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Baromètre des Territoires 2019 / Grand Est

Ancrage local et pessimisme

Baromètre des Territoires 2019 / Grand Est
 Institut Montaigne
Institut Montaigne

Parmi les 10.010 personnes qui ont répondu à l’enquête du Baromètre des Territoires, 800 vivent dans le Grand Est. Ces 800 personnes constituent un échantillon représentatif de la population de la région constitué à partir de quotas sur les variables de genre, d’âge, de catégorie socio-professionnelle et de taille d’agglomération.

Note de lecture : le chiffre entre parenthèse indique le décalage de la région par rapport à la moyenne nationale. Par exemple 57% (-2) considèrent vivre dans un endroit qui va bien signifie que 57% des habitants de la région Grand Est considèrent vivre dans un endroit qui va bien et que ce chiffre est inférieur de 2 points par rapport à la moyenne nationale qui est de 59%.

Des habitants heureux mais pessimistes pour l’avenir de leur territoire

  • 73% (=) se disent heureux, et 68% (+1) sont satisfaits de l’équilibre de leur temps de vie personnelle, familiale, sociale et professionnelle.
     
  • Mais les habitants de la rĂ©gion se distinguent par le pessimisme le plus Ă©levĂ© pour l’avenir de leur rĂ©gion (52%, +8), ex æquo avec les rĂ©gions Centre-Val de Loire et Bourgogne-Franche-ComtĂ©.
     
  • Ils sont moins nombreux que dans la plupart des rĂ©gions Ă  considĂ©rer qu’ils vivent dans un endroit qui va bien : 57% (-2).
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  • Ils sont Ă©galement plus pessimistes que la moyenne nationale sur l’avenir de la sociĂ©tĂ© française (72%, +2), l’avenir de l’endroit oĂą ils vivent (43%, +4) et leur avenir personnel (45%, +2).

Comme partout en France, le pouvoir d’achat sous pression

  • Un habitant sur deux affirme vivre des fins de mois difficiles (+2), et 46% (+3) trouvent que leur situation financière s’est dĂ©gradĂ©e au cours des douze derniers mois.
     
  • 39% (+2) ont Ă©tĂ© Ă  dĂ©couvert tous les mois ou Ă  plusieurs reprises en 2018.
     
  • La vigilance aux prix est une nĂ©cessitĂ© : 34% (+2) cherchent presque systĂ©matiquement les prix les plus bas lorsqu’ils font leurs courses alimentaires, et parfois se privent. 56% (-2) font attention aux prix mais sans trop se restreindre.
     
  • 48% (-2) ont retardĂ© ou renoncĂ© Ă  des soins de santĂ© pour raison financière en 2018. Un sur quatre (-1) a eu des difficultĂ©s Ă  payer son loyer ou son emprunt immobilier et 30% Ă  rĂ©gler leurs factures d’électricitĂ©, de gaz ou de fioul (=). 

Accès aux infrastructures et dĂ©veloppement Ă©conomique : un sentiment d’inĂ©galitĂ© 

  • Les habitants du Grand Est ressentent, plus qu’ailleurs, le double sentiment que leur territoire est moins bien dotĂ© en services publics et infrastructures et que son Ă©conomie est en berne. Conscient de ces fragilitĂ©s, seuls 42% pensent que leur territoire est attractif pour de nouveaux habitants (-9 points).
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  • De manière gĂ©nĂ©rale, le sentiment d’un recul de l’Etat se traduisant par une disparition des services publics est partagĂ© par 41% des habitants (+4). Education et transports en sont les premières victimes : 
    • 67% (+7) estiment que les jeunes doivent s’éloigner de chez eux pour rĂ©ussir leur vie professionnelle.
    • 42% considèrent que les transports sont le premier dĂ©faut de leur rĂ©gion (-2). Et seuls 39% jugent que l’endroit oĂą ils vivent est bien desservi par les transports en commun (-5). 
    • Culture et divertissements sont Ă©galement les parents pauvres du territoire : un habitant sur trois (-7) dĂ©clare avoir un accès rapide et facile aux services pour se divertir et 38% (-5) pour se cultiver.
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  • Au-delĂ  des services publics, le tissu Ă©conomique est Ă©galement pointĂ© du doigt : si le climat est le deuxième dĂ©faut de la rĂ©gion (39%, +12), ce sont les commerces et l’économie locale qui complètent la liste des fragilitĂ©s (respectivement 34%, +2 et 34%, +1).
    • Cette morositĂ© Ă©conomique se traduit par la perception de peu de crĂ©ations d’entreprises sur le territoire (15%, -5, jugent qu’il y a de plus en plus d’entreprises qui se crĂ©ent lĂ  oĂą ils vivent), et le rĂ©cit de commerces de proximitĂ© gardant porte close, faute de trouver repreneur (18%, -7, lorsque les commerces de proximitĂ© ferment, ils sont repris par de nouveaux propriĂ©taires et rĂ©ouvrent rapidement). 
    • Cette situation produit le sentiment d’une difficultĂ© croissante Ă  trouver un emploi sur son territoire (59%, +5).
       
