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21/09/2015
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Assurance maladie : la Cour des comptes dĂ©nonce le risque de dĂ©rapage

Assurance maladie : la Cour des comptes dénonce le risque de dérapage
 Elena Scappaticci
Auteur
Chargée de mission


A quelques jours du 70ème anniversaire de la Sécurité sociale le 4 octobre prochain, la Cour des Comptes joue les trouble-fêtes en publiant un rapport qui s'alarme de la persistance du déficit de la Sécurité sociale. Elle pointe tout particulièrement la situation critique des comptes de l'Assurance maladie, qui, avec 7,2 milliards de déficit prévus pour 2015, concentre à elle seule près de la moitié des déficits sociaux.

S’inspirer du modèle allemand ?
C’est donc du côté de l’Allemagne que la Cour nous invite à nous tourner pour améliorer la gestion du déficit de l’Assurance maladie. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : alors qu’en quatorze ans, l’assurance-maladie française a généré 105 milliards d’euros de déficit, sur la même période, le système allemand aura dégagé 12 milliards d’euros….d’excédent. Comment justifier cet écart entre les deux pays ?

La Cour des Comptes fournit dans son rapport plusieurs éléments de réponse :
- Un choix politique : l’Allemagne, Ă  l’inverse de la France, a choisi de faire de  l’équilibre financier de l’assurance maladie l’objectif prioritaire de sa politique de sĂ©curitĂ© sociale. Ainsi, les diffĂ©rentes caisses d’assurance maladie ne peuvent emprunter en cas de dĂ©sĂ©quilibre ;
- Une prise en charge plus claire : le panier d’actes mĂ©dicaux remboursĂ©s y est plus Ă©troit qu’en France, mais il est mieux remboursĂ©. Un bouclier sanitaire -  système de plafonnement des dĂ©penses de santĂ© proportionnel au revenu – permet en contrepartie de garantir la prĂ©servation du principe d’égalitĂ© dans l’accès aux soins.

Autant d’élĂ©ments dont la France aurait tort de ne pas s’inspirer, en effectuant notamment un meilleur ciblage de ses remboursements (rĂ©duction du poids des affections longues durĂ©e, meilleure prise en charge des soins courants, rééquilibrage de l’hĂ´pital vers la ville),  et en privilĂ©giant la maĂ®trise des dĂ©penses publiques plutĂ´t que l’augmentation dĂ©sormais systĂ©matique des prĂ©lèvements obligatoires.

Aller plus loin :


Dépense publique : le temps de l'action, rapport, mai 2015
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