AccueilExpressions par MontaigneAssurance-chĂ´mage : quatre propositions innovantesLa plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne Action publique23/02/2016ImprimerPARTAGERAssurance-chĂ´mage : quatre propositions innovantesAuteur Morgan GuĂ©rin Fellow - Europe, DĂ©fense Selon la Cour des comptes, le niveau de la dette de l'Unédic devrait atteindre 35 Md' en 2018. Le déficit de cet organisme paritaire chargé de gérer l'assurance-chômage ne cesse de s'aggraver et devrait s'élever à 4,4 Md' pour 2015. C'est dans ce contexte que les partenaires sociaux viennent d'ouvrir les négociations sur l'assurance-chômage. La nouvelle convention qu'ils doivent établir remplacera celle de 2014. Comment assurer l'avenir financier du régime, favoriser l'emploi et préserver les droits des demandeurs d'emploi ? Telle est l'équation qu'ils doivent résoudre.Dans son essai Pour en finir avec le chômage, publié par l'Institut Montaigne, Bertrand Martinot identifie quatre grands chantiers afin d'y parvenir.1. Faire en sorte que le retour Ă l’emploi soit toujours payantLe système d’indemnisation du chĂ´mage crĂ©e des situations dans lesquelles le retour Ă l’emploi n’est pas – ou très peu – rentable pour une personne au chĂ´mage. Le montant du revenu de remplacement et le cumul de plusieurs prestations sociales peuvent crĂ©er de vĂ©ritables "trappes Ă chĂ´mage". Celles-ci sont dommageables Ă la fois pour l’assurĂ©, qui n’est pas incitĂ© Ă retrouver un emploi, et pour le rĂ©gime d’assurance chĂ´mage. Les partenaires sociaux et l’Etat devraient mettre Ă plat toutes les rĂ©glementations et aides sociales afin de limiter ce type de situation. A cette fin, les deux leviers suivants peuvent ĂŞtre mobilisĂ©s :- libeller le revenu de remplacement en pourcentage du salaire net antĂ©rieur, afin de limiter les indemnitĂ©s plus efficacement ;- Ă terme, faire varier la durĂ©e d’indemnisation en fonction de la conjoncture Ă©conomique. Celle-ci diminuerait en pĂ©riode de croissance afin de limiter les charges de l’UnĂ©dic et pourrait augmenter en pĂ©riode de rĂ©cession ;2. Élargir le financement de l’assurance chĂ´mageLe système d’assurance chĂ´mage français est entièrement financĂ© par les cotisations des employeurs et des salariĂ©s. Dans de nombreux pays, l’Etat participe Ă ce financement, ce qui permet de diminuer le taux des cotisations. Si l’on considère que le chĂ´mage est structurel et qu’il rĂ©sulte de choix collectifs qui ne sont pas entièrement imputables aux employeurs et aux salariĂ©s, il n’est pas illogique de vouloir faire porter une partie du coĂ»t de l’assurance chĂ´mage sur des personnes qui ne subissent pas le risque de chĂ´mage. Les fonctionnaires et les retraitĂ©s pourraient ainsi ĂŞtre mis Ă contribution. 3. ContrĂ´ler rĂ©ellement la recherche d’emploiĂ€ la rentrĂ©e 2014, quatre rĂ©gions ont mis en place une expĂ©rimentation consistant Ă augmenter le contrĂ´le des personnes indemnisĂ©es. Celle-ci a permis de constater qu’une part non nĂ©gligeable des chĂ´meurs – environ 15 % – ne recherchait pas activement un emploi. Si le dĂ©couragement de certains est comprĂ©hensible, cela ne doit pas occulter l’existence d’abus. Ainsi, un contrĂ´le efficace qui allierait la possibilitĂ© de diminuer les indemnitĂ©s dans certains cas et de remotiver les chercheurs d’emploi doit ĂŞtre envisagĂ©. Concernant la question d’une possible dĂ©gressivitĂ© des indemnitĂ©s, cela reviendrait Ă appauvrir une grande majoritĂ© de chĂ´meurs en pĂ©riode de chĂ´mage Ă©levĂ©. En revanche, une dĂ©gressivitĂ© conditionnelle peut ĂŞtre envisagĂ©e, fondĂ©e sur plusieurs critères : - intensitĂ© de la recherche ;- refus d’une formation ;- Ă©tat du marchĂ© du travail dans le mĂ©tier recherchĂ©. 4. Moduler les cotisations des entreprisesIl s’agit de mettre en place un système de type "bonus-malus". Aujourd’hui, une entreprise qui ne licencie jamais s’acquitte du mĂŞme taux de cotisation qu’une entreprise qui licencie Ă©normĂ©ment. Augmenter la contribution au rĂ©gime de l’assurance-chĂ´mage des entreprises qui ont un important taux de renouvellement de leurs salariĂ©s pourrait inciter ces dernières Ă moins licencier. En outre, cela aurait un impact positif sur les finances du rĂ©gime.Pour aller plus loin : Pour en finir avec le chĂ´mage, ouvrage de Bertrand Martinot,septembre 2015AmĂ©liorer l’équitĂ© et l’efficacitĂ© de l’assurance chĂ´mage, note, dĂ©cembre 2013ImprimerPARTAGER