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[Trump II] - De la dĂ©mocratie en AmĂ©rique : quatre clĂ©s pour comprendre la prĂ©sidentielle de 2024

[Trump II] - De la démocratie en Amérique : quatre clés pour comprendre la présidentielle de 2024
 Alexandre Marc
Auteur
Expert Associé - Amériques et développement
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Présidentielle américaine : Trump II

C’est un duel auquel on a déjà assisté et pourtant il semble plus incertain que jamais : contexte international extrêmement tendu dans lequel les États-Unis s’investissent largement, âge avancé des candidats, procès en cours, débats démocratiques soumis à la pression des réseaux sociaux… Comment comprendre le contexte électoral à un an de la présidentielle (qui se tiendra le 5 novembre 2024) et quels sont les ressorts de la crise politique et culturelle américaine ?
 
À travers les quatre clefs d’entrée que sont la complexité du système électoral, la méfiance des populations à l’égard des institutions, la fragmentation de la société et la relation fusionnelle qu’une partie des Américains entretient avec Donald Trump, la démocratie américaine passe sous la loupe de l’analyse politique. Sans prétendre prévoir les surprises et retournements qui ne manqueront pas de survenir au cours de cette année électorale, l’éclairage d’Alexandre Marc donne à lire les dynamiques en cours et la reconfiguration structurelle de la démocratie américaine.

Il est évident que la démocratie américaine est confrontée à de sérieux défis. Quatre années de présidence Trump avec une politique américaine en montagnes russes, des atteintes sérieuses à la démocratie et en particulier à la justice, l’utilisation constante de ce que l’on appelle aujourd’hui l’infox par le pouvoir et ses supporteurs ont fortement marqué le paysage politique du pays. Tout cela a culminé dans les efforts déterminés et coordonnés menés par le clan républicain pour faire annuler le résultat de la dernière élection présidentielle suivi par une prise du Capitole haute en couleur le 6 janvier 2021. La dernière manifestation en date de ces troubles de la démocratie américaine a été la paralysie, pendant presque un mois, du Congrès des États-Unis car les Républicains ne pouvaient s’entendre sur la nomination du président de la Chambre des représentants (speaker) au moment d’une des crises internationales les plus sérieuses que le pays a connues depuis 30 ans. Les Républicains, qui ont une courte majorité à la Chambre, ont d’abord réussi à destituer pour la première fois dans l’histoire des États-Unis le président de la Chambre des représentants, Kevin McCarthy, membre de leur propre parti, puis ont été longtemps incapables de nommer un nouveau président tant le parti est maintenant fragmenté et son extrême droite intransigeante, jusqu’à ce qu’ils se décident pour Mike Johnson. Tout cela au milieu d’une campagne présidentielle compliquée durant laquelle il est très probable que les deux candidats qui se feront face après les primaires auront plus de 78 ans. (Donald Trump et Joe Biden). Donald Trump, qui est le candidat en tête des sondages, est également le premier ex-président des États-Unis à faire face à de nombreuses charges criminelles. Il semblerait que l’on ait déjà passé le stade du malaise et que l’on entre dans un véritable état de crise de la démocratie américaine.

Cette crise fait l’objet de beaucoup d’interrogations et de nombreuses interprétations par les experts et observateurs. En effet, elle ne révèle pas seulement un problème de système ou de fonctionnement des institutions mais elle est le reflet d’une crise culturelle profonde qui touche aujourd’hui les États-Unis. Il est en tout cas certain que le déroulement de la campagne présidentielle va offrir de nombreuses surprises. Pour essayer de comprendre ce qui se passe, nous voulons offrir quatre clés d’interprétation des dynamiques qui jouent à notre avis un rôle très important dans la politique américaine aujourd’hui. Elles ne permettent pas d’expliquer tous les aspects de la crise, mais aident à comprendre certaines dynamiques difficiles à saisir de l’extérieur. Il s’agit d’un système électoral complexe qui joue en faveur des extrêmes ; d’une population qui se méfie de plus en plus des institutions et qui tend à abandonner l’action collective pour faire changer les choses ; d’une polarisation qui cache une très forte fragmentation de la société ; et finalement d’une relation de l’électorat avec l'ancien président Trump qui est devenue incroyablement émotionnelle et symbiotique.

