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Crypto-actifs : une opportunitĂ© stratĂ©gique pour l’Europe ?

Crypto-actifs : une opportunité stratégique pour l’Europe ?
 Charleyne Biondi
Auteur
Experte Associée - Numérique
 Roeland Van der Stappen
Auteur
Chargé des affaires publiques européennes chez Coinbase

La sixième édition de la Paris Blockchain Week, qui a réuni les acteurs de la blockchain au Carrousel du Louvre, est l’occasion d’un bilan d’étape de la stratégie européenne en la matière, un peu moins de deux ans après l’entrée en vigueur du règlement européen sur les marchés de crypto-actifs (Markets in Crypto-Assets, ou MiCA, en juin 2023). Quelles sont les opportunités offertes par la blockchain, et notamment grâce aux stablecoins, crypto-monnaies adossées à des devises ? Peut-elle être un atout de souveraineté et de sécurité économique ? Le cadre de régulation européenne va-t-il à l’encontre de la mise en œuvre de cette innovation technologique ? Comment l’UE se positionne-t-elle par rapport aux États-Unis sur ce sujet ? Charleyne Biondi s'entretient avec Roeland van der Stappen, chargé des affaires publiques européennes chez Coinbase, plate-forme d'échange de cryptomonnaies et portefeuille de devises numériques en ligne.

Suite Ă  la publication de son rapport Blockchain : consolider nos atouts, l’Institut Montaigne suit attentivement les Ă©volutions de ces technologies Ă©mergentes.. Ces innovations pourraient transformer en profondeur non seulement l’économie, mais aussi les infrastructures publiques et la compĂ©titivitĂ© des entreprises europĂ©ennes.

À la tête des affaires publiques européennes de Coinbase, l’une des plateformes les plus influentes de l’écosystème crypto mondial, Roeland van der Stappen a partagé avec Charleyne Biondi sa vision du cadre réglementaire européen, des principes d’une innovation responsable, de l’évolution géopolitique du secteur, et de la capacité des crypto-actifs à devenir un pilier stratégique pour l’économie européenne.

RĂ©pondre au scepticisme : l’enjeu stratĂ©gique de la blockchain

Charleyne Biondi (CB) : La blockchain et ses applications font-elles parties des grands enjeux susceptibles d’influencer l’avenir de la France, notamment en matière d’innovation et de compĂ©titivitĂ© Ă©conomique ? Nombreux sont ceux qui en doutent. Entre les scandales ou les fraudes qui ont entachĂ© la rĂ©putation du secteur, et la politisation croissante des crypto-actifs - comme en tĂ©moignent les rĂ©cents meme coins de Donald et Melania Trump - beaucoup peinent Ă  reconnaĂ®tre l’utilitĂ© concrète des actifs numĂ©riques au-delĂ  de la pure spĂ©culation. Coinbase, qui existe depuis plus de dix ans, a-t-elle de quoi convaincre les sceptiques ? L’entreprise a accompagnĂ© presque toutes les phases d’évolution de l’écosystème : des dĂ©buts du Bitcoin Ă  la bulle des NFTs, jusqu’au dĂ©veloppement, plus rĂ©cemment, de partenariats institutionnels. Elle est aussi la seule entreprise crypto cotĂ©e Ă  la Bourse de New York : quel regard porte-t-elle sur cette dĂ©cennie d’évolution ? Et que rĂ©pondre Ă  ceux qui doutent encore de l’utilitĂ© rĂ©elle des crypto-actifs ?

Roeland van der Stappen (RS) : Je pense que l’écosystème a beaucoup mĂ»ri, et Coinbase a Ă©voluĂ© avec lui. Aujourd’hui, nous sommes bien plus concentrĂ©s sur les cas d’usage concrets et sur la valeur que cette technologie peut apporter. Du cĂ´tĂ© des gouvernements et des rĂ©gulateurs, la comprĂ©hension du sujet a aussi beaucoup progressĂ©.

