AccueilExpressions par MontaigneAdmission aux Grandes Ecoles : RĂ©tablir l'Ă©galitĂ© des chances dans l'Ă©ducation supĂ©rieureLa plateforme de dĂ©bats et d’actualitĂ©s de l’Institut Montaigne Éducation14/02/2008ImprimerPARTAGERAdmission aux Grandes Ecoles : RĂ©tablir l'Ă©galitĂ© des chances dans l'Ă©ducation supĂ©rieureAuteur Philippe Manière PrĂ©sident-fondateur de Footprint > consultants Pendant longtemps, l’accès aux Grandes Ecoles françaises couronnait un parcours d’excellence dépourvu de lien avec le niveau social de la famille où le destin vous avait fait naître. Bien sûr, il subsistait un avantage à avoir des parents bien formés, cultivés et/ou riches d’un important « capital social » ! Mais ce biais avait été réduit à peu près autant qu’il était possible.Ainsi, au dĂ©but des annĂ©es 1950, près de 30% des admis Ă l’ENA, HEC, Polytechnique et Normale Sup Ă©taient issus de milieux dits « modestes ». Aujourd'hui, cette proportion est trois fois moins Ă©levĂ©e. Dans le mĂŞme temps, la part des enfants de cadres et de professions intellectuelles supĂ©rieures (cadres, chefs d’entreprise, enseignants du second degrĂ© ou du supĂ©rieur…) reprĂ©sente 85% des Ă©tudiants de ces institutions prestigieuses. Aujourd’hui, les enfants d’ouvriers ou d’employĂ©s ont 20 fois moins de chances d'y parvenir que les fils et filles de « milieux supĂ©rieurs ». Ainsi, le diagnostic alors exagĂ©rĂ©ment sĂ©vère de Pierre Bourdieu, qui considĂ©rait il y a trente ans que les Grandes Ecoles Ă©taient les agents de la « reproduction sociale », est-il hĂ©las rejoint par la rĂ©alitĂ©. IntĂ©grer une « grande » Ă©cole n’est presque plus possible si l’on ne vient pas du « bon» lycĂ©e… Cette situation bafoue la promesse rĂ©publicaine d'Ă©galitĂ© des chances et illustre jusqu'Ă la caricature la panne de l'ascenseur social. Pour faire sauter le verrou social qui existe Ă l'entrĂ©e de ces « fabriques Ă Ă©lites», L’Institut Montaigne propose de rĂ©server des places dans les classes prĂ©pa aux Ă©lèves les plus brillants issus des ZEP. Avec un seul objectif : favoriser des recrutements plus diversifiĂ©s, mais toujours mĂ©ritocratiques. Des solutions innovantes et variĂ©es ont Ă©tĂ© testĂ©es ici et lĂ (Ă Sciences-Po, Ă l’ESSEC, Ă l’ENSAM…), visant Ă la fois Ă briser l’autocensure et le manque d’information qui met les jeunes issus des quartiers difficiles Ă l’Ă©cart des circuits d’excellence mĂŞme lorsqu’ils sont pĂ©tris de talent, et Ă favoriser leur parcours malgrĂ© leurs difficultĂ©s spĂ©cifiques. Elles donnent des rĂ©sultats très encourageants. Et elles mĂ©ritent d’ĂŞtre Ă©tudiĂ©es, et dupliquĂ©es !ImprimerPARTAGER