Un système électoral complexe qui donne davantage de poids aux extrêmes surtout conservateurs

Le système Ă©lectoral est complexe aux États-Unis car il est dĂ©centralisĂ© au niveau des États qui dĂ©terminent largement comment s’organisent les Ă©lections nationales, et il existe des diffĂ©rences importantes entre ces États. De nombreuses spĂ©cificitĂ©s du système Ă©lectoral sont aujourd’hui fortement critiquĂ©es, en particulier pour la modification constante de la carte Ă©lectorale Ă  laquelle se livrent les Ă©lus de chaque État avant les Ă©lections afin de favoriser un parti ou l’autre. Cette pratique, que l’on appelle le “gerrymandering”, est une importante source de tensions politiques. 

De nombreuses spĂ©cificitĂ©s du système Ă©lectoral sont aujourd’hui fortement critiquĂ©es, en particulier modification constante de la carte Ă©lectorale [...], le "gerrymandering".

Mais c’est surtout le recours aux primaires par les deux grands partis américains pour sélectionner leurs candidats qui est de plus en plus critiqué. Depuis 1832, chaque grand parti choisit son candidat ou sa candidate (car il y a de plus en plus de femmes qui se présentent) selon ses propres règles. Pour la plupart des États, il s’agit de primaires et pour quelques-uns, de caucus
 

Point intéressant, les primaires ont un effet très différent pour le Parti démocrate et pour le Parti républicain. Les primaires démocrates tendent toujours à privilégier des candidats au centre de l’échiquier politique alors que les primaires républicaines tendent à privilégier les extrémistes conservateurs. La principale critique de ce système est que relativement peu de citoyens votent aux primaires et que ce sont donc les électeurs les plus motivés qui participent et qui ont tendance à décider qui va être le candidat du parti. Il y a donc un vrai problème de représentativité dans l’élection des candidats de chaque parti, les électeurs les plus motivés ne représentant pas la réalité du paysage politique américain. Les primaires sont reconnues comme plus extrêmes et plus partisanes que les élections générales. Les Républicains, par exemple, sont surtout représentés aux primaires par l’aile conservatrice et, depuis Trump, populiste, du parti. Le résultat, surtout pour les Républicains, c'est que les candidats à la présidentielle ont tendance à être à la droite du Parti républicain.
    
Une autre particularitĂ© de la dĂ©mocratie amĂ©ricaine est l’usage de grands Ă©lecteurs, ce que l’on appelle le système de collège Ă©lectoral, au niveau de chaque État, pour dĂ©cider des Ă©lections. C’est Ă©galement un aspect de plus en plus contestĂ© des Ă©lections amĂ©ricaines. Ce système a pour consĂ©quence qu’un prĂ©sident est assez souvent Ă©lu avec une minoritĂ© des votes Ă  l’échelle nationale. En 2000, Gore a perdu les Ă©lections avec 48, 4 % des votes contre Bush (47,9 %) et, en 2016, Clinton a perdu avec 48,2 % face Ă  Trump avec 46,1 % des votes, une diffĂ©rence importante (plus de 2 millions de voix en chiffres absolus). Ce système, comme on le voit depuis plusieurs annĂ©es, favorise le Parti rĂ©publicain et les conservateurs. Le collège Ă©lectoral dĂ©finit un certain nombre de grands Ă©lecteurs pour chaque État. Dans la plupart des cas, le candidat qui gagne le plus grand nombre de votes dans un État gagne la totalitĂ© des grands Ă©lecteurs qui iront voter pour lui ou elle Ă  Washington. Quelques États cependant, très peu nombreux, comme le Maine et le Nebraska, choisissent les grands Ă©lecteurs qui iront voter pour le prĂ©sident Ă  Washington proportionnellement au vote reçu par chaque candidat. Le système favorise largement les petits États et surtout ceux avec une faible population. Cela a Ă©tĂ© voulu par les Pères fondateurs des États-Unis Ă  une Ă©poque oĂą la polarisation actuelle n’existait pas, afin de convaincre les petits États de rejoindre l’Union. Ceux-ci craignaient de perdre toute influence face aux États avec une très large population. Les États Ă  faible population sont en gĂ©nĂ©ral ruraux et se trouvent Ă©galement en majoritĂ© ĂŞtre les plus conservateurs. Un autre problème avec ce système est que les campagnes prĂ©sidentielles ont tendance Ă  se focaliser uniquement sur ce que l’on appelle les “swings states”, les États oĂą l’écart des votes entre les deux partis est traditionnellement faible et les Ă©lecteurs indĂ©pendants suffisamment nombreux pour permettre un changement de majoritĂ©. De nos jours, l’Arizona, la GĂ©orgie, la Pennsylvanie et le Wisconsin sont par exemple vus comme des “swing states”. Le fait que la campagne prĂ©sidentielle tend Ă  se concentrer dans une petite minoritĂ© d’États oĂą les tensions et la polarisation prennent souvent des dimensions impressionnantes est vu par beaucoup comme un problème pour la dĂ©mocratie.