Ces dernières annĂ©es - après la liquidation surprise de FTX en novembre 2022, l’adoption par l’Union europĂ©enne du règlement sur les marchĂ©s de crypto-actifs en 2024 MiCA (Markets in Crypto-Assets), et les consultations menĂ©es par la Commission europĂ©enne et l’AutoritĂ© europĂ©enne des marchĂ©s financiers (European Securities and Markets Authority, ESMA) - l’ambition de clarifier le cadre rĂ©glementaire est manifeste. C’est une dĂ©marche que nous soutenons depuis longtemps : ce secteur mĂ©rite une clartĂ© rĂ©glementaire comparable Ă  celle de la finance traditionnelle. Bien sĂ»r, les règles ne seront pas identiques, car la technologie est diffĂ©rente, mais il doit y avoir une Ă©quitĂ© de traitement.

RS : Un bon cadre peut permettre de libĂ©rer le potentiel de la technologie blockchain tout en maĂ®trisant les risques liĂ©s par exemple au blanchiment d’argent ou aux abus de marchĂ©.

RS : Un bon cadre peut permettre de libérer le potentiel de la technologie blockchain tout en maîtrisant les risques liés par exemple au blanchiment d’argent ou aux abus de marché. C’est pour cela que le moment actuel est critique pour l’Europe : la dynamique en cours doit être saisie.

L’institutionnalisation des usages de la blockchain est déjà à l'œuvre. Le procédé de tokenization, qui permet de représenter numériquement des parts de fonds d’investissement, rend toutes les opérations financières plus efficaces, plus transparentes, et apportent une plus grande liquidité. De plus en plus, des structures d’investissement traditionnelles commencent à comprendre l’intérêt de la blockchain pour transformer leurs infrastructures. Des gouvernements ou organisations internationales passent également à la blockchain - comme USAID ou les Nations Unies.

Mais il reste un immense travail Ă  mener pour familiariser les acteurs. Beaucoup associent encore les crypto-actifs Ă  la spĂ©culation, sans voir que certains tokens (une reprĂ©sentation de valeur stockĂ©e sur une blockchain) assurent la sĂ©curitĂ© de rĂ©seaux, qui sont les infrastructures clefs d’applications : ces rĂ©seaux ont donc une valeur, mĂŞme si les tokens ne sont pas utilisĂ©s comme monnaie.

Il faut dépasser le cas trompeur des "meme coins", et mettre en lumière ces cas d’usage positifs, qui rappellent combien la blockchain est une technologie stratégique.

La rĂ©glementation europĂ©enne : moteur ou frein de l’innovation?

CB : MiCA, le règlement europĂ©en en matière de crypto-actifs, est l’un des principaux enjeux de la Paris Blockchain Week. Faut-il y voir un nouvel exemple de la tendance europĂ©enne Ă  tout rĂ©guler, souvent dĂ©noncĂ©e ou opposĂ©e Ă  une dynamique d’innovation ? Une rĂ©gulation adaptĂ©e aux nouvelles rĂ©alitĂ©s de la finance numĂ©rique n’est-elle pas exactement ce qu’il faut pour assurer la croissance ? NĂ©anmoins, comment les entreprises ont-elles accueilli le règlement MiCA et quels sont les dĂ©fis posĂ©s par sa mise en Ĺ“uvre ?

RS : Coinbase, que j’ai rejointe il y a environ six mois, a accueilli très favorablement MiCA, qui reprĂ©sentait un cadre rĂ©glementaire global inĂ©dit. NĂ©anmoins, il a fallu engager le plus grand chantier de mise en conformitĂ© que l’entreprise ait jamais connu - et il n’est pas encore terminĂ©. D’un point de vue "niveau 1", pour ce qui est du cadre gĂ©nĂ©ral, des grands principes, MiCA est très cohĂ©rent. Les règles pour les prestataires de services sur crypto-actifs comme nous - sĂ©grĂ©gation stricte des comptes, exigences en matière d’intĂ©gritĂ© des marchĂ©s… - sont claires et tout Ă  fait fondĂ©es. Les difficultĂ©s Ă©ventuelles se retrouvent plutĂ´t dans les actes dĂ©lĂ©guĂ©s et les interprĂ©tations recommandĂ©s par les autoritĂ©s de supervision (niveaux 2 et 3 de la rĂ©glementation).

