AccueilExpressions par MontaigneComment mĂ©riter les stock-options ?La plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne RĂ©gulation27/09/2007ImprimerPARTAGERComment mĂ©riter les stock-options ?Auteur Philippe Manière PrĂ©sident-fondateur de Footprint > consultants Après la publication du rapport de la Cour des Comptes, le sujet de la taxation des stock-options est revenu sur le devant de la scène. Le constat est dur puisqu’on estime à 3 milliards d’euros le manque à gagner pour la Sécurité Sociale l’exonération des cotisations sur les plus-values de stock-options.VoilĂ donc un sujet qui fait l’unanimitĂ© qu’on soit pour ou ... contre. D’un cĂ´tĂ©, il y a ceux qui veulent qu’on ne touche Ă rien, ce qui Ă©videmment n’est pas très dĂ©fendable ; et puis de l’autre, il y a ceux qui veulent tout simplement banaliser les plus-values de stock-options, les traiter comme du revenu « normal ». Solution certes radicale mais peu souhaitable : les stock-options, bien utilisĂ©es, ont une rĂ©elle utilitĂ© sociale. Une chose est sure, il est impĂ©ratif de se pencher sĂ©rieusement sur ce sujet et ce pour une raison majeure : l’usage des stock-options a Ă©tĂ© galvaudĂ©. Aujourd’hui, l’essentiel des stock-options, c’est du complĂ©ment de revenu Ă peine dĂ©guisĂ©. En effet, les bĂ©nĂ©ficiaires de stock-options en reçoivent rĂ©gulièrement. La bourse aidant et montant, ça leur fait des revenus complĂ©mentaires presque assurĂ©s. Et si la bourse baisse, on leur en rĂ©attribue souvent de nouvelles stock-options pour que « l’atterrissage » ne soit pas manquĂ©… Mais, revenons au point de dĂ©part et soyons mĂ©thodique. Au dĂ©part, les stock-options ont Ă©tĂ© crĂ©es dans un objectif « mĂ©ritocratique », sorte de rĂ©compense au travail accompli. Or, cet objectif a Ă©tĂ© largement dĂ©tournĂ©, les stock-options varient non plus en fonction du travail des gens mais de facteurs annexes tels que la baisse des taux, la hausse de la bourse, etc. C’est donc devenu, au fil du temps, un salaire complĂ©mentaire. Mais le problème est complexe et la solution est donc plus subtile. Les stock-options peuvent et doivent ĂŞtre un magnifique instrument de motivation. Dans ce cadre, il n’est donc pas admissible de faire un tel cadeau fiscal et d’accorder une exonĂ©ration des charges sociales Ă des stock-options qui sont assurĂ©es quoiqu’il advienne. Par contre, il semble justifiĂ© de prĂ©voir un traitement plus souple pour les « vraies » stock-options. Il est donc nĂ©cessaire de corriger ce système. Pour ce faire, il faut impĂ©rativement mettre Ă plat la fiscalitĂ© des stock-options. A l’Institut Montaigne, nous proposons que la fiscalitĂ© des stock-options soit modulĂ©e pour que seules jouissent d’un traitement prĂ©fĂ©rentiel celles dont le bĂ©nĂ©fice est conditionnĂ© Ă une vraie surperformance de l’entreprise. Concrètement, si une entreprise rĂ©ussit, par exemple sur 3 voire 5 ans, un parcours boursier meilleur que les sociĂ©tĂ©s comparables, alors les stock-options sont mĂ©ritĂ©es. Dans ce cas de figure, nous pensons qu’elles peuvent ĂŞtre exonĂ©rĂ©es de charges sociales et mĂŞme ĂŞtre taxĂ©es faiblement, de l’ordre de 26% par exemple. En revanche, s’il s’agit de stock-options au « fil de l’eau », il est normal de les assujettir Ă l’impĂ´t sur le revenu et de les soumettre aux charges sociales ! Et pourquoi ne pas prendre exemple sur notre voisin europĂ©en. En Allemagne, il existe le German Corporate Governance Code. Ce système exige des entreprises que l’attribution de stock-options soit systĂ©matiquement liĂ©e Ă des conditions de performance. Motivant comme système, non ?!ImprimerPARTAGER