Une population qui perd de plus en plus confiance dans la valeur des institutions démocratiques mais qui semble avoir repris le goût aux élections

Les prochaines Ă©lections vont se jouer dans un contexte oĂą la perte de confiance dans les institutions et en particulier dans les institutions dĂ©mocratiques est particulièrement Ă©levĂ©e. Dans une prĂ©cĂ©dente contribution Ă  Expressions, j’avais dĂ©crit les effritements des liens dĂ©mocratiques et sociaux et fait notamment rĂ©fĂ©rence au travail de Robert Putnam. Comme nous l’avons montrĂ©, il ne s’agit pas d’une situation propre aux États-Unis, cette perte de confiance touche l’ensemble du monde occidental et mĂŞme au-delĂ  : les travaux de JĂ©rĂ´me Fourquet, parmi d’autres, l’ont Ă©galement documentĂ© en France. Cependant, aux États-Unis, la confiance dans les institutions et surtout la dĂ©tĂ©rioration des liens sociaux semblent beaucoup plus avancĂ©es qu’ailleurs. Le processus n’est pas nouveau, il est engagĂ© depuis les annĂ©es 1980 et va s’accĂ©lĂ©rant. Cela se traduit par une baisse de l’engagement de la population dans les partis politiques et les diffĂ©rentes organisations de la sociĂ©tĂ© civile qui sont importantes pour la vie politique. Cette baisse n’est pas spĂ©cifique aux États-Unis, elle est largement universelle mais a Ă©tĂ© particulièrement forte aux États-Unis. L’institut de sondage PEW a notĂ© qu’après un très long dĂ©clin dans la participation aux Ă©lections, qui, avant Trump, Ă©tait une des plus faibles dans le monde occidental, les AmĂ©ricains assistent Ă  un impressionnant regain de la participation Ă©lectorale depuis 2018. Selon Pew, 66 % de la population Ă©ligible a votĂ© aux Ă©lections de 2020. Pour l’élection lĂ©gislative de mi-mandat en 2018, 51,8 % des citoyens avaient votĂ©, ce qui Ă©tait Ă  nouveau un record pour les États-Unis depuis la fin du siècle dernier, et la participation aux Ă©lections de mi-mandat de 2022 Ă©tait aussi relativement Ă©levĂ©e mais moins qu’en 2018. Les États-Unis reviendraient Ă  des taux de participation semblables aux autres pays occidentaux. Cela peut ĂŞtre un signe de changement dans l’attitude des AmĂ©ricains vis-Ă -vis du système politique, cependant il semblerait qu’il s’agisse surtout du rĂ©sultat de l’importante polarisation politique qui a suivi l’entrĂ©e de Trump en politique et dans laquelle chaque parti reprĂ©sente des valeurs de plus en plus diffĂ©rentes et qui apparaissent incompatibles pour de plus en plus d’électeurs. Cette rĂ©surgence est probablement moins le rĂ©sultat d’un authentique retour Ă  la politique que d’une peur de l’autre qui est de plus en plus diabolisĂ© dans les dĂ©bats politiques. Le prĂ©sident Biden a Ă©tĂ© Ă©lu en 2020 avec le plus grand nombre de votes jamais enregistrĂ© par un prĂ©sident amĂ©ricain, mais Trump a Ă©galement enregistrĂ© un record de votants. La campagne avait Ă©tĂ© extrĂŞmement acerbe et elle donnait l’impression d’une lutte existentielle des deux cĂ´tĂ©s. Reste Ă  voir si cette mobilisation va progressivement se traduire par un plus grand intĂ©rĂŞt pour la chose publique accompagnĂ© d'un retour de la confiance dans les partis et de l’engagement dans les organisations civiques. Cependant, les derniers sondages ne donnent pas beaucoup d’espoir. Selon Axios, la confiance dans le système politique et dans le gouvernement continuent de s’effondrer.