En revanche, concernant les stablecoins (cryptomonnaie dont la valeur est stable et adossĂ©e Ă  une monnaie traditionnelle comme l’euro ou le dollar) nous pensons que la rĂ©glementation est allĂ©e un peu trop loin. Elle est très contraignante et exige, par exemple, des rĂ©serves en capital jusqu’à 2 - 3 % avec 30 Ă  60 % en liquiditĂ©s selon que l’émetteur est considĂ©rĂ© comme systĂ©mique ou non. Or, ces règles très strictes fragilisent le modèle Ă©conomique des Ă©metteurs de stablecoins dans l’UE.

CB : Vous voulez dire que la rĂ©glementation, en l’état, pourrait dĂ©courager le dĂ©veloppement de stablecoins europĂ©ens, adossĂ©s Ă  l’euro. C’est regrettable, et d’une certaine manière paradoxal, car l’une des grandes ambitions gĂ©opolitiques de MiCA Ă©tait justement de faire barrage aux cryptomonnaies adossĂ©es au dollar, pour protĂ©ger la politique monĂ©taire europĂ©enne.

RS : Certes. Il faut d’ailleurs rappeler que ces règles ont Ă©tĂ© Ă©laborĂ©es Ă  un moment oĂą les inquiĂ©tudes pour la souverainetĂ© monĂ©taire Ă©taient fortes : lancement de Libra, la cryptomonnaie de Facebook, en 2019 (projet abandonnĂ© en 2022), effondrement de Terra Luna, en mai 2022, qui a fait perdre 40 milliards de dollars aux investisseurs. Mais ailleurs dans le monde, en Asie du Sud-Est notamment, certaines approches plus proportionnĂ©es ont Ă©tĂ© adoptĂ©es, et nous espĂ©rons que l’UE Ă©voluera Ă©galement dans ce sens.

RS : Un autre défi est l’absence de régime d’équivalence, notamment pour les stablecoins mondiaux, qui sont essentiels pour les paiements transfrontaliers, la liquidité et le trading. MiCA exige que les émetteurs soient autorisés par l’UE et que leurs réserves de fonds soient assurées dans la région, ce qui complexifie la donne.
Vient ensuite la mise en œuvre : il est essentiel de trouver le bon équilibre entre le contrôle local et l’accès aux marchés mondiaux.

RS : Un autre dĂ©fi est l’absence de rĂ©gime d’équivalence, notamment pour les stablecoins mondiaux, qui sont essentiels pour les paiements transfrontaliers, la liquiditĂ© et le trading.

Ainsi, en matière de conservation des actifs, dont la localisation fait débat, il faut tirer parti de notre infrastructure globale, car les systèmes globaux sont plus sûrs et réduisent les points de défaillance, tout en garantissant le niveau de contrôle requis par l’Europe.

CB : Est-ce que tout cela dĂ©pendra finalement de l’interprĂ©tation de chaque autoritĂ© nationale ? Ou bien peut-on encore ajuster les règles au niveau europĂ©en ?

RS : Il existe un cadre très clair au niveau europĂ©en, et l’ESMA pousse pour une convergence d’interprĂ©tation. Mais nous pensons qu’un Ă©quilibre peut ĂŞtre trouvĂ© entre le niveau europĂ©en et le niveau national- Ă  condition de maintenir un dialogue constant.

Le cadre rĂ©glementaire amĂ©ricain : entre grande ambition et incertitude

CB : Quelle est la position des États-Unis et dans quelle mesure l’administration actuelle va-t-elle changer les orientations qui prĂ©valaient ? L’AutoritĂ© fĂ©dĂ©rale des marchĂ©s financiers amĂ©ricains, la SEC (Securities and Exchange Commission) a lancĂ© une grande consultation. Quelle est l’issue qu’on peut en attendre ? Quelles sont les Ă©volutions les plus probables? Et les plus souhaitables ?

