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07/07/2008
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Au menu de Bruxelles : la TVA Ă  5,5 %

 Mathilde Tellier
Auteur
Chargée de communication

La Commission européenne propose ce lundi de modifier le système des taux réduits de TVA. La France y est largement favorable, puisqu’elle réclame depuis plusieurs années la possibilité de l’appliquer à la restauration.

Une marotte française Cette question de la TVA Ă  5,5 % pour la restauration (au lieu de 19,6 % comme c’est le cas aujourd’hui) nourrit les promesses Ă©lectorales en France depuis... 2002. Jacques Chirac l’avait dĂ©fendue avant que Nicolas Sarkozy, aujourd’hui aux commandes de l’Union, y adhère Ă  son tour. Et s’il obtient gain de cause, on en attend les effets moins sur les tarifs pratiquĂ©s dans les menus qu’au niveau du travail non dĂ©clarĂ© qui devrait – c’est ce qu’on espère en tout cas - diminuer.

Les ingrĂ©dients de la TVA rĂ©duite Petit Ă©tat des lieux : actuellement, les pays membres sont tenus de fixer leur TVA Ă  un minimum de 15 % et d’appliquer ensuite des taux rĂ©duits (entre 5 % et 15 %) Ă  des biens et services limitĂ©s et, bien sĂ»r, dĂ©finis. Depuis 20 ans, des dĂ©rogations ont Ă©tĂ© accordĂ©es Ă  certains Etats membres et soyons clairs, c’est aujourd’hui un joli bazar. Ainsi, onze pays bĂ©nĂ©ficient de la dĂ©rogation pour la restauration et alors que pour les seize autres, ce n’est pas le cas. Deux ans Ă  Bruxelles La proposition de loi entend donc simplifier Ă  l’horizon 2010 ce système pour le moins complexe des taux rĂ©duits de l’Union europĂ©enne. Car c’est prĂ©cisĂ©ment fin 2010 qu’arrivent Ă  expiration des dĂ©rogations permettant aux Etats d'appliquer des taux rĂ©duits sur certains services de "haute intensitĂ© de main d'œuvre", tels la rĂ©novation de logement, les travaux d'entretien, la coiffure ou encore les services Ă  la personne Ă  domicile.

Les blocages de l’Union Si la volontĂ© cĂ´tĂ© Français est clairement au rendez-vous, les choses ne sont pas faites. En effet, la Commission europĂ©enne doit encore mener des Ă©tudes sur le sujet, et elle ne livrera ses propositions qu’Ă  l’automne. Surtout, la proposition nĂ©cessite encore un accord de tous les 27 pays membres de l'Union, accord qui reste d’autant plus incertain que quelques pays, Allemagne et Danemark en tĂŞte, sont rĂ©ticents sur le principe mĂŞme de taux rĂ©duits, craignant une multiplication des exceptions.

Simplifier pour fluidifier A l’Institut Montaigne nous prĂ´nons depuis longtemps la simplification de la lĂ©gislation europĂ©enne. Ainsi, si le principe des directives a permis de nombreuses avancĂ©es au sein de l’Union, c’est un outil juridique beaucoup trop compliquĂ© Ă  l’heure de l’Europe Ă©largie. En effet, ces directives s’accompagnent souvent d’exemptions et de durĂ©es dĂ©terminĂ©es, complexifiant Ă  l’excès le fonctionnement des institutions de l’UE. Sans compter que la directive implique des retards de transposition faramineux, rendant l’harmonisation impossible Ă  force de cas particuliers dĂ©calĂ©s dans le temps. Nous proposons donc de la remplacer par une loi-cadre, votĂ©e Ă  la majoritĂ© qualifiĂ©e. Cesser de multiplier ça et lĂ  les exceptions au risque de ne plus rien y comprendre, et de jeter le trouble et la confusion dans l’esprit des citoyens (et des consommateurs…) europĂ©ens, voilĂ  ce qui devrait constituait le plat de rĂ©sistance des prochains rdv des dirigeants de l’Union !

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