En 2023, quatre fois plus d’Américains ont une vue défavorable des deux principaux partis qu’en 2002. Seulement 16 % de la population interrogée dit avoir confiance dans le gouvernement, un record absolu. Deux tiers des Américains se disent fatigués par la politique américaine. Il semblerait que cet accroissement dans la participation aux élections n’indique pas un chemin vers l’apaisement politique.

Cette résurgence [de participation électorale] est probablement moins le résultat d’un authentique retour à la politique que d’une peur de l’autre.

Une polarisation politique qui cache une grande fragmentation de la société américaine

Il est commun de dire que les États-Unis sont très polarisĂ©s et il est vrai que les campagnes politiques entre le Parti dĂ©mocrate et le Parti rĂ©publicain sont intenses, parfois mĂŞme violentes. Mais cette polarisation est moins Ă©vidente qu’il n’y paraĂ®t. Tout d’abord, il ne s’agit pas d’un combat des extrĂŞmes, loin de lĂ . Le Parti dĂ©mocrate a toujours prĂ©sentĂ© des candidats centristes Ă  l’élection prĂ©sidentielle . Les candidats de gauche ne passent pas la barre pour les Ă©lections nationales et mĂŞme rarement pour les Ă©lections sĂ©natoriales. Les RĂ©publicains, cependant, se sont largement dĂ©centrĂ©s vers l’extrĂŞme droite conservatrice sous l’influence de mouvements comme ceux du Tea party et de la droite religieuse. C’est en fait tout le Parti rĂ©publicain qui s’est fortement dĂ©placĂ© Ă  droite et ceci progressivement depuis 30 ans. Le Parti rĂ©publicain a aussi changĂ© son agenda politique d’un focus sur l’économie, la libertĂ© d’entreprendre et une limitation du rĂ´le de l’État et l’équilibre fiscal Ă  un agenda dĂ©fendant des valeurs morales extrĂŞmement conservatives, un protectionnisme voire isolationnisme actif ainsi que le droit au port d’arme. C’est donc essentiellement la dĂ©rive conservatrice du Parti rĂ©publicain qui crĂ©e la polarisation actuelle. 

Il est cependant clair que cette polarisation politique est subie par une large partie de la population qui ne la souhaite pas vraiment. Il s’agit surtout d’une minoritĂ© d’AmĂ©ricains qui se sont radicalisĂ©s, mais une minoritĂ© extrĂŞmement soudĂ©e et qui a la conviction que les valeurs conservatrices sont terriblement menacĂ©es par la direction que prend non seulement la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine mais le monde dans son ensemble. Ce groupe comprend probablement 30 % des Ă©lecteurs amĂ©ricains, pas plus. Une enquĂŞte rĂ©cente de Gallup montre que de moins en moins d’AmĂ©ricains s’identifient aux deux grands partis.

Il est cependant clair que cette polarisation politique est subie par une large partie de la population qui ne la souhaite pas vraiment.

