AccueilExpressions par MontaigneDALO : l'urgence d'ĂŞtre mieux logĂ©sLa plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne SociĂ©tĂ©01/12/2008ImprimerPARTAGERDALO : l'urgence d'ĂŞtre mieux logĂ©sAuteur Gunilla Björner Ancienne responsable des relations institutionnelles de l'Institut Montaigne Tandis que les températures chutent, la situation des personnes mal-logés devient de plus en plus critique. En janvier 2008, date à laquelle la loi instituant le droit au logement opposable (DALO) entrait en vigueur, la Fondation Abbé Pierre estimait que plus de 3 millions de Français souffraient du mal-logement. Depuis hier, 1er décembre, le droit au logement est entré dans sa phase juridique : les personnes considérées comme prioritaires, et dont la demande de logement n'a pas été satisfaite, peuvent désormais déposer un recours contentieux devant le tribunal administratif.La loi DALO En France, le droit au logement est garanti par l’État aux personnes qui ne peuvent accĂ©der par leurs propres moyens Ă un logement dĂ©cent. Pour ces personnes, la loi DALO a créé deux recours : - Depuis le 1 janvier 2008, les mĂ©nages dits "prioritaires" peuvent former un recours amiable auprès des commissions de mĂ©diation dĂ©partementales pour obtenir un logement ou un hĂ©bĂ©rgement. Fin octobre, 50 600 demandes de logement (dont 32 000 concernant l'Ile-de-France) avaient Ă©tĂ© dĂ©posĂ©es au titre de la loi DALO. - A dĂ©faut de solution, les personnes concernĂ©es peuvent, depuis ce 1er dĂ©cembre, dĂ©poser un recours contentieux devant le tribunal administratif.Favoriser la mobilitĂ© dans le parc HLM La loi DALO entre en vigueur Ă un moment oĂą la France traverse une sĂ©vère crise du logement. De nombreux mĂ©nages rencontrent en effet des problèmes pour se loger, tant dans le parc HLM que dans le parc privĂ©. La France dispose certes d'un parc de logements locatifs sociaux important, mais la demande est loin d'ĂŞtre satisfaite. On compte actuellement plus de 1,3 million de demandeurs de logements sociaux (pour un total de 4,3 millions de logements sociaux). En mĂŞme temps, le taux de rotation dans le parc HLM a fortement chutĂ© ces dernières annĂ©es. Par consĂ©quent, le nombre de logements sociaux libĂ©rĂ©s pouvant ĂŞtre proposĂ©s aux familles en attente diminue. Pour favoriser la mobilitĂ© dans le parc HLM, et ainsi libĂ©rer plus de logements pour les mĂ©nages en attente, l'Institut Montaigne propose d'instaurer le concept de "loyer mutuel", qui serait fonction des revenus des locataires. Le loyer mutuel serait plus Ă©levĂ© que le loyer HLM "normal" pour les mĂ©nages aux revenus les plus Ă©levĂ©s du parc et, en revanche, plus faible pour les mĂ©nages les plus modestes. Les sommes supplĂ©mentaires dĂ©gagĂ©es grâce Ă ce nouveau système devraient ĂŞtre mutualisĂ©es pour aider les mĂ©nages les plus dĂ©munis pour qui mĂŞme les logements sociaux sont devenus trop chers.Mobiliser (aussi) le parc locatif privĂ© en faveur des mĂ©nages modestes Mais le parc HLM ne saurait suffire Ă loger tous ceux qui peinent Ă trouver un toit. Il faut aussi dĂ©velopper, dans le parc privĂ©, une offre locative Ă prix modĂ©rĂ© et en quantitiĂ© suffisante. Pour inciter les propriĂ©taires privĂ©s Ă proposer des loyers au-dessous du prix du marchĂ©, il faudrait rendre les "conventions Ă loyers maĂ®trisĂ©s" (conclues entre l'Agence nationale de l'habitat et les bailleurs privĂ©s) plus faciles d'utilisation et plus attractives financièrement. Pour ce faire, on pourrait, par exemple, moduler plus fortement l'avantage fiscal Ă la fois en fonction de l'effort de modĂ©ration de loyer consenti par le propriĂ©taire et en fonction de l'Ă©tat du marchĂ©. Ainsi, plus le propriĂ©taire-bailleur fait un effort sur le loyer et/ou plus le marchĂ© est tendu, plus l'avantage fiscal sera important. DĂ©velopper une offre Ă loyer bas dans le parc privĂ© est important pour permettre aux mĂ©nages modestes de se loger dans des conditions correctes et Ă moindre coĂ»t, mais aussi pour diminuer la pression sur le parc locatif social et ainsi faciliter la mise en œuvre de la loi DALO.ImprimerPARTAGER