RS : Deux grandes lois vont probablement ĂŞtre votĂ©es : l’une sur les stablecoins, l’autre sur la structure des marchĂ©s.

S’agissant de la structure des marchés, on peut s’attendre à ce que les règles applicables ne diffèrent pas sensiblement de celles qui sont en vigueur au sein de l’UE. Les principes de base - la conservation des actifs, la gestion des conflits d’intérêts, l’intégrité des marchés - devraient être largement alignés.

Cela dit, il pourrait y avoir des différences dans la façon dont les tokens sont traités lors de leur lancement. En Europe, un token peut être considéré d’abord comme un instrument financier qui doit se conformer à la Directive concernant les Marchés d'Instruments Financiers, la MiFID (cadre réglementaire européen mis en place en 2014), puis basculer sous MiCA une fois qu’il devient suffisamment décentralisé. Les États-Unis pourraient adopter une approche un peu plus flexible.

De plus, les États-Unis mettront probablement en place un régime d’équivalence - c’est-à-dire un dispositif réglementaire qui permettrait aux acteurs étrangers d’accéder au marché américain à condition que leur juridiction d’origine applique des règles jugées équivalentes à celles aux États-Unis. Il n’existe pas de provision similaire dans la réglementation européenne actuelle.

Plus fondamentalement, ce qui différencie les approches américaines et européennes, c’est avant tout leur volonté politique d'accélérer la mise en œuvre opérationnelle des marchés de capitaux tokenisés et des infrastructures blockchain. Cette ambition figure très clairement dans les objectifs de la feuille de route américaine, et le déploiement de ces technologies pourrait aller très vite. Encore une fois, sur ce sujet, l’Union européenne était précurseur d’un point de vue réglementaire, avec un régime pilote lancé dès le premier trimestre 2023, mais cela n’a pas suffit à impulser de véritable dynamique.

SouverainetĂ© monĂ©taire : quel rĂ´le pour les stablecoins?

CB : Passons Ă  la gĂ©opolitique. Certains analystes estiment que les États-Unis pourraient se servir des stablecoins adossĂ©s au dollar pour renforcer leur devise nationale. Ces monnaies virtuelles, qu’on accuse si souvent d’affaiblir la souverainetĂ© monĂ©taire des États, pourraient-elles au contraire la renforcer, dans le cas des États-Unis notamment?

CB : Certains analystes estiment que les États-Unis pourraient se servir des stablecoins adossĂ©s au dollar pour renforcer leur devise nationale.

RS : L’Union européenne a déjà imposé des restrictions sur les usages de monnaies virtuelles : les stablecoins en dollars américains ne sont pas autorisés pour les paiements de détail, c’est un point que l’on oublie souvent et qui montre que les stablecoins ne remplaceront pas la monnaie traditionnelle de si tôt !

Mais il revient aussi aux EuropĂ©ens de renverser la question : les stablecoins libellĂ©s en euros sont une opportunitĂ©, surtout si l’on pousse un modèle fondĂ© sur l’équivalence. Il n’y a aucune raison qu’ils ne puissent pas ĂŞtre utilisĂ©s Ă  l’international.

Ces actifs suscitent un intérêt croissant, même si le taux d’adoption reste encore faible. Aujourd’hui, la majorité de la liquidité reste concentrée sur les stablecoins adossés au dollar, mais cela pourrait évoluer naturellement avec la croissance des carnets d’ordres (qui récapitulent l'état de l'offre et de la demande sur chaque valeur cotée à un instant donné) en euros.

Il faut aussi considĂ©rer les diffĂ©rents cas d’usage : les stablecoins peuvent servir d’actifs de règlement, de moyens de paiement ou de collatĂ©ral. Dans les marchĂ©s de capitaux, les stablecoins en euros sont susceptibles de jouer un rĂ´le important et il y a fort Ă  parier que, aussitĂ´t que les marchĂ©s de capitaux tokenisĂ©s dĂ©colleront en Europe, la demande suivra.

