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Les Français défiants envers leurs responsables politiques

Les Français défiants envers leurs responsables politiques
 Institut Montaigne
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A l’occasion de l’émission Place aux idées qui a reçu hier soir François Baroin sur le thème "Peut-on encore croire à la politique ?", l’Institut Montaigne et Tilder ont interrogé les Français sur leurs perceptions de la représentation politique (sondage réalisé par Harris Interactive) : quelle confiance ont-ils dans les responsables politiques ? Quelles pistes de réformes sont à envisager pour moderniser la représentation politique ? Faut-il organiser davantage de référendums, notamment sur des réformes sociétales et institutionnelles majeures ?

La défiance des Français envers leurs responsables politiques

Seuls 24% des Français interrogĂ©s indiquent aujourd’hui faire confiance aux responsables politiques. A l’inverse, 72% des sondĂ©s dĂ©clarent ne pas leur faire confiance, dont 29% "pas du tout confiance". Parmi les sondĂ©s, les hommes se montrent plus confiants que les femmes Ă  l’Ă©gard des responsables politiques (28% contre 21%), ainsi que les membres des catĂ©gories supĂ©rieures (32%, contre 17% parmi les CSP-). Plus surprenant, les jeunes âgĂ©s de 18 Ă  24 ans sont Ă©galement plus confiants : 35% contre 24% en moyenne et 19% parmi les 35-49 ans.

Les Français favorables à un renouvellement des responsables politiques

Dans le cadre d’une rĂ©forme de modernisation de la reprĂ©sentation politique, les Français sondĂ©s soutiennent avant tout des mesures visant Ă  favoriser le renouvellement des responsables politiques, en limitant d’une part le nombre de mandats consĂ©cutifs possibles ou d’autre part l’âge maximal pour pouvoir se prĂ©senter aux Ă©lections. 82% d’entre eux indiquent ĂŞtre favorables Ă  limiter "Ă  deux mandats maximum le nombre de mandats consĂ©cutifs autorisĂ©s pour les dĂ©putĂ©s, sĂ©nateurs et prĂ©sidents de collectivitĂ©s territoriales". 79% se montrent ensuite favorables Ă  la "fixation d’une limite d’âge maximale pour pouvoir se prĂ©senter Ă  une Ă©lection".

Les Français interrogĂ©s soutiennent Ă©galement des mesures permettant d’assurer une plus grande diversitĂ© des reprĂ©sentants politiques, en termes de sexe et de parcours professionnels : 67% se disent favorables Ă  ce que soit "imposĂ© aux partis politiques la paritĂ© hommes/femmes parmi les candidats pour les Ă©lections cantonales, municipales, rĂ©gionales, lĂ©gislatives et europĂ©ennes", dont près d’un quart (23%) qui y sont tout Ă  fait favorables. Introduire davantage de diversitĂ© parmi les responsables politiques en "fixant aux partis politiques des quotas de personnes issues du secteur privĂ© (entreprises, etc.) parmi les candidats pour les Ă©lections municipales, rĂ©gionales, lĂ©gislatives et europĂ©ennes" apparaĂ®t Ă©galement comme une mesure souhaitable pour 65% de Français qui indiquent y ĂŞtre favorables (20% "tout Ă  fait").

Malgré tout, seule une minorité soutient la mise en place de quotas de candidats issus de la diversité dans le cadre des élections.

Parmi les sondĂ©s, les plus jeunes, âgĂ©s de moins de 35 ans, se montrent toutefois moins favorables que l’ensemble des Français Ă  ces rĂ©formes, sauf en ce qui concerne le droit de vote des Ă©trangers en situation rĂ©gulière aux Ă©lections nationales, qu’ils soutiennent Ă  hauteur de 43% pour les 18-24 ans et 35% pour les 25-34 ans contre 28% en moyenne.

Un recours au référendum soutenu par les Français, tant sur des sujets relatifs aux questions institutionnelles ou sociétales

Comme le souligne Harris Interactive, si dans le cadre de sa campagne Ă©lectorale, François Hollande indiquait "ne pas ĂŞtre pas favorable Ă  ce que l'on puisse, sur des sujets qui relèvent du Parlement, qui relèvent de dĂ©bats qui doivent ĂŞtre maĂ®trisĂ©s, que l'on aille consulter le peuple dans n'importe quelle condition" [1], les Français jugent de leur cotĂ© important qu’on les consulte par rĂ©fĂ©rendum, et pas seulement dans le cadre d’un changement institutionnel majeur ou d’un transferts de souverainetĂ© importants vers l'Europe, les deux sujets pour lesquels François Hollande estime que le recours au rĂ©fĂ©rendum peut ĂŞtre justifiĂ©.
En effet, interrogĂ©s sur l’opportunitĂ© de soumettre Ă  rĂ©fĂ©rendum diffĂ©rents sujets, institutionnels ou sociĂ©taux, que le Gouvernement pourrait ĂŞtre amenĂ© Ă  faire Ă©voluer, les Français sondĂ©s estiment qu’il serait important qu’ils soient consultĂ©s plutĂ´t que ces Ă©volutions ne soient prĂ©sentĂ©es qu’au Parlement.

En termes d’Ă©volution sociĂ©tale, la modification des conditions d’autorisation de l’euthanasie est le sujet sur lequel les sondĂ©s considèrent le recours au rĂ©fĂ©rendum comme le plus important (68%). D’autre part, parmi les Ă©volutions institutionnelles prĂ©sentĂ©es, "l’instauration du vote des Ă©trangers aux Ă©lections locales" est le sujet qui justifierait le plus le recours au rĂ©fĂ©rendum selon les personnes interrogĂ©es, 65% estimant qu’il serait important d’utiliser la voie rĂ©fĂ©rendaire dans le cadre d’une telle rĂ©forme.

L’importance accordĂ©e Ă  la ratification par rĂ©fĂ©rendum de ces Ă©volutions institutionnelles et sociĂ©tales varie Ă©galement selon l’âge et la catĂ©gorie socio-professionnelle : les plus jeunes privilĂ©gient globalement davantage que l’ensemble des Français une ratification par le Parlement, tandis que les membres des catĂ©gories populaires ont tendance Ă  accorder davantage d’importance Ă  ce que ces Ă©volutions, qu’elles soient sociĂ©tales ou institutionnelles, soient ratifiĂ©es par voie rĂ©fĂ©rendaire.

- TĂ©lĂ©charger l’intĂ©gralitĂ© du sondage

Notes

[1] Interview de François Hollande par Jean-Jacques Bourdin sur RMC, le mardi 14 février 2012.

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