  • Pour près d’un habitant du Grand Est sur deux, la mondialisation est une des grandes coupables :  45% (+6) considèrent que la mondialisation a des effets nĂ©gatifs sur la situation Ă©conomique de leur rĂ©gion. 
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Un sentiment d’injustice sociale et de déclin

  • 53% (+1) considèrent que leurs parents vivaient mieux quand ils avaient leur âge et 47% (+2) que leurs enfants vivront moins bien qu’eux.
  • Comme dans le reste de la France, une très large majoritĂ© des habitants de la rĂ©gion Grand Est estiment que la sociĂ©tĂ© française est injuste (78%, =).
  • L’écart entre les hauts et les bas salaires (38%, +1), les inĂ©galitĂ©s sociales (28%, -1) et la fraude aux aides sociales (28%, +2) cristallisent leur colère. Et plus que dans les autres rĂ©gions, ils s’indignent des dĂ©localisations (12%, +4, rĂ©gion avec le score le plus Ă©levĂ©).
  • ConfrontĂ© Ă  ce profond sentiment de dĂ©classement et d’injustice, le pacte fiscal est fragilisĂ©. 
    • Seuls 53% (-3) des habitants du Grand Est jugent que les impĂ´ts et taxes qu’ils payent sont utiles.
    • Et 64% (-1) estiment plus contribuer au système qu’ils n’en bĂ©nĂ©ficient.

Un ancrage local fort et une identité régionale affirmée

  • 41% des habitants de la rĂ©gion en sont natifs (+8, 2ème rĂ©gion avec le score le plus Ă©levĂ©). 35% (-3) y sont venus travailler ou Ă©tudier, et 17% (-5) sont venus y vivre parce qu’ils en avaient envie.
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  • Les paysages sont la première qualitĂ© de la rĂ©gion (47%, -3). Plus qu’ailleurs en France, son histoire (25%, +6, rĂ©gion avec le score le plus Ă©levĂ©) et ses traditions (18%, +7, 2ème rĂ©gion avec le score le plus Ă©levĂ©) sont perçues comme des qualitĂ©s.
     
  • Fiers de leur identitĂ© rĂ©gionale, les habitants du Grand Est expriment un solide attachement Ă  leurs territoires : 56% (+3) sont attachĂ©s Ă  leur dĂ©partement et 60% (+2) Ă  leur rĂ©gion.

La région et ses mobilités

  • Le Baromètre des Territoires rĂ©vèle quatre grands types de trajectoires sociales et territoriales qui coexistent dans notre espace national. Ces quatre groupes sont prĂ©sents dans tous nos territoires.
     
  • La rĂ©gion Grand Est se distingue nĂ©anmoins par une lĂ©gère surreprĂ©sentation des deux groupes les moins "mobiles" :  les "Français assignĂ©s" (27%, +2) et les "Français enracinĂ©s" (24%, +2). 
    • Les "AssignĂ©s" subissent de plein fouet les inĂ©galitĂ©s sociales et territoriales. Ils sont bloquĂ©s gĂ©ographiquement et socialement. Ils dessinent leur avenir et celui de leurs enfants avec pessimisme.
    • A l’inverse, les "EnracinĂ©s" sont heureux de vivre lĂ  oĂą ils ont choisi de vivre, leur bulle personnelle est un bouclier qui les protège de la violence sociale, sans pour autant la masquer. 
       
  • Les "Sur le fil" (31%, -1) et les "Affranchis" (18%, -3) y sont lĂ©gèrement sous-reprĂ©sentĂ©s :
    • Les "Sur le fil" vivent une forte tension entre leur aspiration Ă  la mobilitĂ© sociale et territoriale et une difficultĂ© Ă  s’affranchir de leur situation socio-Ă©conomique et des inĂ©galitĂ©s territoriales.
    • Les "Affranchis" ont peu d’attache territoriale, ils rĂ©alisent leur projet de vie sans entrave, ou ont les moyens socioculturels de surmonter les obstacles, de s’emparer des opportunitĂ©s et de tirer parti des Ă©volutions de notre sociĂ©tĂ©, telles que la numĂ©risation de nos vies personnelle, sociale et professionnelle, l’Union EuropĂ©enne ou la mondialisation.
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