Paris Blockchain Week : prioritĂ©s et objectifs

CB : Quant Ă  la Paris Blockchain Week, qu’espĂ©rez-vous voir Ă©merger de cette sixième Ă©dition - que ce soit du point de vue de Coinbase ou plus largement pour l’écosystème ?

RS :Un des enjeux majeurs sera de tourner la page du règlement MiCA : cela nĂ©cessite de faire entrer le commerce et les gouvernements dans la blockchain, de parler de marchĂ©s de capitaux tokenisĂ©s, et de reconnaĂ®tre qu’il s’agit d’une technologie stratĂ©gique.

La France est plutôt pionnière sur ces sujets. C’est l’un des rares pays à réfléchir sérieusement à la finance décentralisée (DeFi, système de pair à pair), à la certification, et à l’intégration dans la finance traditionnelle. Il y a aussi beaucoup d’enthousiasme du côté des développeurs. De nouveaux protocoles et applications voient le jour, et il faut espérer que la France - et plus largement l’Europe - sauront soutenir ces écosystèmes.

Et enfin, j’aimerais voir les gouvernements eux-mĂŞmes s’ouvrir davantage Ă  l’utilisation de la blockchain : il en rĂ©sulterait plus de transparence, d’efficacitĂ©, voire une plus grande marge de manĹ“uvre pour Ă©mettre des obligations. On en voit dĂ©jĂ  les rĂ©sultats en Allemagne ou en France et il reste Ă  identifier et partager les bonnes pratiques Ă  l’échelle mondiale, tout en conservant Ă  la France sa place en tĂŞte.

Et maintenant ?

CB : Si l’Europe rĂ©ussit sa stratĂ©gie sur les actifs numĂ©riques - pas seulement sur le plan rĂ©glementaire, mais aussi en matière d’adoption et de transformation Ă  plus grande Ă©chelle - que pourrions-nous espĂ©rer en termes de gains Ă©conomiques, de souverainetĂ© et de compĂ©titivitĂ© ? Et Ă  l’inverse, si nous Ă©chouons ou ne nous donnons pas les moyens de nos ambitions, quels sont les risques ?

RS :L’ Europe considère sa souverainetĂ© numĂ©rique comme cruciale et s’attèle aux chantiers du RGPD ou Ă  la nĂ©cessitĂ© de rĂ©duire notre dĂ©pendance aux grandes plateformes technologiques. Si le Web3 - une nouvelle version d’internet qui serait construite sur une infrastructure blockchain -  tient ses promesses, la blockchain pourrait considĂ©rablement limiter nos dĂ©pendances aux GAFAMs tout en renforçant la confidentialitĂ© et la transparence.

RS : Si le Web3 - une nouvelle version d’internet qui serait construite sur une infrastructure blockchain -  tient ses promesses, la blockchain pourrait considĂ©rablement limiter nos dĂ©pendances aux GAFAMs.

RS : Concernant les marchĂ©s de capitaux, il ne s’agit pas seulement d’efficacitĂ© ou de conformitĂ© : il s’agit aussi de repenser notre manière de faire. La tokenisation des actions pourrait ainsi ouvrir de nouvelles voies de financement pour les PME, et offrir une alternative aux introductions en bourse, ce qui figure dĂ©jĂ  parmi les prioritĂ©s politiques de longue date. Les paiements constituent un autre enjeu stratĂ©gique. Grâce aux stablecoins, les paiements transfrontaliers peuvent devenir quasiment instantanĂ©s et coĂ»ter moins d’un centime, soit le coĂ»t de l’envoi d’un email.

Les implications sont énormes - non seulement pour les transferts de fonds, mais aussi pour la gestion de trésorerie des multinationales.

Enfin, les actifs numériques ont des conséquences sur l’économie réelle. La blockchain peut améliorer la traçabilité des chaînes d’approvisionnement, renforcer la transparence - tout en aidant les entreprises à répondre aux exigences réglementaires sans surcharge administrative.

Les opportunités sont bien réelles. Mais sans stratégie volontariste, si nous nous contentons de réguler sans mettre en œuvre, l’Europe risque de se laisser dépasser.

Copyright image : Justin TALLIS / AFP

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