©gulation effective et une correction des abus. Cela doit changer.

L’Institut Montaigne, convaincu que de nombreuses dĂ©penses aujourd’hui consenties par l’Etat sont inutiles et que les crĂ©dits qui y sont consacrĂ©s pourraient ĂŞtre bien mieux employĂ©s ailleurs, propose Ă  cette fin la crĂ©ation d’une autoritĂ© spĂ©cifiquement missionnĂ©e. Parce qu’il considère que le rĂ´le du Parlement doit par ailleurs ĂŞtre renforcĂ©, parce qu’il estime que le contrĂ´le du bon usage des impĂ´ts incombe naturellement aux reprĂ©sentants du peuple, il souhaite que cette nouvelle autoritĂ© soit, comme dans tous les grands pays dĂ©veloppĂ©s (Royaume-Uni, Canada, Suède etc), directement rattachĂ© au parlement. Trop peu actif dans cette matière, celui-ci doit renouer avec sa vocation naturelle de contrĂ´le de la dĂ©pense publique en opportunitĂ© et en efficacitĂ©.

Aujourd’hui, sur le papier, le Parlement a certes les moyens institutionnels d’effectuer les contrĂ´les requis. Mais, en fait, faute de technicitĂ© et de moyens humains, faute aussi que l’exĂ©cutif le laisse procĂ©der librement aux contrĂ´les que nos Ă©lus jugent utiles, il ne remplit pas, en tout cas pas bien, cette mission. C’est pourquoi nous proposons la crĂ©ation, dans chacune des deux assemblĂ©e, d’un poste de ContrĂ´leur gĂ©nĂ©ral pour les Finances publiques.

La bonne gestion publique, ce n’est pas de dĂ©penser toujours moins, c’est de bannir la dĂ©pense qui a fait la preuve de son inutilitĂ© pour dĂ©penser mieux. Ce louable objectif doit ĂŞtre confiĂ© Ă  des spĂ©cialistes qui bĂ©nĂ©ficieraient de la lĂ©gitimitĂ© du Parlement… mais ne subiraient pas, comme lui, les pressions de l’exĂ©cutif. Nous avons besoin de ce contrĂ´leur !

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