Fin 2021, cette enquête a révélé que 42 % des Américains se considéraient comme indépendants, c’est-à-dire comme n’appartenant à aucun des deux principaux partis. 29 % se considéraient comme Démocrates et 27 % se considéraient comme Républicains. Aujourd’hui, toujours selon Gallup, 60 % des Américains souhaiteraient la création d’un troisième grand parti. Enfin, à peu près la moitié des États enregistrent davantage d’électeurs indépendants que d’affiliés aux deux grands partis.

En fait, les États-Unis, tout comme beaucoup de démocraties occidentales, sont politiquement de plus en plus fragmentés. Des groupes d’intérêt très variés occupent la scène politique et portent de moins en moins d’intérêt à un grand projet national. Ils se battent pour leurs causes mais pas forcément pour créer une nation plus cohésive. Les Américains sont de très grands utilisateurs des réseaux sociaux. Ceux-ci, comme partout ailleurs, augmentent cette fragmentation. La participation aux élections est souvent motivée par la protection d’intérêts particuliers et aboutit fréquemment à des votes de protestation liés à une insatisfaction générale qui augmente comme partout en Occident. La polarisation politique durant les élections ne se traduit pas par une polarisation sociale et culturelle de la même intensité. Elle est surtout liée à une importante minorité qui est devenue hyper conservatrice et qui entraîne avec elle de nombreux indépendants, face au reste de la population qui tente de s’en protéger coûte que coûte.

L’incroyable relation affective de Trump avec ses électeurs

On ne peut toutefois rĂ©ellement apprĂ©hender ce qui se passe aujourd’hui aux États-Unis sans prendre en compte l’incroyable relation affective qui lie l’électorat de Trump Ă  leur hĂ©ros. Cela va bien au-delĂ  d’une plateforme politique qui est finalement très vague et mouvante au grĂ© des Ă©vĂ©nements. Trump est entrĂ© dans la catĂ©gorie des super-hĂ©ros amĂ©ricains, des sauveurs de la nation, que personne d’autre ne peut Ă©galer en politique. Trump se vantait lui-mĂŞme de pouvoir tuer quelqu’un Ă  New York et de garder son Ă©lectorat intact. Environ 20 % des Ă©lecteurs amĂ©ricains sont des inconditionnels Ă©motionnels de Trump, suffisamment pour contrĂ´ler le processus des primaires prĂ©sidentielles cĂ´tĂ© RĂ©publicain qui se dĂ©roulent en ce moment. Preuve en est qu’un candidat comme Ron DeSantis, gouverneur de Floride, un des candidats favoris qui se prĂ©sente sur une plateforme moralement conservatrice extrĂŞmement dure et virulente, n’a jamais pu dĂ©passer Trump dans les intentions de vote des RĂ©publicains aux primaires. Trump redonne courage aux pauvres blancs et aux conservateurs qui se sentent marginalisĂ©s en appelant au mythe de la grande AmĂ©rique, de l’homme de l’Ouest seul contre les institutions qui arrive Ă  contrer toutes les attaques des castes et des parvenus. La revue Scientific American qualifie ses meetings de campagne de festivals de l’identitĂ© oĂą les participants se voient devenir ce qu'ils aspirent Ă  ĂŞtre. 

Il est clair que cette campagne va ĂŞtre pleine de surprises et se dĂ©rouler comme ce que les AmĂ©ricains appellent un “rollercoaster”, des montagnes russes, sur lesquelles Trump est très Ă  l’aise. N’oublions pas les charges qui pèsent sur lui et les jugements Ă  venir, bien que non seulement cela ne l’empĂŞche pas de mener campagne ni mĂŞme d’accĂ©der Ă  la prĂ©sidence selon le droit amĂ©ricain, mais que cela risque mĂŞme de renforcer encore sa base dĂ©jĂ  convaincue que son hĂ©ros fait l’objet d’un odieux complot. 

Trump est entré dans la catégorie des super-héros américains, des sauveurs de la nation, que personne d’autre ne peut égaler en politique.

Copyright image : Mandel NGAN / AFP

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